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Royaume-Uni: sous pression, Starmer promet de prouver à ses détracteurs "qu'ils ont tort"
Le Premier ministre travailliste britannique Keir Starmer est passé à l'offensive lundi, affirmant être prêt à prouver à "ceux qui doutent" de lui "qu'ils ont tort", lors d'un discours considéré comme crucial pour son avenir après la défaite électorale de son parti jeudi dernier.
Le dirigeant a aussi plaidé pour "mettre le Royaume-Uni au coeur de l'Europe", dans une tentative de relancer son mandat, estimant que le Brexit avait "appauvri" et "affaibli" le Royaume-Uni.
"Je sais que les gens sont frustrés par la situation en Grande-Bretagne. Frustrés par la politique. Et certains sont déçus de moi", a reconnu le chef du gouvernement.
"Je sais que certains doutent de moi, et je sais que je dois leur prouver qu'ils ont tort — et je le ferai", a ajouté celui qui a ramené le Labour au pouvoir en 2024 après 14 ans de gouvernements conservateurs.
Mais depuis sa prise de pouvoir, la popularité du dirigeant de 63 ans n'a cessé de chuter, sur fond d'économie atone et d'augmentation du coût de la vie récemment accentuée par la guerre au Moyen-Orient.
Le mécontentement au sein du Labour est encore monté après les élections locales de jeudi dernier, qui ont vu le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage gagner du terrain dans les bastions travaillistes du nord populaire de l'Angleterre et du pays de Galles. Et les Verts, plus à gauche, lui ont pris des voix à Londres.
Keir Starmer a estimé que "des changements progressifs ne suffiront pas" et promis "une réponse plus forte".
Seule annonce concrète du discours: il a exprimé son intention de nationaliser le sidérurgiste British Steel, propriété du groupe chinois Jingye, dont le gouvernement avait déjà pris le contrôle il y a un peu plus d'un an.
- "Nouveau cap" -
Dix ans après le référendum qui a déclenché le Brexit, le dirigeant travailliste a insisté sur la nécessité de rapprocher le Royaume-Uni de l'UE.
"Ce gouvernement travailliste se distinguera par sa volonté de reconstruire nos relations avec l'Europe et de mettre le Royaume-Uni au cœur de l'Europe, pour que nous soyons plus forts sur le plan économique, commercial et en matière de défense", a-t-il déclaré.
Avant les élections locales, le gouvernement avait déjà indiqué préparer une législation destinée à permettre un "alignement dynamique" des normes britanniques, notamment alimentaires, sur celles de l'UE, au fur et à mesure de leur évolution, pour faciliter les échanges.
Il s'en est aussi directement pris à l'europhobe Nigel Farage, l'homme du Brexit et chef de Reform, le qualfiant de "profiteur" et d'"opportuniste".
Le Premier ministre a aussi affirmé vouloir "empêcher des agitateurs d'extrême droite" de se rendre au Royaume-Uni pour une manifestation prévue samedi, à l'initiative de Tommy Robinson.
- Frondeurs -
Après le discours, la députée travailliste Catherine West, qui avait menacé ce week-end de déclencher une élection interne afin de lui trouver un successeur, a nuancé ses propos.
Elle a indiqué recueillir désormais les noms des députés travaillistes souhaitant que Keir Starmer fixe un calendrier pour l’élection d'un successeur en septembre.
Selon les règles du parti travailliste, elle doit obtenir le soutien de 81 députés (20% du groupe parlementaire).
Les médias britanniques bruissent de rumeurs selon lesquelles l'ancienne vice-Première ministre Angela Rayner ou le ministre de la Santé Wes Streeting pourrait tenter d'évincer Keir Starmer, même si aucun des deux ne fait l'unanimité au sein du Labour.
S’exprimant lundi lors de la conférence annuelle d’un syndicat, Angela Rayner s’est contentée de faire allusion à la situation politique, estimant que "ce que nous faisons ne fonctionne pas, et que cela doit changer".
Un autre prétendant, le maire du Grand Manchester Andy Burnham, personnalité travailliste la plus populaire selon les sondages, ne peut actuellement pas se présenter faute de siéger au Parlement.
Aucun de ces prétendants n'a appelé publiquement au départ de Keir Starmer, qui a de nouveau répété lundi vouloir rester au pouvoir pour "faire le travail" pour lequel il a été élu en 2024.
Y.Baker--AT