Arizona Tribune - La dette française, plutôt pour financer les missiles que le social, dit le patron de Bpifrance

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La dette française, plutôt pour financer les missiles que le social, dit le patron de Bpifrance
La dette française, plutôt pour financer les missiles que le social, dit le patron de Bpifrance / Photo: Ian LANGSDON - AFP/Archives

La dette française, plutôt pour financer les missiles que le social, dit le patron de Bpifrance

Le patron de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, a appelé vendredi à utiliser la dette pour financer l'armement et non les retraites, ce qui implique selon lui de réduire les dépenses sociales et réformer les retraites, car "ce qu'on met dans la baguette des Français, on ne le met pas dans les missiles qu'on pourrait fournir aux Ukrainiens".

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"On devrait utiliser notre dette pour financer notre réarmement et on l’utilise pour financer les retraites", a déploré le directeur général de la banque publique d'investissement qui participait à une table ronde aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence sur le thème du financement de la défense.

Participaient aussi à cette table ronde Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, Eric Béranger, PDG de MBDA, ou encore Gabriel Attal, candidat Renaissance à l'élection présidentielle 2027.

Interrogé sur le financement de la défense, Nicolas Dufourcq a indiqué que Bpifrance investissait environ 1,5 milliard d'euros par an, fléchés notamment vers des PME du secteur, mais l'effort reste insuffisant selon lui.

Sur l'Ukraine par exemple, "nos moyens financiers (...) sont tellement limités qu'on est derrière pas mal de pays européens sur le soutien à ce pays en termes de quantité d'armement et de budget, parce qu'on ne peut pas", a-t-il appuyé.

Selon lui, l'effort principal à faire reposerait sur une réforme du système des retraites.

Il a jugé nécessaire de "sanctuariser la loi de programmation militaire", soit environ "6 milliards d'euros" supplémentaires par an. Mais il est "impossible de dire aux Français que ça n'aura pas comme contrepartie des efforts encore plus importants sur le front des autres dépenses de la nation", évoquant les "dépenses sociales".

"Le pouvoir d'achat, c'est-à-dire le revenu qu'on donne aux Français toutes les semaines, tous les mois, qui leur permet de financer leurs factures d'eau, d'électricité, la baguette de la semaine, ça ne peut pas être de la dette, or ça fait 40 ans qu'on le fait. Ce qu'on met dans la baguette des Français, on ne le met pas dans les missiles qu'on pourrait fournir aux Ukrainiens", a-t-il dit.

D'ici 2030, "les budgets qui vont être alloués à la défense vont augmenter de 35 milliards", mais "il faudra investir beaucoup", 15 milliards, selon Nicolas Dufourcq, et sur ces 15 milliards d'euros, BPI "va faire à peu près la moitié".

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre 2026.

T.Wright--AT