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Présidentielle au Portugal: large victoire du socialiste Antonio José Seguro face au candidat d'extrême droite
Le socialiste modéré de 63 ans Antonio José Seguro a remporté dimanche le second tour de l'élection présidentielle au Portugal, en devançant largement son adversaire d'extrême droite André Ventura, qui conforte tout de même ses ambitions grandissantes.
Selon deux projections des télévisions nationales basées sur des sondages à la sortie des bureaux de vote, M. Seguro obtiendrait 67 à 73% des suffrages, contre 27 à 33% pour M. Ventura, député de 43 ans et président de la formation Chega ("Assez").
Alors qu'André Ventura promettait une "rupture" avec les formations qui dirigent le Portugal depuis 50 ans, le vainqueur annoncé s'est posé en candidat rassembleur et mis en garde contre "le cauchemar" dans lequel le pays risquerait de se trouver si son adversaire l'emportait.
Après avoir passé une décennie en retrait de la vie politique, cet ancien député et ex-ministre avait remporté le premier tour avec 31,1% des suffrages et s'est assuré depuis le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l'extrême gauche, du centre et même de la droite, mais pas celui du Premier ministre Luis Montenegro.
Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s'appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l'extrême droite, avait refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l'élimination du candidat soutenu par son parti.
- Première force d'opposition -
M. Ventura avait quant à lui déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5% des voix, confirmant ainsi la progression électorale de son parti, devenu la première force d'opposition à l'issue des législatives de mai 2025.
En se lançant dans la course à la présidentielle, cet autoproclamé "candidat du peuple" cherchait surtout à "consolider sa base électorale" mais aussi à "s'affirmer comme le vrai leader de la droite portugaise", avait expliqué avant le vote José Santana Pereira, professeur de Sciences politiques à l'Institut universitaire de Lisbonne ISCTE.
Si le rôle du chef de l'Etat portugais est surtout symbolique, il est appelé à jouer un rôle d'arbitre en cas de crise et dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des législatives anticipées.
Etant donné que "le gouvernement ne dispose toujours pas d'une majorité au Parlement", le nouveau président "restera au centre du jeu politique", a commenté le politologue Bruno Ferreira da Costa, de l'université Beira Interior.
- Campagne perturbée par les tempêtes -
Après le premier tour, la campagne a été totalement perturbée par les tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines, poussant une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le scrutin d'une semaine.
L'écrasante majorité des 11 millions d'électeurs au Portugal et à l'étranger était néanmoins appelée à voter dimanche et, malgré les craintes d'une démobilisation des électeurs, l'abstention devrait rester en ligne avec le taux de 47,7% enregistré au premier tour, qui avait connu la plus forte participation depuis la présidentielle de 2006.
"Là on a deux candidats. Soit on vote pour celui qui pense à l'intérêt de tous, ou alors je ne sais pas où on va", a-t-elle ajouté après avoir jeté son bulletin dans une école du centre de Lisbonne.
"Le choix est vraiment difficile car je n’aime aucun des deux candidats", a pour sa part expliqué Julia Rodrigues, une étudiante en médecine de 20 ans, tout en laissant entendre qu'elle avait fini par se décider en faveur du socialiste.
M.O.Allen--AT