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Les Colombiens aux urnes pour les législatives, test avant la présidentielle de mai
Les Colombiens votent dimanche aux élections législatives, qui ont valeur de test à moins de trois mois de la présidentielle lors de laquelle la gauche du président Gustavo Petro espère conserver le pouvoir.
Plus de 41 millions de Colombiens sont appelés aux urnes pour choisir les 285 élus de la Chambre basse et du Sénat (qui forment ensemble le Congrès), avant le scrutin présidentiel du 31 mai auquel la Constitution interdit à M. Petro de se représenter.
La coalition Pacte historique, dirigée par M. Petro, premier président de gauche de l'histoire du pays, tentera de conserver ses 48 sièges au Congrès, dont elle est actuellement la principale force politique, mais loin de la majorité.
L'une de ses propositions est de modifier la Constitution, ce que les analystes considèrent comme un risque de concentration du pouvoir entre les mains du président.
La droite veut elle regagner du terrain, après son recul inédit en 2022, quand elle a perdu à la fois le plus grand groupe parlementaire et la présidence.
Le nouveau Congrès entrera en fonction le 20 juillet, près de trois semaines avant l'investiture du successeur de M. Petro.
Pour la présidentielle, les sondages placent en tête le sénateur de gauche Iván Cepeda, du même parti que le président, et l'avocat proche de la droite Abelardo de la Espriella, qui se dit “outsider”.
S'il est élu, M. Cepeda entend poursuivre les réformes de gauche, mais aura besoin pour cela d'un Congrès allié.
L'actuel Congrès, s’il a bien donné son feu vert à certaines des ambitieuses réformes notamment sociales de M. Petro, a aussi rejeté récemment la modification du système de santé et une hausse des impôts des plus riches.
"Si (le futur président) n’a pas de soutien au Congrès, ça va être très compliqué", commente Daniel Alfonso, salarié d’un centre d’appels de 31 ans, qui plaide pour "un travail d'équipe" entre le prochain président et les élus du Congrès.
Aux élus d'opposition, M. Pedro a répondu pendant son mandat en organisant des marches massives et répétées au cours desquelles il a prononcé de virulents discours contre le Congrès, dont des élus sont en outre discrédités par de multiples scandales de corruption.
- La droite veut se relever -
La campagne électorale a été entachée de violences, venant surtout de groupes armés (guérillas, paramilitaires, cartels) qui se disputent le marché de la cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial.
Rien qu'en 2025, alors que la campagne n'en était qu'à ses débuts, au moins 61 responsables politiques ont été tués, selon la Mission d'observation électorale. Des candidats sont menacés dans près du tiers du pays, selon cet organisme.
C'est dans ce contexte tendu que la droite compte regagner des sièges dans les deux chambres. Elle promet une reprise en main sécuritaire, alors que M. Petro a tenté de négocier, en vain, avec des groupes armés qui se sont renforcés sous son mandat
Les conservateurs sont menés par l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), dirigeant de droite le plus influent de ce début de siècle.
M. Uribe est candidat au Sénat, après l'annulation par la justice d'une condamnation à 12 ans d'assignation à résidence pour subornation de témoins et fraude procédurale.
La partie de l'électorat qui le soutient est celle nostalgique de sa campagne antiguérilla, estime Patricia Muñoz, professeure à l'université Javeriana.
A ce scrutin se présentent aussi d'ex-combattants de la guérilla marxiste des Farc, reconvertis en politique depuis l'accord de paix conclu en 2016 avec l'Etat colombien, et pour lesquels il n'y a cette fois pas de sièges garantis.
"Aller chercher les voix n'a pas été facile", a confié à l'AFP la sénatrice Sandra Ramirez, 63 ans, qui pour la première fois se soumet au vote populaire.
Comme 12 autres candidats de Comunes, le parti issu de la démilitarisation des Farc.
O.Gutierrez--AT