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Génocide au Rwanda: la justice française demande la poursuite de l'instruction visant Agathe Habyarimana
La justice française a infirmé mercredi le non-lieu prononcé en 2025 par deux juges d'instruction parisiennes en faveur de l'ex-Première dame du Rwanda, Agathe Habyarimana, dans l'enquête sur le génocide contre les Tutsi en 1994, et demandé la poursuite des investigations.
Agée désormais de 83 ans, Mme Habyarimana est visée depuis 2007 en France par une information judiciaire pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité, ouverte après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda.
L'ex-Première dame du Rwanda est placée depuis 2016 sous le statut de témoin assisté et n'a jamais été mise en examen par les juges d'instruction, contrairement à ce que demande le Parquet national anti-terroriste (Pnat), qui comprend un pôle crimes contre l'humanité.
L'octogénaire est la veuve du président hutu Juvénal Habyarimana dont l'assassinat le 6 avril 1994 a déclenché les massacres contre la minorité tutsi. D'avril à juillet 1994, le génocide a fait selon l'ONU 800.000 morts, Tutsi ou Hutu modérés, tués par les Forces armées rwandaises et les milices extrémistes hutu Interahamwe.
Selon les quatre associations parties civiles, Mme Habyarimana était une des dirigeants de l'"Akazu" - le premier cercle du pouvoir hutu qui aurait orchestré le génocide. Une thèse que Mme Habyarimana réfute -celle-ci se présentant comme une mère au foyer de huit enfants, pieuse et sans lien avec la politique- et qu'ont écartée les juges d'instruction.
Dans leur ordonnance rendue en août 2025, celles-ci avaient considéré qu'il n'existait "pas de charges suffisantes contre Agathe Kanziga (Habyarimana) qu'elle ait pu être complice d'acte de génocide" ou "pu participer à une entente en vue de commettre le génocide".
Le Pnat avait aussitôt annoncé faire appel de cette décision, suivi des associations parties civiles. Mercredi, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris leur a donné raison.
E.Hall--AT