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Coups d'Etat, pandémie, Israël: agenda chargé au sommet de l'Union africaine
Les dirigeants africains ouvrent samedi matin le sommet annuel de l'Union africaine (UA), avec un agenda chargé qui abordera les coups d'Etat ayant secoué le continent depuis un an, la pandémie de coronavirus et un controversé statut d'observateur accordé à Israël.
Le sommet se tient au siège de l'organisation à Addis Abeba, la capitale de l'Ethiopie, pays en proie depuis 15 mois dans sa partie nord à un conflit qui a fait des milliers de morts et, selon l'ONU, mené des centaines de milliers de personnes au bord de la famine.
Il a lieu après plusieurs coups d'Etat sur le continent, le dernier au Burkina Faso il y a moins de deux semaines. Et mardi soir, l'UA a dénoncé une tentative de renverser le pouvoir en Guinée-Bissau.
Quatre Etats-membres (Burkina Faso, Mali, Guinée, Soudan) ont été suspendus par le Conseil de paix et de sécurité de l'UA depuis juin en raison de changements anticonstitutionnels de gouvernement.
Face aux ministres africains des Affaires étrangères réunis cette semaine, le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, a dénoncé la "résurgence inquiétante des coups d'Etat militaires".
Mais l'organisation est critiquée pour son manque de cohérence face aux putschs, notamment après n'avoir pas suspendu le Tchad, où un conseil militaire a pris le pouvoir après la mort du président Idriss Deby Itno en avril.
Pour Solomon Dersso, fondateur du groupe de réflexion Amani spécialisé sur l'UA, les discussions devraient dépasser les simples condamnations pour se concentrer sur les causes des coups d'Etat, comme le terrorisme ou les révisions constitutionnelles permettant aux dirigeants de se maintenir au pouvoir.
"Ce n'est que lorsqu'une crise frappe qu'on se demande: +Comment se fait-il que ce pays s'effondre si rapidement?+", résume-t-il.
- Statut controversé -
Samedi, le président sud-africain Cyril Ramaphosa fera un point sur la réponse africaine à la pandémie, près de deux ans après la détection du premier cas de Covid-19 sur le continent en Egypte.
Au 26 janvier, seuls 11% des plus d'un milliard d'Africains avaient été entièrement vaccinés, selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies.
Selon un projet d'ordre du jour consulté par l'AFP, une discussion est également prévue dimanche sur la décision de Moussa Faki d'accréditer Israël avec un statut d'observateur.
Cette décision a été vivement dénoncée par plusieurs puissants Etats-membres, dont l'Afrique du Sud et l'Algérie, qui ont rappelé qu'elle allait à l'encontre des déclarations de l'UA soutenant les Territoires palestiniens.
Pour de nombreux analystes, un vote sur cette question pourrait marquer une scission sans précédent dans l'histoire de l'organisation créée il y a 20 ans.
- Et le conflit éthiopien ? -
Il n'est pas encore connu si -et comment- les chefs d'Etat et gouvernement aborderont la guerre dans le nord de l'Ethiopie, qui oppose depuis novembre 2020 les forces du gouvernement aux rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Le fait que l'Ethiopie abrite le siège de l'UA rend particulièrement délicate les interventions de l'organisation sur le sujet.
M. Faki a attendu le mois d'août -neuf mois après le début des combats- pour nommer l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo comme envoyé spécial chargé d'obtenir un cessez-le-feu.
L'Ethiopie, qui siégeait depuis avril 2020 au Conseil de paix et de sécurité de l'UA, n'a pas été reconduite cette semaine parmi les 15 membres de cet organe en charge des conflits et questions de sécurité, a-t-on appris auprès de diplomates.
"Les Etats-membres de l'UA ne doivent pas ignorer les crimes graves commis par toutes les parties belligérantes, y compris les forces du gouvernement fédéral, dans le conflit en Ethiopie", a déclaré vendredi Carine Kaneza Nantulya, directrice du plaidoyer pour l'Afrique au sein de l'ONG Human Rights Watch.
L.Adams--AT