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Les parlementaires philippins votent en faveur de la destitution de la vice-présidente Sara Duterte
La Chambre des représentants des Philippines a voté lundi, à une large majorité, la mise en accusation de la vice-présidente Sara Duterte, ouvrant la voie à un procès au Sénat qui pourrait empêcher sa candidature à la présidence en 2028.
Sara Duterte est la fille de l'ex-président philippin, Rodrigo Duterte, inculpé par les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité, des crimes qu'il est accusé d'avoir commis pendant sa "guerre contre la drogue". La CPI a confirmé lundi avoir émis un mandat d'arrêt contre l'ex-chef de la police sous M. Duterte et aujourd'hui sénateur Ronald Dela Rosa.
Fin avril dernier, une commission du Congrès philippin avait affirmé avoir trouvé des motifs suffisants pour engager une procédure de destitution à l'encontre de la vice-présidente.
Mme Duterte est accusée de malversations et de corruption, ainsi que d'avoir menacé de mort le président Ferdinand Marcos, son ancien allié.
Les membres de la chambre basse ont voté cette mise en accusation par 257 voix contre 25, avec neuf abstentions - et non 255 voix pour et 26 contre comme annoncé précédemment par la Chambre des représentants.
En vertu de la Constitution philippine, l'adoption d'une mise en accusation à la Chambre des représentants entraîne un procès au Sénat.
Un verdict de culpabilité entraînerait la destitution de Mme Duterte et son inéligibilité à vie.
"Ce n'est plus seulement une question de politique. C'est une question de conscience, de devoir et il en va de l'avenir de notre nation", a déclaré le député Bienvenido Abante, à l'issue du vote.
"Il ne s'agit pas de 2028, il ne s'agit pas d'alliances politiques, il s'agit de savoir si nous croyons encore que personne n'est au-dessus de la loi", a-t-il ajouté.
L'an dernier, une autre plainte avait abouti à la mise en accusation de Mme Duterte par la Chambre des représentants mais la Cour suprême avait annulé cette décision pour des questions de procédure.
Quelques minutes avant le vote de la Chambre, les sénateurs ont élu un nouveau président, Alan Peter Cayetano, un allié de longue date de Mme Duterte.
M. Cayetano, ministre des Affaires étrangères sous l'ancien président Rodrigo Duterte, a nié tout lien entre sa candidature à la présidence du Sénat et le vote intervenu à la Chambre des représentants sur cette procédure de mise en accusation.
- Crimes contre l'humanité -
La CPI a de son côté confirmé un mandat d'arrêt de novembre dernier visant le sénateur en exercice Ronald Dela Rosa, un ancien responsable de la lutte contre la drogue sous M. Duterte, qui s'est réfugié dans la chambre haute pour échapper à son arrestation.
Le nouveau président du Sénat a déclaré aux journalistes que l'ex-chef de la police philippine était placé sous la protection du Sénat "conformément (au) règlement et aux lois philippines".
"Nous autoriserons une arrestation à condition qu'elle émane d'un tribunal philippin", a‑t‑il ajouté.
En février dernier, les sénateurs Ronald Dela Rosa et Christopher Go ont été désignés comme "co-auteurs" de crimes contre l'humanité dont est accusé M. Duterte à la CPI, selon un document diffusé par le parquet.
La CPI a confirmé en avril les chefs d'accusation à l'encontre de l'ancien président philippin, ouvrant la voie à un procès. Mais la défense de M. Duterte a fait appel appel de cette décision.
M. Duterte a été arrêté à Manille le 11 mars 2025 et est actuellement détenu à la prison de Scheveningen, à La Haye.
Pressentie pour succéder à son père à la présidentielle de 2022, Sara Duterte s'était à l'époque retirée en faveur de Ferdinand Marcos Jr., à qui elle s'est associée en accédant à la vice-présidence.
Les deux anciens alliés se livrent désormais une lutte politique acharnée, qui a commencé quelques semaines après leur victoire à cette élection, lorsque la vice-présidente s'est vu refuser les portefeuilles ministériels qu'elle convoitait.
pam-cwlm-juf/las/bds
D.Johnson--AT