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L'Ukraine et la Russie entament la deuxième journée de pourparlers à Abou Dhabi
Les négociateurs ukrainiens et russes ont commencé jeudi une seconde journée de pourparlers sous l'égide des Américains à Abou Dhabi visant à mettre fin à près de quatre ans de guerre sanglante en Ukraine.
"La seconde journée de discussions à Abou Dhabi a débuté", a annoncé le chef de la délégation ukrainienne Roustem Oumerov.
La Russie a de son côté fait état de "progrès" dans ces pourparlers. "Il y a sans aucun doute des progrès", a déclaré à la presse l'émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev.
Il n'a pas donné de détails, mais le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit mercredi soir, au terme de la première journée de discussions, tabler sur un nouvel échange de prisonniers "dans un avenir proche".
C'est par ailleurs le seul résultat concret auquel les deux camps étaient parvenus lors de précédents pourparlers en Turquie en 2025.
Kirill Dmitriev a par ailleurs accusé des "instigateurs de la guerre en provenance d'Europe (..) d'entraver ce processus" de négociations avec Kiev, sans fournir de précisions.
L'invasion de l'Ukraine déclenchée par Moscou en 2022, le pire conflit armé en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, a fait des dizaines, voire des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.
Mercredi, la Russie a de nouveau réclamé que l'Ukraine se plie à ses exigences, renforçant les doutes sur les chances de succès des efforts diplomatiques menés sous l'impulsion du président américain, Donald Trump.
"Tant que le régime de Kiev n'aura pas pris la décision appropriée, l'opération militaire spéciale se poursuivra", a averti le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
- 55.000 soldats ukrainiens tués -
Moscou exige notamment que Kiev abandonne l'intégralité de la région de Donetsk (est), y compris les zones contrôlés par l'armée ukrainienne, en échange d'un éventuel gel de la ligne de front.
Dans une interview diffusée par la chaîne de télévision France 2 mercredi soir, M. Zelensky a estimé que Moscou devrait sacrifier 800.000 hommes supplémentaires pour achever de conquérir militairement cette région.
"Il leur faudra deux ans au minimum avec une progression très lente. A mon avis, ils ne tiendront pas aussi longtemps", a-t-il souligné, selon des propos traduits par la chaîne française.
M. Zelensky a toutefois reconnu que le conflit pesait également lourdement sur son pays, avec "un grand nombre de disparus" et "55.000" militaires ukrainiens tués.
Selon certaines estimations, il s'agit de dizaines de milliers de soldats portés disparus et de toute vraisemblance tués.
Kiev se refuse à abandonner la région, où sont situées ses principales défenses face aux assauts russes, mais craint que Washington n'appuie la position de Moscou.
Durant les pourparlers, auxquels participent l'émissaire américain Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, la Russie maintient la pression sur les populations civiles ukrainiennes.
Mercredi, une frappe russe sur un marché dans la ville de Droujkivka, dans l'est de l'Ukraine, a fait au moins sept morts et 15 blessés, selon le gouverneur régional.
- "Peur que de Trump" -
Après une brève pause obtenue sur requête du président américain, Moscou a par ailleurs repris mardi ses frappes sur les infrastructures énergétiques du pays, entraînant des coupures de chauffage et d'électricité pour des centaines de milliers de foyers, par des températures frôlant les -20°C.
La Russie cible également les voies ferrées avec l'objectif "de couper certaines régions d'Ukraine et de semer la peur dans l'esprit des populations", a déclaré mercredi à l'AFP le chef de la société nationale ferroviaire Ukrzaliznytsia, Oleksandr Pertsovsky.
Dans ce contexte, les Ukrainiens interrogés par l'AFP doutent qu'un accord puisse être conclu.
"Je pense que tout cela n'est qu'une mise en scène pour le public", résume Petro, un habitant de Kiev. "Nous devons nous préparer au pire et espérer le meilleur."
A Moscou en revanche, les Russes interrogés ont fait part de leur espoir de voir la guerre se terminer.
"Cela doit finir un jour, tout le monde en a assez", a souligné Anton, un ingénieur de 43 ans, tandis que Dmitri, 44 ans, dit souhaiter que "les drones cessent de survoler nos têtes et que les gens cessent de mourir".
"Poutine n'a peur que de Trump", a jugé mercredi M. Zelensky sur France 2 ajoutant que le dirigeant américain a "un moyen de pression par l'économie, par les sanctions, par les armes qu'il pourrait nous transférer".
G.P.Martin--AT