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Au Royaume-Uni, Starmer s'en prend aux "extrêmes" après une cuisante défaite électorale du Labour
Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'en est pris vendredi aux partis "extrêmes", au lendemain de la défaite humiliante du Labour lors d'une législative partielle dans un de ses fiefs en Angleterre, largement remportée par les Verts, au positionnement très à gauche.
Ce résultat sonne comme un avertissement pour le chef du gouvernement travailliste, qui subit déjà la montée du parti anti-immigration Reform UK à droite.
Il témoigne aussi de l'affaiblissement de la domination des travaillistes et des conservateurs sur la politique britannique, le Labour n'arrivant qu'à la troisième place, derrière Reform.
Keir Starmer a reconnu vendredi que le résultat obtenu dans la circonscription de Gorton-et-Denton, au sud de Manchester, était "très décevant" et qu'il comprenait que les électeurs soient "frustrés" et "impatients" de voir les choses changer.
Mais il s'en est pris aux "aux extrêmes en politique, de gauche comme de droite".
"C'est très facile pour les autres partis d'identifier les griefs. (...) Le plus dur est de trouver des solutions et de redresser la situation du pays afin d'améliorer la vie de millions de personnes (...) et c'est ce sur quoi je suis concentré", a-t-il ajouté.
La candidate des Verts, Hannah Spencer, plombière de 34 ans, est arrivée en tête avec 41% des voix, devant Reform (29%) et les travaillistes (25%).
C'est la deuxième élection partielle que perd le Labour depuis son retour au pouvoir en juillet 2024. La précédente, en mai 2025, avait été remportée par le parti Reform de Nigel Farage.
- Situation grave -
Elle est un nouveau signe des difficultés du gouvernement de Keir Starmer, en berne dans les sondages, qui peine à répondre aux attentes des Britanniques sur le coût de la vie, l'économie ou encore l'amélioration des services publics.
Et à l'approche des élections locales de mai, présentées par beaucoup comme cruciales pour son avenir à Downing Street, c'est un nouveau coup de semonce pour le Premier ministre, qui s'était impliqué personnellement dans la campagne.
La défaite alimente déjà les critiques de ceux qui, au sein du Labour, estiment que le parti a trop chassé sur les terres de Reform, en particulier en durcissant sa politique migratoire.
Elle doit être "nous faire prendre conscience de la gravité de la situation", a réagi sur X la députée Angela Rayner, ex-numéro 2 du parti, et figure de son aile gauche.
Le groupe Mainstream, interne au Labour, a fustigé "l'erreur catastrophique" de la direction du parti, qui avait bloqué la candidature pour ce scrutin du populaire maire de Manchester Andy Burnham, considéré comme un rival de Keir Starmer.
"Les Verts ont gagné parce que le Labour sous Starmer a abandonné ses valeurs progressistes, imité l'extrême droite au lieu de se battre contre elle", a réagi de son côté sur X Andrea Egan, la cheffe du puissant syndicat Unison.
Pour Louise Thompson, professeure de sciences politiques à l'université de Manchester, Keir Starmer voit ses difficultés s'accroître avec la nécessité désormais de "mener une guerre plus affirmée sur deux fronts", contre les Verts et contre le parti de Nigel Farage.
Même si le résultat du scrutin est sans doute plus le fruit d'un "vote anti-Reform" qu'une adhésion au programme des Verts, nuance-t-elle auprès de l'AFP.
- "Alternative" -
Cette victoire galvanise en tout cas ces derniers, en pleine ascension depuis l'arrivée à leur tête en septembre 2025 de Zack Polanski, parfois comparé au maire de New York Zohran Mamdani.
"C'est une victoire retentissante", s'est-il félicité lors d'une conférence de presse. "L'emprise électorale du Labour est terminée. (...) Les gens reconnaissent désormais qu'il existe une alternative", a-t-il encore affirmé.
Ces derniers mois, il a mis en sourdine l'identité écologiste du parti et insisté sur son programme très à gauche, prônant notamment une hausse des impôts des plus riches.
Son positionnement ouvertement propalestinien a aussi probablement séduit dans une circonscription où plus d'un quart de la population est musulmane.
Reform UK, donné favori à l'échelle nationale, espérait lui aussi créer la surprise.
Nigel Farage a déploré sur X un scrutin qui scelle "la victoire du communautarisme".
Son candidat Matt Goodwin, ex-universitaire devenu présentateur sur la très conservatrice chaîne de télévision GB News, a lui plus directement fustigé "un dangereux communautarisme musulman".
La cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch, dont le parti a obtenu moins de 2% lors de cette élection partielle, a estimé que "le résultat montre que c'en est fini" pour Keir Starmer.
Ch.P.Lewis--AT