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A Koweit, la tragédie d'une fillette de 11 ans tuée dans une frappe de son propre pays
Elena Abdoullah Hussein, âgée de seulement 11 ans, a dit à son père qu’elle l’aimait puis est allée se coucher à Koweit, la ville où vit sa famille originaire d'Iran.
Peu après, les débris d'un drone iranien ont percuté sa chambre, la tuant dans son sommeil.
Sa famille s'était réfugiée dans la cave de leur immeuble dès le début samedi de la campagne de représailles menée par l’Iran dans le Golfe contre l'offensive américano-israélienne sur son territoire.
Mais mercredi soir, alors que les bombardements semblaient ralentir, la famille décide de remonter dans leur appartement.
"Elena m’a appelé environ deux heures avant" la frappe "et m’a dit : +Papa, j’ai dîné et je vais me coucher (…) Je t’aime+", raconte son père, Abdullah Hussein, qui travaillait tard ce jour-là dans son entreprise de textile.
"C’était comme si elle essayait de me dire adieu", ajoute-t-il, la voix étranglée par les larmes.
L’AFP a rencontré la famille éplorée lors des funérailles de l'enfant au cimetière de Sulaibikhat, à Koweït, en présence de centaines de personnes. Sa mère était trop bouleversée par le chagrin pour parler.
M. Hussein déclare avoir été touché par le soutien témoigné à la famille au Koweït. De nombreuses personnes lui ont exprimé leur solidarité, et ont fait part de leurs condoléances.
Situé juste en face de l'Iran, de l'autre côté du Golfe, le Koweït abrite une importante communauté iranienne au sein de sa population étrangère, qui représente environ 70% des habitants de ce petit émirat.
- "Un don de Dieu" -
Lors des obsèques, certaines des jeunes amies de la fillette tuée portaient des sweats à capuche blancs, frappés de sa photo.
Quand les éclats d’un drone iranien ont frappé le toit de l’appartement familial, au deuxième étage, la fillette dormait paisiblement, avec sa petite soeur, qui a été légèrement blessée, et sa mère, qui en est sortie indemne.
Les secours ont tenté de la réanimer dans l’ambulance puis à l’hôpital, mais elle a succombé à ses blessures.
"C’était un don de Dieu (…) et Dieu a voulu qu’elle retourne auprès de Lui, et nous louons Dieu pour Sa décision", dit son père.
Huit des 13 personnes tuées dans le Golfe depuis le début de la guerre opposant Israël et les Etats-Unis à l'Iran se trouvaient au Koweït.
La plupart étaient des militaires américains et koweïtiens, mais le bilan inclut aussi deux civils, dont la jeune Elena.
Les États-Unis maintiennent une importante présence militaire au Koweït depuis que Washington est venu au secours de l’émirat après l’invasion irakienne de 1990.
L'oncle de la petite fille, Mohamed Hussein Abdoullah, confie que la famille, encore sous le choc, "n'a pas encore trouvé la force d’annoncer la nouvelle à sa petite soeur".
Le choc est immense (…) Sa mère et les autres enfants de la famille pleurent sans arrêt", témoigne-t-il.
H.Romero--AT