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Le calme revenu à la frontière de l'Inde et du Pakistan, leurs généraux reprennent langue
Généraux indiens et pakistanais doivent s'entretenir lundi à la mi-journée de la situation à leur frontière, où le calme est revenu après la confrontation militaire la plus grave entre les deux puissances nucléaires depuis deux décennies.
Pour la première fois depuis plusieurs nuits, l'armée indienne n'a fait état d'aucun incident significatif le long de la "ligne de contrôle" (LoC) qui sépare la région contestée du Cachemire entre les deux pays.
"La nuit est restée largement calme", a-t-elle constaté dans un communiqué.
Un échange téléphonique a été prévu à 06H30 GMT entre les chefs des opérations militaires des deux camps pour discuter de la situation sur le terrain, a fait savoir l'état-major indien.
La semaine dernière, l'Inde et le Pakistan se sont retrouvés au seuil d'une nouvelle guerre ouverte, échangeant les attaques de drones, les tirs d'artillerie et les frappes de missiles sur leurs sols.
Tout a démarré mercredi avant l'aube, lorsque des missiles indiens ont détruit sur le sol pakistanais des camps censés abriter le groupe jihadiste que New Delhi soupçonne d'avoir assassiné 26 civils le 22 avril dans sa partie du Cachemire.
Accusé de soutenir ce mouvement, le Pakistan a fermement démenti toute implication dans l'attaque et a aussitôt riposté, replongeant les deux puissances nucléaires rivales aux pires heures du dernier conflit ouvert qu'elles se sont livré en 1999.
Selon leurs décomptes très partiels, ces combats ont tué une soixantaine de civils des deux camps.
- "Missions accomplies" -
Alors que les hostilités ne montraient aucun signe de ralentissement, Donald Trump a créé la surprise samedi après-midi en annonçant avoir arraché "un cessez-le-feu total et immédiat".
Les deux capitales ont rapidement confirmé s'être accordées - "directement", a tenu à préciser New Delhi - pour rengainer leurs armes.
Quelques heures plus tard, l'Inde et le Pakistan se sont accusés de "violations répétées" de la trêve, alors que violentes détonations secouaient la nuit à Srinagar, la principale ville du Cachemire indien, et en plusieurs points du territoire indien.
Mais le calme est revenu à l'aube des deux côtés de la frontière, ont constaté les journalistes de l'AFP.
Dimanche soir, les hauts-gradés des deux camps se sont bruyamment félicités, photos et vidéos à l'appui, d'avoir rempli leur mission, en évitant soigneusement de faire état de leurs pertes.
"Les pertes font partie du combat", a concédé devant la presse le général AK Barthi, de l'armée de l'air indienne. "Mais la seule question est de savoir si nous avons atteint notre objectif. Et la réponse à cette question est un oui éclatant".
Le même aviateur a refusé de commenter les affirmations du Pakistan, qui dit avoir abattu cinq chasseurs indiens dont trois Rafale dernier-cri de fabrication française. "Tous nos pilotes sont rentrés", s'est-il contenté d'assurer.
Deux heures plus tard, le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Ahmed Chaudhry a salué avec le même enthousiasme "un succès sur le champ de bataille" de ses troupes.
- Trêves fragiles -
"Nous avons tenu la promesse que nous avions faite à notre peuple", a-t-il ajouté, se vantant que "des dizaines de drones pakistanais ont survolé l'Inde, notamment New Delhi".
Les généraux des deux camps ont également souligné qu'ils restaient sur le qui-vive.
Malgré le cessez-le-feu, la prudence reste aussi de mise dans les populations, encore sous le choc de la violence des derniers jours.
"Un cessez-le-feu signifie que tout est réglé mais ce n'est clairement pas le cas", a confié à l'AFP Kuldeep Raj, 56 ans, un habitant du village indien de Kotmaira, victimes samedi soir de tirs d'artillerie pakistanais malgré la trêve.
"Cela fait 50 ans que je vis le long de la LoC. Les trêves sont annoncées et les échanges de tirs reprennent quelques jours plus tard", a lancé en écho Mohammed Munir, un fonctionnaire pakistanais de 53 ans vivant à Chakhoti.
L'Inde et le Pakistan revendiquent l'entière souveraineté du Cachemire depuis leur indépendance en 1947.
En annonçant le cessez-le-feu, Donald Trump avait évoqué samedi des discussions en vue d'une "solution au Cachemire". Une source gouvernementale à New Delhi a toutefois rapidement écarté cette éventualité.
"Les relations (entre les deux pays) vont rester hostiles, les relations vont rester difficiles", prédit Praveen Donthi, analyste au centre de réflexion International Crisis Group (ICG).
burs-pa/pt
P.A.Mendoza--AT