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Législatives en Colombie: test électoral avant la présidentielle de mai
Plus de 41 millions de Colombiens votent dimanche lors d'élections législatives qui donneront la température, à moins de trois mois de la présidentielle lors de laquelle la gauche du président Gustavo Petro espère conserver le pouvoir.
Les Colombiens doivent élire 285 représentants à la Chambre basse et au Sénat, avant le scrutin présidentiel du 31 mai auquel la Constitution interdit au président Petro de se représenter. La droite, autrefois toute-puissante, espère faire son grand retour.
Les bureaux de vote ouvriront de 08H00 à 16H00 (13H00 à 21H00 GMT). Le nouveau Congrès entrera en fonction le 20 juillet, près de trois semaines avant l'investiture du successeur de M. Petro.
Les Colombiens vont sanctionner dans les urnes l’action du Congrès actuel qui, s’il a bien donné son feu vert à certaines des ambitieuses réformes de M. Petro, a rejeté vers la fin de son mandat des propositions comme la modification du système de santé ou une réforme fiscale visant à augmenter les impôts des plus riches.
Le président a répondu aux élus d'opposition en organisant des marches massives et répétées au cours desquelles il a prononcé de virulents discours contre le Congrès, discrédité auprès de l’électorat en raison de multiples scandales de corruption.
Face au discrédit des politiques, les partis se sont tournés vers des personnalités des réseaux sociaux pour conquérir des électeurs.
"Pour qu’il y ait un changement dans ce pays, il faudrait un miracle", confie à l’AFP Marta Sandoval, une cheffe d'entreprise de 39 ans.
La campagne électorale a eu lieu dans un contexte de violence électorale et de persistance des groupes armés (guérillas, paramilitaires, cartels) qui se disputent le marché de la cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial.
Rien qu'en 2025, alors que la campagne n'en était qu'à ses débuts, au moins 61 responsables politiques ont été tués dans le pays, selon la Mission d'observation électorale. Les candidats sont sous la menace de violences dans près du tiers du pays, a averti cet organisme local.
- La droite veut se relever -
C'est dans ce contexte tendu que la coalition de gauche Pacte historique, dirigée par M. Petro, tentera de conserver ses 48 sièges au Parlement, où elle représente actuellement la principale force politique.
La droite veut se relever du coup encaissé en 2022, lorsqu'elle a perdu le plus grand groupe parlementaire au Congrès ainsi que la présidence.
Elle entend regagner des sièges dans les deux chambres, menée par l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), le dirigeant de droite le plus influent du siècle. Ce dernier est candidat au Sénat après l'annulation par la justice d'une condamnation à 12 ans d'assignation à résidence pour subornation de témoins et fraude procédurale.
Les conservateurs promettent une reprise en main sécuritaire, alors que Gustavo Petro a tenté en vain de négocier avec les groupes armés qui se sont renforcés sous son mandat.
Avec Alvaro Uribe, le Centre démocratique "fait appel aux sentiments d'une partie de l'électorat", nostalgique de sa campagne antiguérilla, estime Patricia Muñoz, professeure à l'université Javeriana.
Ce scrutin est aussi le premier depuis l'accord de paix de 2016 entre l'Etat et la guérilla marxiste des Farc qui prive les ex‑guérilleros reconvertis en parti de sièges garantis.
"Aller chercher les voix n'a pas été facile", a confié à l'AFP la sénatrice Sandra Ramirez, 63 ans, qui pour la première fois se soumet au vote populaire, comme 12 autres candidats de Comunes, le parti issu de la démilitarisation des Farc.
Autre nouveauté de la campagne législative, une intelligence artificielle figure parmi les candidats. Cette IA, appelée "Gaitana", apparaît sur les réseaux sociaux sous les traits d'une femme à la peau bleue, portant un pagne de plumes et défendant l'environnement et les animaux.
Un candidat bien réel fait campagne via cette IA pour décrocher l'un des sièges réservés aux communautés indigènes.
K.Hill--AT