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Les Portugais élisent leur président avec un socialiste comme favori face à l'extrême droite
Les Portugais votent dimanche pour le second tour de l'élection présidentielle qui oppose le socialiste Antonio José Seguro, grand favori, à André Ventura, le dirigeant d'un parti d'extrême droite devenu en quelques années la deuxième force politique dans ce pays.
Depuis la victoire de M. Seguro au premier tour le 18 janvier, la campagne a été totalement perturbée par les tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines, poussant une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le scrutin d'une semaine.
L'écrasante majorité des 11 millions d'électeurs au Portugal et à l'étranger ont donc pu commencer à voter dimanche matin et, après la fermeture des derniers bureaux aux Açores, des sondages sortie des urnes seront diffusés par les chaînes de télévision locales à 20H00 GMT.
"Je pense qu'ils ont fait le bon choix en décidant de maintenir les élections", a témoigné à l'AFP Celeste Caldeira, une enseignante à la retraite de 87 ans.
"Ces élections sont très étranges pour moi. Le choix est vraiment difficile car je n’aime aucun des deux candidats", a pour sa part expliqué Julia Rodrigues, une étudiante en médecine de 20 ans.
- Appel au vote -
Une enquête publiée mercredi créditait M. Seguro, un homme politique expérimenté de 63 ans qui a toutefois passé la dernière décennie en retrait de la vie publique, de 67% des intentions de vote.
Tandis que cette victoire annoncée lui faisait déjà craindre une démobilisation du corps électoral pour ce second tour, les intempéries des derniers jours ont poussé le candidat socialiste à désigner l'abstention comme son "grand adversaire".
"J'appelle les Portugais à venir voter. Profitez de cette fenêtre de beau temps", a déclaré M. Seguro après avoir voté dans une école à Caldas da Rainha, ville où il réside, à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne.
Alors qu'André Ventura promet une "rupture" avec les formations qui dirigent le Portugal depuis 50 ans, le socialiste s'est posé en candidat rassembleur et a mis en garde contre "le cauchemar" dans lequel le pays risquerait de se trouver si son adversaire l'emportait.
Le socialiste a remporté le premier tour il y a trois semaines, avec 31,1% des suffrages, et s'est assuré depuis le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l'extrême gauche, du centre et même de la droite, mais pas celui du Premier ministre Luis Montenegro.
- Pouvoir de dissolution -
Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s'appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l'extrême droite, a refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l'élimination du candidat soutenu par son parti.
M. Ventura a quant à lui déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5% des voix et ainsi confirmé la progression électorale de son parti Chega ("Assez"), devenu la première force d'opposition à l'issue des législatives de mai 2025.
Cette personnalité d'extrême droite cherche à "consolider sa base électorale" mais aussi à "s'affirmer comme le vrai leader de la droite portugaise", a expliqué à l'AFP José Santana Pereira, professeur de Sciences politiques à l'Institut universitaire de Lisbonne ISCTE.
Le prochain président succèdera début mars au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, qui a appelé au vote samedi soir "afin de vaincre la catastrophe et reconstruire l'avenir".
Si le rôle du chef de l'Etat portugais est surtout symbolique, il est appelé à jouer un rôle d'arbitre en cas de crise et dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des législatives anticipées.
R.Garcia--AT