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Après le discours du trône, Starmer combatif face aux manoeuvres pour le remplacer
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, confronté à des manoeuvres pour le remplacer à Downing Street, s'est montré combatif mercredi au Parlement après le traditionnel discours du trône prononcé par le roi Charles III.
Rendez-vous phare de la vie politique britannique, cette intervention du monarque marque l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire et Charles III y a énuméré les priorités législatives du gouvernement travailliste.
Alors qu'un de ses principaux rivaux, le ministre de la Santé Wes Streeting, pourrait lancer la course à la succession jeudi, Keir Starmer a de nouveau affiché sa détermination lors du débat qui a suivi à la chambre des Communes.
Le discours du trône a défini "une voie plus porteuse d'espoir", a fait valoir le chef du gouvernement. Evoquant les "défis" auxquels son gouvernement est confronté, il a assuré qu'il "ne renoncerai(t) pas à (ses) valeurs travaillistes", fustigeant ceux qui dans l'opposition défendent "une politique du ressentiment et de la division".
Il a promis qu'il "tiendr(ait) ses promesses en matière de sécurité économique", face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, et qu'il "ira(it) plus loin" sur l'immigration ou pour améliorer le service public de santé, deux des principales préoccupations des Britanniques.
La veille il avait assuré vouloir "continuer à gouverner".
Selon le quotidien The Times et d'autres médias, citant des alliés de Wes Streeting, celui-ci compte démissionner jeudi pour se lancer dans la course à la succession de M. Starmer.
Le chef du gouvernement a reçu le ministre dans la matinée à Downing Street. La rencontre a duré moins de 20 minutes et Wes Streeting est parti sans faire de commentaires.
- "Perte d'autorité" -
Le discours du trône, une fastueuse cérémonie marquée par des rituels immuables, a eu lieu après plusieurs jours chaotiques pour Keir Starmer, appelé à la démission par 86 députés travaillistes - sur un total de 403 -, à la suite d'élections locales aux résultats désastreux en Grande-Bretagne la semaine dernière et de nombreuses polémiques.
Quatre secrétaires d'État ont quitté leurs fonctions mardi en signe de défiance.
Coup dur supplémentaire pour le Premier ministre : les syndicats affiliés au parti travailliste lui ont retiré leur soutien. "Le Labour ne peut pas continuer sur cette voie", ont-ils expliqué sur X. "Il va falloir mettre en place un plan pour l'élection d'un nouveau dirigeant".
"Il est évident que (le Premier ministre) a perdu son autorité et qu'il ne sera pas capable de réaliser le peu de choses contenues dans le discours du roi", a lancé la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch, à la Chambre des communes.
Plus de 110 députés du Labour ont apporté leur soutien à Keir Starmer dans une lettre, estimant que "ce n'(était) pas le moment d'engager une procédure de contestation de la direction" du parti.
- "Monde dangereux" -
"Un monde de plus en plus dangereux et instable menace le Royaume-Uni, le conflit au Moyen-Orient n'en étant que l'exemple le plus récent", a souligné Charles III dans le discours du trône, écrit par le gouvernement.
Vêtu d'une tenue d'apparat, il s'est exprimé assis sur un trône doré dans la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement, aux côtés de son épouse Camilla.
Plus de 35 textes ont été présentés, sur des sujets aussi variés que la nationalisation du sidérurgiste British Steel, les énergies vertes ou un rapprochement avec l'Union européenne.
Parmi les autres mesures prévues figurent l'abaissement de l'âge du droit de vote à 16 ans et la réforme du système du droit d'asile à un moment où le nombre total des migrants ayant traversé la Manche sur des bateaux de fortune vient de dépasser 200.000 depuis le début des comptages en 2018.
Mais la quasi-totalité de ces mesures avaient déjà fait l'objet d'annonces du gouvernement.
Ch.P.Lewis--AT