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Le président Trump s'émeut de la faim à Gaza, où Israël poursuit ses frappes meurtrières
Le président américain, Donald Trump, s'est engagé vendredi à "régler" la situation dans la bande de Gaza "affamée", la Défense civile recensant pour sa part plus de 50 morts dans des bombardements israéliens dans le territoire dévasté par 19 mois de guerre.
"Nous nous intéressons à Gaza. Et nous allons faire en sorte que cela soit réglé. Beaucoup de gens sont affamés", a déclaré M. Trump, dans un contexte de pressions internationales pour qu'Israël laisse entrer l'aide humanitaire dans le territoire exsangue.
La principale association israélienne de familles d'otages a pour sa part appelé vendredi le Premier ministre israélien à ne pas manquer une "occasion historique" pour la libération de leurs proches, détenus à Gaza depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
Elle a exhorté Benjamin Netanyahu pour ce faire "à unir ses efforts à ceux du président Trump", qui conclut à Abou Dhabi une tournée dans le Golfe.
Après un bilan de plus de 100 morts jeudi, la Défense civile de Gaza a fait état d'au moins 56 personnes tuées vendredi dans "des bombardements israéliens sur des habitations depuis minuit", indiquant que les opérations de recherches se poursuivent dans les décombres.
Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas commenté ses frappes.
- "Comme la fin du monde" -
Dans le nord du territoire, l'hôpital indonésien de Beit Lahia a reçu 30 corps, a indiqué à l'AFP un médecin sous le couvert de l'anonymat, et l'hôpital Al-Awda de Jabalia cinq corps et "plus de 75 blessés", selon son directeur par intérim, Mohammed Salha.
Dans le premier établissement, des images de l'AFP montrent des habitants, dont des enfants ayant perdu leur mère, s'y lamenter sur le corps de leurs proches, et des blessés soignés à même le sol au milieu des cris et pleurs.
"Nous dormions quand soudain tout a explosé autour de nous (…) Il y avait du sang partout. Nous ne savions pas qui était mort et qui était encore en vie", témoigne Oum Mohamed al-Tatari, 57 ans du secteur de Tel al-Zaatar.
A Beit Lahia, Said Hamouda, 41 ans, témoigne d'une "scène indescriptible, comme si c’était la fin du monde". "Ils ont ciblé des habitations pleines de civils alors qu’ils dormaient".
Malgré une montée en puissance des critiques internationales sur sa conduite de la guerre, déclenchée par l'attaque du 7-Octobre, M. Netanyahu a averti lundi d'une prochaine entrée "en force" de l'armée à Gaza pour "achever l'opération et vaincre le Hamas".
Rompant une trêve de deux mois, le pays a repris son offensive le 18 mars avec l'objectif déclaré d'obtenir la libération de tous les otages encore retenus à Gaza, s'emparant de larges pans du territoire.
Depuis le 2 mars, les forces israéliennes bloquent aussi toute entrée d'aide humanitaire dans Gaza, vitale pour les 2,4 millions d'habitants, désormais menacés d'une "famine de masse", selon plusieurs ONG.
- Le blocus comme "outil d'extermination" -
L'ONG Human Rights Watch a accusé Israël de faire de son blocus "un outil d'extermination".
Après une relance des efforts de médiation en amont de la tournée de Donald Trump, le Hamas a de son côté posé comme "exigence minimale pour instaurer un environnement propice et constructif aux négociations" la reprise de l'aide humanitaire.
Le mouvement islamiste a aussi affirmé que Gaza n'était "pas à vendre", après que le président américain a affirmé vouloir que les Etats-Unis "prennent" la bande de Gaza pour "en faire une zone de liberté".
L'ONU a pour sa part indiqué qu'elle ne participerait pas à des distributions d'aide à Gaza par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une ONG créée de toutes pièces et soutenue par Washington, qui avait annoncé se préparer à livrer des repas à Gaza d'ici fin mai.
L'attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.
Sur les 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l'armée israélienne.
Les représailles israéliennes ont fait au moins 53.010 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les dernières données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
O.Ortiz--AT