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Ukraine : les Européens aux côtés de Trump, le sommet avec Poutine s'éloigne
Les dirigeants européens ont confirmé mardi leur soutien aux efforts de paix en Ukraine du président américain, sans renoncer à leurs principes, avant un sommet Trump-Poutine à Budapest, où le chef de l'Etat russe semble peu pressé de se rendre.
La Russie a relativisé les chances que cette rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump intervienne rapidement. "Aucun délai précis" n'a été fixé pour ce sommet, a insisté le Kremlin, évoquant la nécessité d'un "sérieux" travail préparatoire entre Moscou et Washington.
Il n'empêche, la perspective d'une nouvelle réunion entre les présidents américain et russe inquiète les Européens, qui redoutent un accord conclu au détriment de l'Ukraine et de la sécurité de l'Europe toute entière.
Favorables aux efforts de paix de Donald Trump, ils entendent néanmoins rappeler certains des principes qui les guident depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, à commencer par celui de l'intangibilité des frontières en Europe.
"Nous soutenons fermement la position du président Trump selon laquelle les combats doivent cesser immédiatement", ont ainsi plaidé mardi le chef de l'Etat ukrainien Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens, dont ceux de la France, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne, tout en considérant que "la ligne de contact actuelle doit servir de base pour les négociations".
Mais, ont-ils aussitôt ajouté, "nous restons attachés au principe selon lequel les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force".
- Pas "par la force" -
D'éventuelles concessions territoriales en Ukraine "ne peuvent être négociées" que par son président, a martelé mardi à Ljubljana Emmanuel Macron.
L'idée est de "clairement" rappeler la position des Européens, affichée au moment du déplacement de la plupart de ces dirigeants à Washington, dans la foulée du sommet Trump-Poutine en Alaska du mois d'août, a dit à l'AFP un responsable de l'UE, sous couvert d'anonymat.
Le président américain a déclaré cette semaine qu'il était nécessaire que toute discussion parte de la situation actuelle sur la ligne de front, pour arrêter enfin "les massacres" en Ukraine. "Ils devraient s'arrêter immédiatement sur les lignes de front", a-t-il affirmé à bord d'Air Force One.
Et si les Européens sont d'accord pour partir de là, rien ne doit se faire, notent-ils, sans l'Ukraine et sans eux. Il est donc indispensable, de mettre l'Ukraine dans une position de négociation aussi "forte" que possible.
- "Tactiques dilatoires" -
"Les tactiques dilatoires de la Russie ont démontré à maintes reprises que l'Ukraine est la seule partie sérieuse à vouloir la paix", écrivent ainsi ces dirigeants. "C'est pourquoi nous sommes convaincus que l'Ukraine doit être dans la position la plus forte possible, avant, pendant et après tout cessez-le-feu", ont-ils ajouté.
Parallèlement, la pression doit être accentuée sur Moscou, qui continue de "choisir la violence et la destruction".
"Nous devons intensifier la pression sur l'économie de la Russie et sur son industrie de défense, jusqu'à ce que Poutine soit prêt à faire la paix", soulignent ainsi ces hauts responsables.
Ce communiqué commun est signé par les dirigeants de l'Ukraine, de l'Union européenne, de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Pologne, du Danemark et de la Finlande.
Ils doivent se retrouver jeudi à Bruxelles, à l'exception du Premier ministre britannique Keir Starmer, pour un sommet européen au cours duquel ils espèrent se mettre d'accord sur un soutien financier pérenne à l'Ukraine.
Une réunion de la "coalition des volontaires", qui rassemble les soutiens de Kiev, est en outre prévue pour vendredi.
"Nous élaborons des mesures pour utiliser pleinement la valeur des actifs souverains immobilisés de la Russie, afin que l'Ukraine dispose des ressources nécessaires", écrivent aussi ces dirigeants.
La cheffe de la politique étrangère européenne, Kaja Kallas, a déclaré lundi qu'il y avait un "large soutien" au sein de l'Union européenne à la proposition de mobiliser ces avoirs russes gelés, afin d'accorder à Kiev un prêt de 140 milliards d'euros.
T.Sanchez--AT