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Les Etats-Unis disent attendre vendredi une réponse de l'Iran à leur dernière offre
Les Etats-Unis attendent vendredi la réponse de l'Iran à leur dernière proposition d'accord en vue de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, alors que les deux camps se sont mutuellement accusés d'attaques dans la nuit, malgré le cessez-le-feu.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a par ailleurs averti que l'Iran ne devait pas contrôler le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les hydrocarbures dont le blocage par Téhéran depuis le début de la guerre le 28 février a ébranlé l'économie mondiale.
Un mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, M. Rubio a dit attendre "dans la journée" une réponse des Iraniens. "J'espère sincèrement que ce sera une offre sérieuse", a-t-il déclaré à des journalistes lors d'une visite à Rome.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué que son pays étudiait la proposition, selon l'agence Isna.
M. Rubio a par ailleurs jugé "inacceptable" que l'Iran contrôle le détroit, où quelque 1.500 navires et 20.000 membres d'équipage restent bloqués.
L'Iran a créé une Autorité du détroit du Golfe persique (PGSA) chargée d'approuver les passages dans le détroit et de percevoir les droits pour la navigation, selon le journal spécialisé Lloyd's List.
La PGSA se présente, selon Lloyd's List, comme la seule autorité habilitée à accorder des autorisations aux navires transitant par le détroit.
- "Violation flagrante" -
Ce point de passage stratégique, par lequel transite habituellement un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est devenu un foyer majeur de tensions depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par l'attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, et qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.
La nuit de jeudi à vendredi a de nouveau été marquée par des attaques dans la zone.
Les forces américaines ont "riposté" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens en franchissant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman, a écrit jeudi le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.
Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques (...) dont des sites de lancement de missiles et de drones", a-t-il ajouté, précisant qu'"aucun navire" américain n'avait été touché.
A Téhéran, M. Baghaï a dénoncé "une violation flagrante du droit international et du cessez-le-feu".
Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir pris pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau".
Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dégâts importants".
Un responsable iranien a fait état de dix marins blessés et cinq autres portés disparus dans une attaque américaine de la nuit contre un cargo iranien.
L'attaque contre les navires américains a été vue comme une "broutille" par le président américain qui a estimé que cela n'avait pas de conséquence sur le maintien du cessez-le-feu.
Les Emirats arabes unis ont eux annoncé activer leur système de défense anti-aérienne, faisant état de drones et de missiles balistiques "en provenance d'Iran". Trois personnes ont été blessées, selon eux.
Téhéran, qui n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information, avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques rapportées ces derniers jours par les autorités émiraties.
Les autorités iraniennes ont par ailleurs déclaré avoir arraisonné en mer d'Oman et dérouté vers leurs côtes un pétrolier transportant du pétrole iranien qui cherchait "à perturber les exportations de pétrole de l'Iran", sans donner plus de détails.
- Sirènes d'alerte en Israël -
Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.
Les dernières tensions ont ralenti la chute des prix du pétrole, qui avait perdu jusqu'à 5% de sa valeur marchande jeudi. A 13H40 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence du brut en Europe, se stabilisait à 99,68 dollars le baril (-0,38%).
Sur le front libanais, quatre personnes ont péri dans de nouvelles frappes israéliennes vendredi, a annoncé le ministère de la Santé.
En Israël, les sirènes d'alerte antiaérienne ont retenti dans plusieurs villes du nord du pays pour la première fois depuis le début de la trêve précaire dans les combats entre l'armée israélienne et le mouvement pro-iranien Hezbollah, le 17 avril.
"Plusieurs tirs ont été détectés en direction du territoire israélien", a annoncé l'armée israélienne.
De nouvelles discussions entre les deux pays, auxquelles est opposé le Hezbollah, sont prévues à Washington les 14 et 15 mai.
"Le Liban attend de ces négociations trois objectifs essentiels: consolider le cessez-le-feu, obtenir le retrait d'Israël (...) et étendre l'entière souveraineté de l'Etat sur le territoire national", a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, dans un communiqué.
L'armée israélienne contrôle une bande de territoire dans le sud du Liban.
burx-apz/vl/tq
T.Perez--AT