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Le Pakistan et l'Inde se renvoient la responsabilité de leur pire confrontation depuis des décennies
Le Pakistan et l'Inde se sont à nouveau renvoyés vendredi la responsabilité des combats qui les opposent depuis trois jours à leur frontière et ont tué une cinquantaine de civils des deux camps.
Les appels à la désescalade qui se succèdent dans les capitales étrangères n'y ont rien changé.
Depuis les frappes indiennes menées mercredi sur le sol pakistanais en représailles à l'attentat commis le 22 avril dans la partie indienne du Cachemire, les frappes de missiles, les tirs d'artillerie et les attaques de drones se succèdent.
L'Inde accuse le Pakistan de soutenir le groupe jihadiste qu'elle soupçonne d'avoir assassiné 26 civils dans la ville touristique de Pahalgam, ce qu'Islamabad dément fermement.
Les tirs de missiles indiens ont été immédiatement suivis d'une riposte pakistanaise, entraînant les deux puissances militaires dans leur confrontation militaire la plus intense depuis plusieurs décennies.
Vendredi, l'Inde a signalé des tirs pakistanais dans la nuit "tout le long de la frontière" et de "multiples attaques" de drones, repoussées selon elle.
- Escadrons de drones -
La haut-gradée indienne a encore évoqué "des pertes et des blessés" dans les deux camps, sans plus de précision.
Le centre de recherche International Crisis Group (ICG) met en garde contre "les risques d'une escalade" du fait "de la rhétorique belliqueuse, l'agitation domestique et la logique jusqu'au-boutiste de la surenchère" des deux voisins.
De nouveau vendredi, l'armée pakistanaise a dit qu'elle n'irait "pas à la désescalade", tandis qu'Islamabad accusait New Delhi de précipiter les deux voisins "plus près d'un conflit majeur".
Plus tôt, le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, avait dit qu'il n'était "pas dans l'intention" de son pays de "causer une nouvelle escalade". Tout en promettant une "réponse très ferme" en cas de nouvelle attaque.
Si des deux côtés de la frontière, dirigeants et haut-gradés multiplient les menaces, les habitants, eux, enterrent leurs morts et disent se préparer au pire.
Des dizaines de millions d'enfants sont privés d'école. Côté Inde, les écoles ont été fermées dans tout le Cachemire indien ainsi qu'au Penjab et au Rajasthan. Côté Pakistan, les écoles du Cachemire et du Pendjab pakistanais, ainsi qu'à Islamabad ne rouvriront pas avant lundi.
Vingt-quatre aéroports du nord-ouest de l'Inde ont été fermés.
- "Neutralisés" -
Jeudi soir, la partie indienne du Cachemire, dont les deux pays revendiquent l'entière souveraineté, a été secoué par de nombreuses explosions.
New Delhi les a aussitôt attribuées à une série de frappes de drones et de missiles pakistanais visant des installations militaires. "Pas de pertes. La menace a été neutralisée", a affirmé le ministère indien de la Défense.
Plus tôt dans la journée, c'est Lahore, la grande ville pakistanaise frontalière de l'Inde, qui s'était réveillée au bruit des explosions.
L'Inde a affirmé avoir "neutralisé" la défense aérienne qui y était déployée, en réponse à une attaque nocturne de "missiles et de drones pakistanais" qui visait des "cibles militaires".
Après qu'un drone s'est abattu près du stade de cricket de Rawalpindi, Islamabad a annoncé relocaliser son championnat national aux Emirats arabes unis. New Delhi, de son côté, a suspendu vendredi sa très lucrative Première Ligue une semaine.
- "Pas notre affaire" -
Alors que les deux rivaux historiques, nés dans la douleur de la partition de 1947 au départ du colonisateur britannique, s'enferrent dans un état de guerre, Londres a appelé Islamabad vendredi.
Le ministre des Affaires étrangères, David Lammy a "souligné qu'il fallait que les deux parties exercent la retenue et aillent vers la désescalade" au téléphone avec son homologue pakistanais Ishaq Dar, rapporte le bureau de ce dernier.
Globalement toutefois, l'ICG s'inquiète du fait que "les puissances étrangères semblent assez indifférentes à la possibilité que deux Etats nucléaires partageant une longue histoire conflictuelle puissent entrer en guerre".
Jeudi, le vice-président américain JD Vance a plaidé pour la "désescalade". Mais, a-t-il aussitôt ajouté, "nous n'allons pas nous impliquer dans une guerre qui n'est fondamentalement pas notre affaire".
La confrontation entre les deux pays fait également rage sur le front de l'information.
L'Inde a ordonné jeudi à X de bloquer plus de 8.000 comptes, dont ceux de médias internationaux. Le réseau social a dit s'y être conformé à contrecœur, dénonçant une "censure".
New Delhi avait déjà exigé l'interdiction en Inde de plusieurs comptes de figures politiques, de célébrités ou encore de médias pakistanais.
burs-pa/sbh/ybl
A.Moore--AT