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Sommet arabe au Caire pour discuter d'une alternative au projet Trump sur Gaza
Les dirigeants arabes doivent discuter mardi au Caire d'un projet alternatif à celui de Donald Trump sur Gaza, qui prévoit un contrôle américain du territoire et l'expulsion de sa population, en pleine impasse de l'accord de trêve entre Israël et le Hamas.
Le plan du président américain, rejeté par les pays arabes, les Palestiniens et de nombreux autres Etats et organisations internationales, a été salué par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a affirmé lundi qu'"il est temps de donner aux habitants de Gaza la liberté de partir".
La bande de Gaza a été dévastée par 15 mois d'une guerre dévastatrice entre Israël et le Hamas, déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023.
L'ONU estime à plus de 53 milliards de dollars le coût de la reconstruction de ce territoire en ruines, où sont assiégés depuis près de 17 mois par Israël quelque 2,4 millions de Palestiniens.
A l'ouverture du sommet arabe extraordinaire vers 16H00 locales (14H00 GMT) le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa, doivent notamment prononcer des discours, selon l'ordre du jour publié par l'organisation panarabe.
La réunion se tiendra ensuite à huis clos pour finaliser et approuver la déclaration finale, d'après la même source.
Selon le chef de la diplomatie égyptienne Badr Abdelatty, qui a rencontré ses homologues lundi au Caire, un plan égyptien, dont les détails n'ont pas été rendus publics, devrait être présenté au sommet "pour approbation".
- "Juste le recommander" -
L'Egypte, qui a joué avec le Qatar et les Etats-Unis le rôle de médiateur dans l'accord de trêve à Gaza, a affirmé qu'elle "présenterait une vision globale" pour la reconstruction de Gaza garantissant que les Palestiniens restent sur leur terre.
Début février, M. Trump a proposé une prise de contrôle américaine de Gaza "après la fin des combats" et un déplacement de ses habitants vers l'Egypte et la Jordanie afin de reconstruire ce territoire et d'en faire la "Riviera du Moyen-Orient".
"Mon projet est la voie à prendre. Je pense que c'est un plan qui fonctionne vraiment, mais je ne l'imposerai pas. Je vais juste m'asseoir et le recommander", a-t-il ensuite affirmé face au refus égyptien et jordanien et au tollé international.
M. Netanyahu, pour qui M. Trump "est le meilleur ami qu'Israël ait jamais eu à la Maison Blanche", a loué un plan "révolutionnaire".
Avec la guerre à Gaza, "les riches sont partis, mais les pauvres sont restés, et sont soumis à l'autorité du Hamas qui les exploite à ses propres fins", a-t-il déclaré lundi. "Il est temps de donner aux habitants de Gaza la liberté de partir", a-t-il ajouté sans expliciter sa pensée.
- Menaces israéliennes -
Le Premier ministre israélien a aussi de nouveau menacé le Hamas, alors que l'accord de trêve à Gaza entré en vigueur le 19 janvier vacille en raison de profonds désaccords entre les deux camps.
"Je dis au Hamas: si vous ne libérez pas nos otages, il y aura des conséquences que vous ne pouvez pas imaginer", a-t-il lancé devant le Parlement, conspué par des proches d'otages lors d'une session chahutée.
Sur les 251 otages enlevés le 7 octobre 2023, 58 sont toujours retenus à Gaza, dont 34 déclarés morts par l'armée israélienne.
Après l'expiration samedi de la première phase de l'accord de trêve, Israël et le Hamas s'opposent sur la suite du processus. Première conséquence directe: le blocage israélien depuis dimanche de l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, frappée d'une crise humanitaire majeure.
Le gouvernement israélien soutient un compromis américain prévoyant une extension de la première phase jusqu'à la mi-avril et une accélération des libérations d'otages. A son terme, selon le bureau de M. Netanyahu, les derniers captifs seraient libérés en cas d'accord "sur un cessez-le-feu permanent".
Le Hamas campe lui sur la mise en oeuvre des deux étapes restantes de l'accord initial, prévoyant selon lui "un cessez-le-feu global et permanent" et le "retrait complet" israélien de Gaza, avant "la reconstruction et la levée du siège" du territoire.
L'attaque du 7-Octobre a fait 1.218 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.
La riposte de l'armée israélienne a fait au moins 48.397 morts à Gaza, en majorité des civils, d'après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
W.Moreno--AT