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Gaza: difficiles négociations sur une trêve, 64 morts selon la Défense civile
Le mouvement islamiste palestinien Hamas a dit jeudi son opposition à un accord de trêve qui maintiendrait une présence militaire d'Israël dans la bande de Gaza, où la Défense civile a annoncé 64 morts dont des enfants dans les bombardements israéliens.
La veille, le Hamas a affirmé avoir accepté de libérer dix des otages qu'il retient à Gaza, en évoquant des négociations difficiles indirectes avec Israël, menées depuis dimanche à Doha par le biais des médiateurs -Qatar, Etats-Unis, Egypte.
Le projet d'accord en discussion prévoit, selon Washington, une trêve de 60 jours associée à la libération de dix otages vivants et au retour en Israël des dépouilles de neuf autres.
Ces otages ont été enlevés durant une attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché une guerre dévastatrice dans la bande de Gaza.
"Nous ne pouvons accepter que se perpétue l'occupation (israélienne) de notre terre et la réduction de notre peuple à des enclaves isolées sous le contrôle de l'armée d'occupation", a souligné un haut responsable du Hamas, Bassem Naïm.
Il a néanmoins affirmé le souci de son mouvement "de parvenir à un accord de cessez-le-feu le plus vite possible".
Dans un communiqué mercredi, le Hamas a évoqué des pourparlers "difficiles" à Doha et accusé Israël "d'intransigeance". Mais il a dit avoir accepté "de libérer dix" otages.
- "Bon espoir" -
L'attaque du 7-Octobre dans le sud d'Israël, limitrophe de Gaza, a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l'armée israélienne.
Dans la bande de Gaza assiégée par Israël, au moins 57.762 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
Israël a juré de détruire le Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 et ses troupes ont pris de vastes secteurs de ce territoire palestinien de 362 km carrés.
Le Hamas a maintes fois dit exiger le retrait israélien de Gaza, des "garanties" sur le caractère permanent d'un cessez-le-feu et une reprise en main de l'aide humanitaire par l'ONU et des organisations internationales reconnues dans le territoire affamé.
Ces "questions essentielles" restent en suspens, a souligné le mouvement palestinien mercredi.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a jusqu'à présent affirmé que ses objectifs étaient le retour de tous les otages et l'élimination du Hamas. Il a aussi dit vouloir prendre le contrôle de Gaza.
Sous très forte pression de son opinion publique pour mettre fin à la guerre, M. Netanyahu a cependant indiqué mercredi qu'un accord pourrait être proche, après des rencontres à Washington avec le président Donald Trump.
M. Trump pousse pour une trêve au plus vite.
Son chef de la diplomatie Marco Rubio a dit avoir "bon espoir" qu'un accord pourrait être conclu à Gaza. Mais il a averti que "nous avons déjà vu des négociations échouer à ce stade des pourparlers".
M. Rubio a notamment cité "le refus du Hamas de désarmer, ce qui mettrait fin à ce conflit immédiatement".
- "Assez"! -
Dans la bande de Gaza, 64 Palestiniens ont été tués mercredi dans les bombardements israéliens, selon la Défense civile.
Dix-sept d'entre eux dont au moins huit enfants ont péri dans une frappe qui a touché des personnes qui patientaient devant un centre médical de Deir el-Balah (centre), a déclaré Mohammad al-Moughayyir, un responsable de la Défense civile. L'armée israélienne a dit viser un membre du Hamas.
"Ce matin, des familles innocentes ont été attaquées sans pitié alors qu'elles faisaient la queue en attendant l'ouverture des portes" du centre médical, a déclaré dans un communiqué Rabih Torbay, le responsable de l'ONG humanitaire Project HOPE qui gère la clinique.
Plus au sud, à Khan Younès, une famille pleure la mort de trois enfants, dont le plus âgé avait cinq ans, tués avec leur mère dans un un bombardement.
"Pourquoi ces enfants sont-ils tués? Est-ce qu'ils ont participé à l'attaque du 7-Octobre ou attaqué les Juifs ? Assez de massacres d'enfants", déclare Anwar Jadallah, l'oncle des trois enfants tués près de leurs dépouilles posées au sol.
"C'est comme si le manque de nourriture, d'eau potable, la faim, ne suffisaient pas", se lamente leur tante, Magdalene Jadallah.
Compte tenu des restrictions imposées aux médias par Israël à Gaza et des difficultés d'accès sur le terrain, l'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et affirmations des différentes parties.
T.Wright--AT