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A la frontière avec le Pakistan, rapatriés afghans et habitants partagent la même angoisse
Les Afghans tout juste rentrés du Pakistan et les habitants vivant près de ce point de passage clé, partagent vendredi un regain d'angoisse à la suite de nouveaux affrontements frontaliers.
"Des enfants, des femmes et des personnes âgées couraient dans tous les sens", a raconté à l'AFP Gander Khan, un rapatrié de 65 ans.
"J'ai vu du sang, cela a blessé deux ou trois enfants et deux ou trois femmes", a-t-il ajouté, debout devant des rangées de tentes.
Zarghon, un rapatrié de 44 ans qui n'a pas souhaité donner son nom, a assuré que deux ou trois enfants avaient disparu dans la panique.
"Certains ont laissé leurs papiers et se sont simplement enfuis. Ils n'ont même pas pris leur argent, ils n'ont pas pris l'aide qu'ils avaient reçue. Par peur, tout le monde est parti", a-t-il narré à l'AFP.
Des journalistes de l'AFP ont entendu vendredi des tirs d'artillerie et des coups de feu à Torkham, tandis que des soldats afghans se dirigeaient vers la frontière.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le camp d'Omari, hébergeant les Afghans revenus en masse du Pakistan, a été touché par un tir de mortier, a déclaré Qureshi Badlun, un responsable de la province de Nangarhar (nord-est). Une personne a été tuée et plusieurs autres blessées.
- "Grande souffrance" -
Naqibullah Rahimi, porte-parole de la santé publique de Nangarhar, a affirmé que neuf femmes et cinq hommes avaient été hospitalisés. "Une femme, parmi d'autres blessés, est décédée après avoir été transportée à l'hôpital", a-t-il précisé à l'AFP.
Dans la capitale provinciale, Jalalabad, un photographe de l'AFP a vu plusieurs femmes blessées au camp d'Omari recevoir des soins.
Le poste-frontière de Torkham, point d'entrée stratégique entre les deux pays, est resté ouvert pour les Afghans qui rentrent nombreux du Pakistan, malgré la fermeture quasi totale de la frontière terrestre depuis le début des combats entre les deux voisins en octobre.
L'offensive terrestre a été lancée par les forces afghanes tard jeudi, dans ce que les autorités talibanes ont qualifié de représailles aux frappes aériennes meurtrières menées par le Pakistan quelques jours plus tôt.
Ces combats transfrontaliers ont été suivis vendredi de frappes aériennes pakistanaises, entendues par des journalistes de l'AFP, dans la capitale Kaboul et la ville de Kandahar (sud).
Sur le bord de la route à Torkham, un habitant, Waqas Shinwari, évoquait des obus tirés au loin. "Il devrait y avoir la paix et la réconciliation des deux côtés, parce que les gens souffrent énormément", a-t-il fait valoir à l'AFP.
Même si des rapatriés ont pu franchir la frontière ces derniers mois, la fermeture plus générale a durement touché les habitants de Torkham.
Muhammad Kareem et chacun de ses voisins, "gagnent leur vie grâce à cette frontière". " S'il y a la paix, nous pouvons vivre. Mais s'il n'y a pas de paix à la frontière, alors nous partirons", a-t-il assuré à l'AFP.
strs-rsc/sla/emp
N.Mitchell--AT