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Le président iranien "ordonne" des pourparlers sur le nucléaire avec les Etats-Unis
Au lendemain d'avertissements sur le risque d'une "guerre régionale", l'Iran a appelé lundi à l'ouverture de discussions avec Washington sur le dossier nucléaire, Donald Trump se disant pour sa part confiant sur la possibilité d'un accord.
"Le président Massoud Pezeshkian a ordonné l'ouverture de pourparlers avec les Etats-Unis", écrit l'agence de presse Fars, citant une source gouvernementale, sans préciser de date.
La pression s'accentue depuis début janvier sur Téhéran, après la répression dans le sang de la contestation, initialement contre le coût de la vie mais qui s'est transformée en mouvement de défiance envers la République islamique mise en place en 1979.
Après avoir fait planer la menace d'une intervention militaire et envoyé une dizaine de navires dans le Golfe, le président américain a dit dimanche espérer "trouver un accord" avec l'Iran.
Des consultations ont ainsi eu lieu avec l'Egypte, l'Arabie saoudite et la Turquie.
"Nous examinons et finalisons les détails de chaque étape du processus diplomatique, que nous espérons conclure dans les prochains jours. Cela concerne la méthode et le cadre de travail", a ajouté le porte-parole, lors d'une conférence de presse à laquelle l'AFP a assisté.
Téhéran a démenti avoir reçu une échéance de la part de Donald Trump: l'Iran "n'accepte jamais d'ultimatum", a réagi M. Baghaï.
- "Pas d'armes nucléaires" -
La veille, prenant la parole pour la première fois en deux semaines, le guide suprême iranien Ali Khamenei avait mis en garde contre une "guerre régionale".
Des négociations entre les deux pays ennemis s'étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais elles avaient notamment achoppé sur la question de l'enrichissement d'uranium.
Les Etats-Unis demandaient que l'Iran y renonce totalement, ce à quoi Téhéran se refuse, défendant ce qu'il dit être son droit en vertu du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont il est signataire.
"Le président Trump dit +pas d'armes nucléaires+ et nous sommes tout à fait d'accord avec ce point. (...) Bien sûr, en contrepartie, nous attendons une levée des sanctions. Cet accord est donc possible. Ne parlons pas de choses impossibles", avait insisté dimanche sur CNN M. Araghchi.
La République islamique est soupçonnée par les Occidentaux de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'elle dément.
- Arrestation d'étrangers -
A Téhéran pendant ce temps, la répression se poursuit: quatre ressortissants étrangers, dont la nationalité n'a pas été précisée, ont été arrêtés pour "participation aux émeutes", selon la télévision d'Etat.
D'après l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, plus de 42.000 personnes ont été arrêtées lors du mouvement. Elle a par ailleurs pu confirmer 6.842 morts, dont une majorité de manifestants.
Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.
Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des "terroristes". Une opération orchestrée selon Téhéran par les Etats-Unis et Israël, ses ennemis.
La présidence a publié les noms de 2.986 personnes tuées, sur une liste de 3. 117 morts. Les 131 restants n'ont pas encore été identifiés, selon un communiqué.
Côté européen, les ambassadeurs en poste à Téhéran ont été convoqués après la désignation la semaine dernière des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique accusée d'avoir orchestré la répression du mouvement, comme organisation "terroriste".
Ces convocations sont "une mesure minimale" avant l'annonce prochaine d'autres représailles, a averti lundi Esmaïl Baghaï.
"La France n'a aucune légitimité, ni légale ni morale, pour intervenir ou commenter un processus diplomatique", a lancé le porte-parole iranien.
R.Lee--AT