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Israël pilonne Téhéran après une semaine de guerre
Israël bombarde samedi matin la capitale iranienne Téhéran, en particulier un de ses aéroports, après que Donald Trump a dit vouloir la "capitulation" de l'Iran.
La guerre est entrée dans sa deuxième semaine, s'étendant à de nombreux pays de la région et faisant s'envoler les cours du pétrole avec la paralysie de nombreux flux d'hydrocarbures en provenance du Golfe.
Sur des images de l'AFP, un épais panache de fumée et des flammes s'échappent de l'aéroport international Mehrabad de Téhéran, touché par des frappes. D'après l'agence de presse iranienne Tasnim, plusieurs explosions ont été entendues. L'infrastructure avait déjà été visée ces derniers jours.
L'armée israélienne avait promis plus tôt "une vague de frappes de grande ampleur" contre des cibles gouvernementales de Téhéran, où des foules se sont rassemblées vendredi pour le premier vendredi, jour de prière, depuis la mort de l'ayatollah Ali Khamenei.
Dans la foulée, samedi à l'aube, Israël a dit répondre à une attaque de missiles iraniens, avant de lever l'alerte. Plus tard, une explosion a retenti à Jérusalem, selon une journaliste de l'AFP, après le déclenchement d'une alerte au missile.
Les opérations militaires "se déroulent très bien", s'est félicité vendredi soir Donald Trump, après avoir écrit sur son réseau Truth Social qu'il n'y aurait "pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION!".
Ses déclarations ont fait s'envoler les cours du pétrole, qui ont augmenté de plus de 35% en une semaine, du jamais vu depuis 2023. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a terminé à 90,90 dollars vendredi, approchant du seuil symbolique des 100 dollars. "Je crains vraiment les conséquences à long terme", en particulier l'éclosion d'une récession économique, a commenté auprès de l'AFP Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB.
En parallèle, les grandes entreprises américaines de la défense vont quadrupler leur production d'armes sophistiquées, a annoncé Donald Trump, dont le département d'Etat a approuvé la vente de 12.000 bombes à son allié israélien. Et ce, sans recourir à l'approbation du Congrès, "situation d'urgence" oblige, a argué le ministère.
Les bombardements se sont enchaînés ces derniers jours sans relâche, l'armée israélienne annonçant avoir frappé "400 cibles" à travers l'Iran vendredi. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a, lui, dit avoir frappé plus de "3.000" cibles depuis le déclenchement de l'opération "Fureur épique".
L'Iran continue à riposter en ciblant Israël, où dix personnes au total ont été tuées selon les secours.
- Extension du conflit -
Depuis son déclenchement le 28 février, la guerre s'est propagée dans la région, avec des retombées jusqu'à Chypre, pays membre de l'UE, où une base aérienne britannique a été frappée lundi par un drone de fabrication iranienne.
Une attaque de drones iraniens contre l'Azerbaïdjan, allié d'Israël, soulève par ailleurs la crainte d'une extension du conflit au Caucase, selon des experts, Bakou ayant accusé Téhéran d'attaque "terroriste" et ordonné à l'armée de préparer des représailles.
La Turquie a, elle, été visée par un tir mercredi de missile balistique iranien, même si l'on ignore si le projectile visait délibérément le pays, membre de l'Otan.
Le conflit s'étend aussi au Kurdistan irakien, où sont basés des groupes kurdes iraniens en exil. Vendredi soir, les forces de la coalition menée par Washington en Irak ont intercepté des drones chargés d'explosifs au-dessus d'Erbil, selon les autorités kurdes.
Les monarchies du Golfe continuent elles aussi de vivre au rythme des alertes, après des frappes répétées de l'Iran qui assure ne s'en prendre qu'à des intérêts américains. Treize personnes, dont sept civils, sont mortes dans la région, habituellement paisible.
Samedi matin, des correspondants de l'AFP ont entendu des explosions à Dubaï, aux Emirats arabes unis, mais aussi dans la capitale du Bahreïn, Manama. Et en Arabie saoudite, l'armée a détruit dans la nuit un missile balistique qui visait la base aérienne du prince Sultan abritant des militaires américains.
- Affrontements au Liban -
Au Liban, aspiré dans le conflit quand le Hezbollah a attaqué Israël pour "venger" la mort de l'ayatollah Khamenei, un "désastre humanitaire" se profile, a averti son Premier ministre Nawaf Salam, avec le déplacement massif des habitants de la banlieue sud de Beyrouth - d'ordinaire quelque 600.000 à 800.000 - bastion du mouvement pro-iranien.
Le bilan des bombardements massifs israéliens lancés s'est alourdi, avec au moins neuf nouveaux morts vendredi soir dans des frappes dans l'est, portant le bilan total depuis lundi à 226 tués et quelque 800 blessés selon les autorités.
Environ 300.000 personnes ont dû fuir, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés, souvent sans savoir où aller.
Samedi matin, l'agence de presse libanaise officielle Ani a rapporté que des soldats israéliens avaient tenté de se poser le long de la frontière libano-syrienne, dans le district de Baalbek où le Hezbollah dispose d'un fief.
Israël n'a pas commenté ce dossier, mais si cette information était confirmée, il s'agirait de l'opération israélienne menée le plus en profondeur au Liban depuis 2024, lorsqu'Israël avait appréhendé un agent du Hezbollah dans le nord du pays.
Le mouvement a dénoncé "l'infiltration de quatre hélicoptères" militaires israéliens "depuis la direction de la Syrie" et dit avoir engagé le combat avec les soldats, qui ont ensuite évacué les lieux.
Le Hezbollah continue aussi de tirer des roquettes sur Israël, 70 vendredi selon l'armée israélienne qui a, elle, dit avoir visé "500 cibles" au Liban depuis lundi et tué "70 terroristes" du mouvement chiite.
Dans le sud du Liban, une position de la Force intérimaire des Nations Unies (Finul) a été prise pour cible vendredi, blessant grièvement deux Casques bleus ghanéens, selon un média d'Etat et l'armée ghanéenne.
La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le chef de l'ONU, Antonio Guterres.
burs-jnd/roc
A.O.Scott--AT