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L'Otan, meilleure garantie pour l'Ukraine, selon la cheffe de la diplomatie de l'UE
L'Otan apporte la meilleure garantie de sécurité pour l'Ukraine, a affirmé jeudi à l'AFP la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, prenant directement le contrepied de Donald Trump.
Dans un entretien à Washington, la responsable a également prévenu que les Européens ne seraient pas en mesure de contribuer à un éventuel accord sur l'Ukraine s'ils n'étaient pas invités à la table des négociations, alors que le président américain négocie en direct avec son homologue russe Vladimir Poutine.
Pour Mme Kallas, ancienne Première ministre de l'Estonie, voisine de la Russie, les pays de l'Otan n'ont jamais attaqué la Russie qui a "peur de la démocratie".
"Pourquoi sommes-nous dans l'Otan? Parce que nous avons peur de la Russie. Et la seule chose qui fonctionne vraiment, la seule garantie de sécurité qui fonctionne, c'est le parapluie de l'Otan", a-t-elle affirmé.
Le président américain a écarté toute éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'Otan, à laquelle s'oppose Moscou, et reste vague sur les garanties de sécurité que les Etats-Unis seraient prêts à offrir en cas de cessez-le-feu, trois ans après l'invasion russe de l'Ukraine.
Donald Trump a aussi suggéré que l'Otan était "probablement la raison pour laquelle tout cela a commencé".
"Ces accusations sont totalement fausses", a rétorqué Mme Kallas. "C'est le discours russe que nous ne devrions pas croire."
Et, s'est-elle demandée, "pourquoi devrions-nous donner à la Russie ce qu'elle veut en plus de ce qu'elle a déjà fait, en attaquant l'Ukraine, en annexant des territoires et en occupant des territoires et, maintenant, en lui offrant encore plus".
"Imaginez un peu que les Etats-Unis après le 11-Septembre se soient assis à la table avec Oussama Ben Laden pour dire: +OK, qu'est-ce que vous voulez d'autre?+. C'est impensable", a-t-elle encore lâché.
La Russie insiste sur le fait que les Etats-Unis ont promis, à la fin de la Guerre froide, de ne pas élargir l'Otan.
- "Surprenantes" -
La Haute représentante se trouve en visite à Washington mais sans avoir rencontré son homologue américain Marco Rubio, officiellement en raison de "problèmes d'agenda", alors que les relations transatlantiques traversent de fortes tensions.
Le président américain s'en prend régulièrement à ses alliés européens au sein de l'Otan, les accusant de ne pas prendre leur part du fardeau.
Donald Trump, qui doit signer un accord sur l'exploitation de minerais ukrainiens vendredi à Washington avec le président Volodymyr Zelensky, refuse d'offrir des garanties de sécurité américaines à Kiev, jugeant que c'est aux Européens de le faire.
Mais pour Mme Kallas, "les Européens doivent être à bord" dans tout accord sur l'Ukraine.
"Nous devons participer à ces discussions. Je pense que sans cela, nous ne pouvons rien apporter", a-t-elle dit.
Mercredi, à la Maison Blanche, le président américain s'en est à nouveau pris aux Européens, disant que la construction européenne visait à "entuber" les Etats-Unis, tout en menaçant d'imposer des droits de douane à l'UE.
L'Union européenne, qui compte aujourd'hui 27 pays, a été créée dans le cadre des efforts déployés au XXe siècle pour éviter de nouveaux conflits après les deux guerres mondiales qui ont ravagé le continent.
Interrogée sur ces propos, la responsable européenne a parlé de déclarations "surprenantes", insistant au contraire sur les valeurs communes transatlantiques.
Parlant enfin des coupes budgétaires massives dans l'aide américaine au développement à l'étranger, elle a estimé que l'Europe "ne sera pas en mesure de combler le vide laissé par les Etats-Unis".
Mais le monde "se tourne vers nous" pour savoir ce que l'Europe peut faire de plus.
"Je pense que nous devons également accroître notre puissance géopolitique", a dit Mme Kallas. "Si l'Amérique se tourne vers l'intérieur, l'Europe, elle, se tourne vers l'extérieur."
Ch.Campbell--AT