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Trump en Israël après de premières libérations d'otages à Gaza
Le président américain Donald Trump est arrivé lundi en Israël peu après la libération par le Hamas de sept otages retenus à Gaza, sur les 20 derniers encore en vie qu'il s'est engagé à libérer dans la journée, à quelques heures d'un sommet en Egypte sur le territoire palestinien.
A l'annonce de ces libérations attendues depuis deux ans par Israël tout entier, première étape du plan proposé par le président américain, des milliers de personnes massées sur la place des Otages à Tel-Aviv ont exulté.
"On attendait ce moment mais il reste de la tristesse pour ceux qui ne rentrent pas et pour les presque 2.000 morts de la guerre, deux ans de folie qui se terminent... Mais c'est une belle journée, celle qu'on attend depuis deux ans", a témoigné à l'AFP Ronny Edry, un enseignant de 54 ans.
De premiers otages avaient été libérés, sur un total de 251 enlevés, lors de deux précédentes trêves.
Les otages relâchés lundi devaient regagner Israël après avoir été remis au Comité International de la Croix-Rouge puis aux forces de sécurité israéliennes, tandis que le CICR est parti aller chercher d'autres otages.
Sur la place des Otages, des dizaines de personnes avaient commencé à se masser avant le lever du jour autour d'un écran où étaient affichés les portraits des otages, pour suivre en direct les premières libérations.
Certains avaient le visage grave, d'autres souriaient, beaucoup s'étreignaient alors que résonnait la chanson Habayta ("à la maison", en hébreu), en boucle dans les haut-parleurs.
"Bon retour à la maison", a déclaré le ministère des Affaires étrangères israélien. Mais le Forum des familles a prévenu que son combat ne serait "pas terminé" tant que tous les otages et dépouilles d'otages ne seraient pas rentrés en Israël.
Pour le président français Emmanuel Macron, "la paix devient possible pour Israël, pour Gaza et la région".
- "La guerre est terminée" -
Première étape du plan de Donald Trump destiné à mettre un terme à deux ans de guerre, le retour des 48 otages, vivants ou morts, doit s'accompagner de la libération par Israël de 250 détenus pour des "raisons de sécurité", dont de nombreux condamnés pour des attentats meurtriers anti-israéliens, et de 1.700 Palestiniens arrêtés à Gaza depuis octobre 2023.
Selon la porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un "organisme international", prévu dans le cadre du plan américain, devra aider à localiser les dépouilles des otages morts qui ne seraient pas libérés lundi.
Selon des sources proches des négociations, le Hamas continue d'exiger que soient relâchés en échange des chefs palestiniens.
Israël a de son côté prévenu que les détenus palestiniens, qui ont été transférés dans deux prisons spécifiques, ne seraient libérés qu'après confirmation que les otages ont été rendus.
Donald Trump doit rencontrer lundi matin M. Netanyahu, s'exprimer devant le Parlement israélien et rencontrer des proches d'otages.
"La guerre est terminée. D'accord? Vous comprenez ça?", a-t-il déclaré en quittant les Etats-Unis.
De son côté, M. Netanyahu a estimé qu'Israël avait remporté "d'immenses victoires, des victoires qui ont stupéfié le monde entier". "Je dois vous dire que la lutte n'est pas terminée", a-t-il toutefois ajouté dans une allocution télévisée.
Lundi après-midi, M. Trump se rendra à Charm el-Cheikh, en Egypte, pour y coprésider avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi un sommet sur Gaza, en présence de dirigeants de plus de 20 pays et du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.
Les pays médiateurs de l'accord de cessez-le-feu à Gaza doivent y signer un document garantissant son application, a indiqué une source diplomatique selon qui ces pays seront "les Etats-Unis, l'Egypte, le Qatar et probablement la Turquie".
Aucun responsable israélien ne fera le voyage, pas plus que le Hamas. L'Iran, soutien de longue date de ce dernier, a été invité mais ne participera pas non plus.
Parallèlement au retrait progressif déjà amorcé de l'armée israélienne, qui garde le contrôle de 53% de la bande de Gaza, le plan américain prévoit dans une phase ultérieure que le Hamas soit exclu de la gouvernance du territoire, où il a pris le pouvoir en 2007, et que son arsenal soit détruit.
- Des camions en attente -
Dans la bande de Gaza, des centaines de milliers de Palestiniens déplacés par la guerre ont regagné depuis le début du cessez-le-feu le nord du territoire, en grande partie transformé en champ de ruines.
Des camions chargés d'aide ont commencé à entrer à Gaza par le point de passage de Kerem Shalom, dans le sud d'Israël. D'autres attendaient à Rafah, le point de passage voisin, sur la frontière entre Gaza et l'Egypte.
Certains chargements auraient déjà été pillés, selon plusieurs témoignages d'habitants.
"Nous ne voulons pas vivre dans une jungle, nous exigeons que l'aide soit sécurisée et distribuée avec respect pour les gens," a déclaré à l'AFP Mohammed Za'rab, un jeune homme devant des cartons au sol le long d'une route.
Depuis lors, plus de 67.806 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza dans la campagne de représailles israélienne, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugés fiables par l'ONU.
E.Rodriguez--AT