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Taxés par Trump de "sinistres ambitions nucléaires", les Iraniens à Genève pour les pourparlers
Les négociateurs américains sont arrivés mercredi soir à Genève, affichant leur optimisme à la veille de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis à Genève, malgré les propos de Donald Trump sur leurs "sinistres ambitions nucléaires".
Le président Massoud Pezeshkian parle de "perspective favorable", disant espérer sortir de "cette situation +ni guerre ni paix"+.
Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, qui conduit la délégation iranienne, doit rencontrer dans la soirée son homologue omanais Badr al-Busaidi "et lui exposer la position de l'Iran sur la levée des sanctions et le dossier nucléaire".
Il avait estimé la veille qu'un accord était "à portée de main", invoquant une "opportunité historique".
Téhéran a rejeté en bloc les allégations du président américain, mardi dans son discours de politique générale devant le Congrès.
- "Guerre inévitable" -
Donald Trump a accusé l'Iran d'avoir "développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases" militaires et de chercher à en concevoir des plus puissants encore, capables "d'atteindre bientôt les Etats-Unis".
"Ils (...) poursuivent à l'heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires", a fustigé M. Trump, qui tente d'arracher un accord garantissant notamment que l'Iran ne se dote pas de l'arme atomique.
Mais "le président a de nombreux autres outils à sa disposition", a averti mercredi le vice-président JD Vance, conseillant à Téhéran de "prendre au sérieux" les menaces américaines alors que les Etats-Unis ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe.
A Washington, le ministère des Finances a adopté de nouvelles sanctions contre quatre Iraniens, des sociétés et douze navires, destinées à affaiblir la République islamique.
Téhéran se défend d'ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
A Téhéran, les avis sont partagés sur l'issue des tractations.
Pour Habib, un commerçant de 47 ans qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, "la guerre est inévitable à 100%", l'Iran ne pouvant "en aucun cas" accepter les exigences américaines.
A l'inverse Mehdi, un vendeur de 58 ans, juge qu'il "n'y aura pas de guerre et que les négociations aboutiront". "Les Américains bluffent. Parce qu'ils ne peuvent rien faire", tranche-t-il.
- La "crédibilité" de Trump en jeu -
Pour l'analyste Emile Hokayem, de l'International Institute for Strategic Studies (IISS), Donald Trump "semble s'être acculé lui-même". "A ce stade, la posture des forces est telle que si les Etats‑Unis se repliaient sans (accord), cela pourrait se faire au détriment de sa crédibilité", estime-t-il.
Dans son discours, le président a par ailleurs accusé le pouvoir iranien d'avoir tué 32.000 personnes dans la répression début janvier d'une vague inédite de contestation.
L'organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a elle recensé plus de 7.000 morts, des manifestants pour la plupart, précisant que le bilan réel est probablement plus élevé.
En Iran, des étudiants ont recommencé à protester après la reprise des cours samedi à Téhéran. Le gouvernement leur a reconnu "le droit de manifester" mais les a avertis de ne pas franchir des "lignes rouges".
A.Anderson--AT