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Le prince Harry et d'autres plaignants veulent un dédommagement "substantiel" du Daily Mail
Les avocats du prince Harry et de six autres personnalités réclament des dommages-intérêts "substantiels" de la société éditrice du Daily Mail, dont le procès pour atteinte à la vie privée devant la Haute Cour de Londres doit s'achever mardi.
Ces plaignants, parmi lesquels figurent aussi Elton John et l'actrice Elizabeth Hurley, accusent Associated Newspapers Ltd (ANL), propriétaire du Daily Mail et du Mail on Sunday, d'avoir obtenu des informations sur eux de manière illégale, notamment en recourant à des détectives privés.
Ils ont livré des témoignages souvent empreints d'émotion au cours de ce procès qui a commencé il y a plus de deux mois, reprochant aux tabloïds d'avoir écouté des conversations privées ou encore menti pour obtenir des informations médicales.
"Il est demandé à la Cour d'accorder des dommages-intérêts substantiels (...) à chacun des plaignants pour l'usage abusif d'informations à caractère privé les concernant", ont déclaré les avocats dans leurs conclusions écrites finales.
Il s'agit du dernier procès intenté contre les tabloïds par Harry, fils cadet de Charles III, qui mène depuis plusieurs années une croisade judiciaire contre la puissante presse à scandale britannique.
- "Monstrueux" -
Harry, qui vit en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, tient les paparazzi pour responsables de la mort de sa mère Diana en 1997 à Paris. Il a aussi accusé la presse de harcèlement envers Meghan.
A la barre du tribunal en janvier, au bord des larmes, il avait accusé les tabloïds d'avoir rendu la vie de son épouse "absolument infernale". Il avait aussi raconté à quel point les intrusions répétées des journaux dans sa vie privée l'avaient rendu "paranoïaque à l'extrême".
Harry, 41 ans, s'est mis en retrait de la famille royale en 2020 et a déménagé aux Etats-Unis.
L'actrice britannique Liz Hurley avait aussi fondu en larmes en reprochant aux tabloïds d'avoir placé des micros sur les fenêtres de sa maison, dénonçant des agissements "monstrueux".
Elton John avait également laissé éclater sa colère en fustigeant les "odieuses" atteintes à sa vie privée de la part de ces publications, accusées notamment d'avoir accédé à des données médicales entourant la naissance de son fils Zachary.
Le procès doit se conclure après les dernières plaidoiries. La décision du juge devrait être rendue par écrit à une date ultérieure.
– "Dans les règles" –
L'avocat des plaignants, David Sherborne, a estimé lundi que les journalistes du Daily Mail entendus au tribunal n'avaient "pas pu expliquer (comment ils avaient obtenu) les informations exclusives contenues dans leurs articles".
Le prince Harry et les autres plaignants assurent que leurs proches n'auraient jamais divulgué les informations privées révélées dans une série d'articles publiés entre 2000 et 2015.
La société ANL dément fermement quant à elle tout comportement illégal, affirmant que ses journalistes ont recouru à des moyens et à des sources d'information légitimes.
Le reporter en chef du Daily Mail, Sam Greenhill, a qualifié devant le tribunal les accusations d'écoutes téléphoniques de "foutaises absolues".
Une autre journaliste, Barbara Jones, a notamment assuré qu'elle avait elle-même trouvé des informations sur l'ancienne petite amie de Harry, et qu'elle "n'avait pas eu recours, et n'avait pas eu besoin de recourir à" un détective privé.
Mais Dan Portley-Hanks, détective privé américain, a déclaré se souvenir d'avoir travaillé pour le Daily Mail sur des sujets liés au prince Harry. "Je sais que j'ai fait des choses illégales le concernant, mais je ne me rappelle plus exactement quoi", a-t-il écrit dans une déclaration.
ANL a soutenu qu'il n'existait aucune preuve de "ces soi-disant aveux".
T.Perez--AT