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La pride de Bruxelles aux couleurs de celle de Budapest, menacée d'interdiction
"Faites votre boulot!": des milliers de militants LGBT+ ont exhorté samedi les dirigeants européens à sévir contre le gouvernement de Viktor Orban lors de la marche des fiertés de Bruxelles, organisée en soutien à celle de Budapest, menacée d'interdiction.
Parmi les figures de proue de cette édition: Viktoria Radvanyi, présidente de la marche des fiertés de Budapest, invitée d'honneur dans la capitale belge.
"Nous sommes venus tirer la sonnette d'alarme", assure cette militante de 29 ans debout sur une estrade.
Au printemps, le Parlement hongrois a adopté une loi visant à interdire la marche des fiertés. Le texte permet notamment aux autorités d'utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour identifier les personnes organisant ou assistant à l'événement.
"Ce qui est extrêmement inquiétant, c'est que nous n'avons pas vu la Commission prendre la moindre action légale en deux mois", déplore Viktoria Radvanyi, un collier arc-en-ciel autour du cou.
Bien qu'elle ait rencontré certains de ses représentants vendredi, elle accuse l'exécutif européen d'être, par son inaction, "complice" du Premier ministre hongrois.
"Faites-votre boulot!", exhorte-t-elle en agitant un drapeau hongrois. Un slogan immédiatement repris par la foule, qui brandit des pancartes "Protégez vos enfants d'Orban".
- "Période horrible" -
"C'est super important qu'on continue à être présent à chaque pride tant qu'il y a des personnes discriminées dans le monde", souligne Migiel Moens, croisé par l'AFP dans la foule, un drapeau européen dépassant de son short rose.
"Les gens pensent souvent qu'une fois que des droits sont acquis, on ne peut pas vous les reprendre. Ce n'est pas vrai", abonde Roland Papp.
"La marche des fiertés de Budapest était célébrée depuis 30 ans et là nous revoilà de retour dans une période horrible", déplore ce Hongrois, vêtu d'un t-shirt avec la tête de Viktor Orban recouverte d'un drapeau arc-en-ciel, aux couleurs du mouvement LGBT+.
Ce journaliste de 35 ans évoque avec nostalgie les nombreuses pride de Budapest auxquelles il a participé, un "événement festif", avec "de la super musique" et tous ses amis.
Et promet d'être présent dans la capitale hongroise le 28 juin pour l'édition que le gouvernement hongrois cherche à interdire.
- Rendez-vous le 28 juin -
Après une série de prises de parole, le maire de Budapest, Gergely Karácsony, est accueilli sur scène par deux drag queen et un rugissement de la foule.
"Je viens d'un pays qui aime la liberté, parce qu'il a énormément souffert dans le passé pour être libre", lance l'élu écologiste.
"La marche des fiertés de Budapest ne peut pas être interdite, pour la simple raison que l'amour et la liberté ne peuvent être interdits", affirme l'édile, connu pour être un farouche opposant aux politiques de Viktor Orban.
Avant qu'il n'invite les milliers de manifestants à se rendre dans sa ville le 28 juin, pour se mêler à un cortège auquel des dizaines d'eurodéputés ont déjà promis de se mêler.
L'objectif: faire de cette pride la "plus grande, la plus colorée et la plus internationale" jamais vue.
"On se voit à Budapest!"
A.Ruiz--AT