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Réunion des ministres des Finances du G7, recours aux réserves stratégiques de pétrole envisagé
Les ministres des Finances du G7 se réunissent lundi sous présidence française, et pourraient décider d'un recours aux réserves stratégiques de pétrole pour tenter d'atténuer la flambée du prix du baril, conséquence de la guerre au Moyen-Orient.
En route pour Chypre lundi matin, le président français Emmanuel Macron a indiqué à des journalistes "que l'utilisation des réserves stratégiques était une option envisagée".
"Une coordination des chefs d'Etat et de gouvernement du G7 cette semaine sur la question de l’énergie est à l'étude", a-t-il également déclaré.
La réunion de ces sept économies avancées (Etats-Unis, Japon, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie) aura lieu en visioconférence, à 13H30 heure française (12H30 GMT), et devrait durer une heure, a précisé le ministère français de l'Economie et des Finances.
Le prix du pétrole a flambé avec la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz: il a brièvement bondi de plus de 30% lundi, à près de 120 dollars, faisant plonger les marchés boursiers et ravivant les craintes d'un choc inflationniste.
Cette flambée s'est modérée après l'annonce de l'utilisation envisagée des réserves stratégiques: vers 08H25 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait de 16,18% à 107,69 dollars, tandis que le WTI, référence du marché américain, s'envolait de 14,02%, à 103,64 dollars.
La France, qui préside cette année le G7, avait annoncé mercredi l'organisation d'une réunion des grands argentiers et banquiers centraux de ces pays.
"On va échanger, on va écouter ce qui remonte du terrain, des entreprises, des économistes dans ces différentes zones du monde", avait indiqué le ministre français de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, précisant qu'il s'agissait aussi d'"évaluer éventuellement les réponses nécessaires" à la guerre au Moyen-Orient.
- Intérêts divergents -
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) impose à ses membres de détenir en permanence des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d'importations nettes de pétrole, afin d'amortir des chocs comme un conflit au Moyen-Orient qui viendrait à durer.
La France détient 118 jours de stocks, a précisé lundi Bercy à l'AFP.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a répété depuis une semaine que "2026 n'est pas 2022", année qui a vu le démarrage d'une période inflationniste liée à la guerre en Ukraine. Il a appelé à ne pas réagir trop vite, jugeant que la hausse des prix des hydrocarbures "pourrait être temporaire".
Mais les investisseurs s'inquiètent des perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.
Ce passage stratégique est bloqué depuis plusieurs jours par les opérations militaires des Gardiens de la Révolution iraniens, en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.
- "Plus de 200 dollars le baril"? -
Les pays du G7 devront s'accorder face à des intérêts divergents, alors qu'Européens comme Japonais et Canadiens sont suspendus aux intentions encore floues des Etats-Unis.
Les pays asiatiques en particulier souffrent déjà de l'envolée des hydrocarbures.
La Birmanie ou le Bangladesh ont ainsi annoncé de premières restrictions, tandis que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a suggéré de lever les sanctions sur le pétrole russe pour "créer de l'offre".
Au septième jour de la guerre déclenchée contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis, le président américain Donald Trump a exigé vendredi une "capitulation" de l'Iran.
Tout le weekend et lundi, les bombardements ont continué à secouer la région.
Israël a notamment frappé quatre dépôts pétroliers et un site logistique à Téhéran et dans ses environs, plongeant la ville dans le noir et provoquant d'importants incendies. Il s'agit de la première attaque rapportée contre des infrastructures énergétiques iraniennes depuis le début de la guerre.
En retour, l'armée iranienne a demandé dimanche soir aux "pays islamiques" de la région de mettre en garde Israël et les Etats-Unis contre la poursuite de telles actions, sans quoi "des mesures similaires seront prises dans la région".
"Et si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez avec ce jeu", a-t-elle menacé.
Une première réunion du G7 Finances sous présidence française s'était tenue en visioconférence le 27 janvier et une autre est prévue les 18 et 19 mai à Paris.
slb-od-vl-nal-jul/abb/yk
D.Lopez--AT