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Le pouvoir iranien met en garde les étudiants après des manifestations
Après la répression en janvier d'un vaste mouvement de contestation, le gouvernement iranien a lancé un avertissement mardi aux étudiants qui ont recommencé à protester ces derniers jours, dans un Iran suspendu aux menaces d'intervention militaire américaine.
Ils "ont naturellement le droit de manifester", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani.
Mais il y a "des lignes rouges à protéger et à ne pas franchir, même au plus fort de la colère", a-t-elle ajouté, citant en exemples "les lieux sacrés" comme les mosquées et "le drapeau" de la République islamique.
Parmi les slogans scandés par la foule, "Mort au dictateur", en référence au guide suprême, Ali Khamenei.
Ces rassemblements, qui pour certains ont donné lieu à des affrontements entre adversaires et partisans du pouvoir, secouent un pays encore sous le choc des récentes manifestations.
Déclenchées en décembre pour dénoncer le marasme économique, elles s'étaient rapidement mues en un défi sans précédent pour la République islamique avant d'être étouffées dans le sang.
- Entre "armada" et dialogue -
Depuis ce mouvement, le président américain Donald Trump brandit la menace de nouvelles frappes, après la guerre de juin 2025, déclenchée par Israël et à laquelle s'étaient associés les Etats-Unis, bombardant des sites nucléaires iraniens.
Il a ordonné le déploiement dans la région d'un dispositif naval et militaire massif: envoyé en janvier dans le Golfe, le porte-avions Abraham Lincoln devrait être bientôt secondé par le Gerald Ford, tout juste arrivé sur une base crétoise.
Dans ce climat martial, les négociations se poursuivent, les Etats-Unis poussant pour un accord visant à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.
Téhéran se défend d'avoir des ambitions militaires mais insiste sur son droit au nucléaire civil, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Si une troisième session de pourparlers est prévue jeudi à Genève sous médiation omanaise, trouver un terrain d'entente sera "une tâche difficile" tant les divergences sont grandes, note le centre de réflexion américain International Crisis Group dans un rapport publié lundi.
- "Facile à gagner" -
"Après près de cinq décennies d'antagonisme profond et de collaboration occasionnelle, la République islamique et les Etats-Unis n'ont jamais été aussi proches du précipice d'un conflit majeur", écrivent les analystes de Crisis Group.
En cas d'échec de la diplomatie les intentions de Washington "restent floues", ajoutent-ils, soulignant que, malgré l'ampleur de "l'armada" déployée, Donald Trump conserve "une préférence pour les guerres courtes qu'il peut facilement présenter comme des succès", plutôt que de "s'engager dans un conflit coûteux et chaotique".
Le président américain, qui avait dit jeudi se donner un délai de "dix" à "quinze jours" pour décider d'un éventuel recours à la force contre Téhéran, a démenti lundi des articles de presse selon lesquels le chef d'état-major américain l'aurait mis en garde contre une intervention de grande ampleur.
"Le général (Dan) Caine, comme nous tous, préférerait ne pas voir de guerre mais si une décision était prise d'intervenir militairement contre l'Iran, il est d'avis que ce serait quelque chose qui serait facile à gagner", a assuré Donald Trump.
L'Iran a averti que toute frappe des Etats-Unis, même limitée, pousserait à riposter "avec férocité", mettant en garde contre un risque d'"escalade" régionale.
Face aux "menaces existantes", les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont débuté mardi des exercices militaires le long du Golfe.
H.Romero--AT