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Frappes sur les infrastructures iraniennes, Israël annonce un durcissement
Beyrouth et Téhéran se réveillent vendredi sous des frappes aériennes, dans le cadre d'une nouvelle phase de la guerre promise par Israël, concentrée désormais sur les infrastructures du pouvoir iranien et le bastion de son allié, le Hezbollah libanais.
Des images d'AFPTV en provenance des quartiers sud de Beyrouth montraient des bâtiments complètement éventrés et des véhicules calcinés après les bombardements israéliens de la nuit, tandis que des dizaines de milliers de personnes fuyaient les destructions.
La guerre américano-israélienne contre la République islamique, qui entre dans son septième jour, embrase le Moyen-Orient et inquiète d'autant plus les acteurs économiques mondiaux que sa durée s'avère des plus incertaines.
Un envoi de troupes au sol en Iran représenterait une "perte de temps", tant les Iraniens ont déjà "perdu tout ce qu'ils pouvaient perdre", a affirmé Donald Trump à la chaîne NBC News.
Son ministre de la Défense Pete Hegseth a néanmoins exclu une issue rapide, en déclarant: "nous ne sommes qu'au début des combats".
Dans la nuit, des avions de chasse israéliens ont visé plusieurs localités du sud du Liban ainsi que la périphérie de Baalbek (est), selon l'agence nationale d'information.
L'armée israélienne a eu l'ordre d'avancer plus en profondeur dans le sud du Liban afin d'étendre sa zone de contrôle à la frontière.
Israël Raziel, un chauffeur de taxi retraité de 64 ans, a connu les alertes aux roquettes depuis les années 1970, à une époque où les défenses antiaériennes étaient presque inexistantes.
Il veut espérer que cette guerre sera la dernière. "Je pense qu'il faut en finir", souffle-t-il à l'AFP. Mais les perspectives en ce sens sont ténues et l'avenir immédiat terrifiant.
- "Il faut en finir" -
Jeudi, une véritable panique s'était emparée de Beyrouth après un appel inédit d'Israël à évacuer la banlieue sud de la capitale, un bastion du Hezbollah où des embouteillages monstres se sont immédiatement formés.
Dans la soirée, le secteur a été touché par plusieurs frappes dont une "très violente" selon l'agence Ani, indiquant que la banlieue s'était "presque vidée" après "un mouvement d'exode massif".
En Iran, Israël a lancé une série de frappes "à grande échelle" sur la capitale. Des médias iraniens, dont la télévision nationale Irib, ont fait état tôt vendredi de séries d'explosions dans différents quartiers de la capitale, notamment à l'est et à l'ouest.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pouvoir, ont annoncé en retour "une attaque combinée de missiles et de drones, ainsi que le lancement d'un barrage de missiles Kheibar, visant des cibles situées au cœur de Tel-Aviv".
La bouillonnante cité israélienne est constamment visée.Une série d'environ huit explosions y a été entendue vendredi matin, après une alerte aux missiles iraniens, ont rapporté des journalistes de l'AFP.
Les secours israéliens du Magen David Adom ont déclaré qu'aucune victime n'avait été signalée à ce stade.
Le troisième front, essentiellement les pays du Golfe abritant des bases militaires américaines, témoignait lui aussi du maintien, au septième jour de la guerre, de la force de frappe iranienne.
- "Le doigt sur la gâchette"
L'Arabie saoudite et le Qatar ont tous deux annoncé tôt vendredi avoir contré des attaques de drones et de missiles visant des bases aériennes. A Bahreïn, un hôtel et des immeubles ont été touchés.
Pour l'heure, les deux camps ne sont aucunement enclins à la discussion.
Jeudi soir, Donald Trump a exigé "d'être impliqué" dans le choix du successeur d'Ali Khamenei, le guide suprême iranien tué dans une frappe aux premières heures de la guerre, écartant l'idée que le fils de celui-ci puisse être choisi.
Israël affirme avoir détruit plus de 60% des lanceurs de missiles balistiques et 80% des moyens anti-aériens iraniens, après 2.500 frappes utilisant plus de 6.000 munitions. Le pays revendique "une supériorité aérienne presque totale dans le ciel iranien".
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a pour sa part réaffirmé la détermination de Téhéran, avec la formule ni "cessez-le-feu" ni "négociations".
De plus en plus isolée, la République islamique ne peut plus compter que sur des alliés affaiblis.
Les Houthis du Yémen, rebelles pro-iraniens restés sans réaction depuis le début de la guerre, ont "le doigt sur la gâchette" et sont "prêts à répondre à tout moment", a assuré leur chef Abdul Malik al-Houthi.
La diplomatie, pour l'heure, reste l'apanage des pays tiers.
"Tout doit être fait" pour empêcher que le Liban "soit à nouveau entraîné dans la guerre", a exhorté le président français Emmanuel Macron, répondant à un appel en ce sens de son homologue libanais Joseph Aoun.
Le ministère libanais de la Santé a annoncé jeudi soir qu'au moins 123 personnes ont été tuées et 683 blessées depuis lundi. Son homologue iranien a fait état de 926 morts à l'agence Irna, soit un nombre moins élevé que certaines autres sources officielles.
Treize personnes, dont sept civils, ont été tuées dans les pays du Golfe, dont une fillette de 11 ans au Koweït. En Israël, le bilan s'établit à au moins 10 morts.
L'AFP n'est pas en mesure de vérifier ces chiffres de façon indépendante.
burs-dla/cm
T.Sanchez--AT