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Nouvelle offre iranienne à Washington pour tenter de débloquer les négociations
L'Iran a soumis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à relancer les négociations de paix, selon un média d'Etat iranien, initiative saluée par une nette baisse des cours du pétrole vendredi.
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l'Iran et de représailles de Téhéran dans la région.
Mais le conflit perdure sous d'autres formes: Washington impose un blocus aux ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.
"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", a indiqué l'agence officielle iranienne Irna, sans plus de détails.
La Maison Blanche a décliné tout commentaire, se bornant à dire que les "discussions continuaient".
Depuis une première session infructueuse le 11 avril, Islamabad déploie des efforts pour faire revenir les deux belligérants à la table des négociations.
- "Bataille existentielle" -
Donald Trump, rejetant une précédente offre qui n'incluait pas le volet nucléaire, avait averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!".
Selon une "source bien informée" citée par le site américain Axios, la Maison Blanche a transmis plus tôt cette semaine une liste de requêtes, exigeant que l'Iran s'engage à ne pas transférer son uranium enrichi en dehors de ses sites bombardés ni à relancer ses activités nucléaires pendant les pourparlers.
Donald Trump a théoriquement jusqu'à vendredi pour demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre. Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorerait cette obligation, l'opposition démocrate se retrouvant impuissante à la faire respecter.
L'USS Gerald Ford, le plus grand porte-avions du monde, a quitté le Moyen-Orient, mais 20 bâtiments de la marine américaine, dont deux autres porte-avions, restent déployés dans la région.
Face aux menaces de Washington, Téhéran reste inflexible. "La République islamique ne s'est jamais dérobée aux négociations (...) mais nous n'accepterons certainement pas qu'on nous impose" une politique, a lancé vendredi le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï.
A l'unisson d'autres dirigeants iraniens, il a ajouté que les Etats-Unis n'avaient "rien obtenu" de la guerre.
Pour Negar Mortazavi, du groupe de réflexion Center for International Policy, "le pouvoir iranien est assez uni et cohérent en ce moment". Ses membres "défendent le pays, leur souveraineté, c'est une bataille existentielle", a-t-elle dit à l'AFP.
- Détente des cours du pétrole -
La cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas a discuté vendredi avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi "des efforts diplomatiques en cours pour rouvrir le détroit d'Ormuz", selon un responsable européen.
Même sans détails sur le fond, l'annonce d'une nouvelle offre iranienne a suscité un fort repli des cours du pétrole. Le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, qui avait dépassé 126 dollars jeudi, un sommet depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, évolue désormais à moins de 107 dollars.
Le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale.
Par ricochet, la flambée des tarifs du fret maritime affecte l'acheminement de l'aide aux réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique, a aussi prévenu le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
- "Purgatoire" -
Si à la faveur de la trêve, les Iraniens ont pu renouer avec une certaine normalité, leur quotidien est plombé par l'inflation qui explose tout comme le chômage, dans un pays déjà affaibli par des décennies de sanctions internationales.
"Pour beaucoup d'entre nous, payer le loyer et même acheter de la nourriture est devenu difficile", témoigne Mahyar, 28 ans, interrogé par une équipe de l'AFP basée à Paris.
Amir, 40 ans, débute lui la journée en "regardant les infos, et les nouvelles d'exécutions" par le pouvoir iranien. "J'ai l'impression d'être coincé au purgatoire", dit-il, estimant que la nouvelle offre de négociations est "une perte de temps".
"Les Etats-Unis et Israël finiront par nous attaquer encore" pendant que "le monde ferme les yeux", déplore-t-il.
Sur le front libanais, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, de nouvelles frappes sur le sud du pays ont fait six morts, malgré le cessez-le-feu.
burx-tq/anb
M.Robinson--AT