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Bangladesh: vers une large victoire du BNP aux législatives
Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) de Tarique Rahman s'achemine vers une large victoire aux premières élections législatives organisées depuis l'insurrection qui a causé la chute du régime de fer de Sheikh Hasina à l'été 2024.
Selon les projections des télévisions locales vendredi à 5H30 (23h30 GMT jeudi), le BNP était crédité de plus de la majorité absolue des sièges à la chambre unique du Parlement, largement devant son principal adversaire, la coalition des islamistes du Jamaat-e-Islami.
Le dépouillement des bulletins de vote est toujours en cours vendredi matin et la commission électorale n'a encore annoncé aucun résultat officiel.
Les chaînes de télévision Jamuna et Somoy ont rapporté que le BNP avait remporté 197 des 300 sièges à pourvoir, contre 63 pour la coalition du Jammat e-Islami.
"Grâce au fort soutien du peuple, le BNP va remporter une majorité des deux tiers et pouvoir former un gouvernement", a déclaré aux journalistes un porte-parole du parti, Mahadi Amin, au quartier général du BNP.
Dans une déclaration, le BNP a affirmé avoir emporté une "large victoire" et appelé ses responsables locaux à ne pas organiser de célébrations dans les rues.
"Nous allons nous joindre à l'effort de reconstruction du pays que va engager Tarique Rahman", a indiqué à l'AFP un partisan du BNP, Md Fazlur Rahman, 45 ans. "Ces dix-sept dernières années, nous avons beaucoup souffert."
- "Tolérance et respect" -
Avant même la clôture des bureaux de vote jeudi, Tarique Rahman avait exprimé sa confiance devant la presse. "Je vais gagner l'élection (...) nous aurons une majorité suffisante pour diriger calmement le pays".
Âgé de 60 ans, le probable futur Premier ministre est l'héritier d'une longue dynastie politique.
Rentré en décembre de dix-sept ans d'exil au Royaume-Uni, il a pris la succession à la tête du BNP de sa mère Khaleda Zia, trois fois Première ministre, après sa mort quelques jours plus tôt.
Dans une déclaration jeudi soir, le chef du gouvernement provisoire et prix Nobel de la paix Muhammad Yunus a exhorté les partis à respecter les usages démocratiques, à faire preuve de "tolérance et de respect"
"Nous devons rester unis dans l'intérêt national", a insisté le Pr Yunus, 85 ans, qui a annoncé qu'il se retirerait sitôt les résultats officiels proclamés.
Après une campagne souvent tendue, parfois violente, le scrutin de jeudi, sécurisé par plus de 300.000 policiers et soldats, s'est déroulé sans incident majeur.
- "Quelque chose de positif" -
De nombreux électeurs se sont réjouis de pouvoir voter dans une ferveur inédite depuis l'élection de Mme Hasina en 2009. Les scrutins suivants avaient tous été boudés par l'opposition ou dénaturés par des fraudes massives.
"Tant que la Ligue Awami (le parti de Mme Hasina) était là, les gens pensaient qu'ils dirigeraient le pays pour toujours", a commenté Mahfuz Rahman, 52 ans, après avoir voté jeudi dans un bureau de la capitale Dacca. "J'ai de la chance d'être témoin du changement."
Fers de lance des émeutes meurtrières de l'été 2024, les jeunes - les 18-37 ans constituent 44% du corps électoral - ont espéré des changements profonds, dans un pays à l'économie en panne et malade de la corruption.
"C'est la première fois que je vote et, après tout ce que nous avons vécu ces dernières années, j'espère enfin quelque chose de positif", a déclaré jeudi à l'AFP une étudiante de 21 ans, Shithi Goswami, qui a voté à Dacca.
Les électeurs bangladais se prononçaient également jeudi par référendum sur une série de réformes institutionnelles destinées éviter le retour d'un régime autoritaire.
Les résultats de cette consultation n'étaient pas encore connus vendredi matin.
De son exil indien, Sheikh Hasina, condamnée à mort pour la répression de la révolte de 2024, a dénoncé dans une déclaration publiée par son parti à New Delhi, un scrutin "illégal et inconstitutionnel".
D.Johnson--AT