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Sommet à Kiev pour le troisième anniversaire de l'invasion russe
Les dirigeants de 13 pays se retrouvent lundi à Kiev pour réaffirmer leur soutien à l'Ukraine au troisième anniversaire de l'invasion russe, au moment où le revirement des Etats-Unis a changé la donne du conflit.
"Nous avons une rencontre importante demain, un sommet. Peut-être que ce sera un tournant", a déclaré dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky à propos de cette réunion à laquelle 24 autres dirigeants se joindront par visioconférence.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez sera du voyage à Kiev, tout comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Cette dernière a dit avoir "fait le point" avec le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui se rendent aux Etats-Unis respectivement lundi et jeudi.
Confrontés à la menace russe et au revirement américain, les Européens, affaiblis, tentent de se mobiliser. Le président du Conseil européen Antonio Costa a pour sa part annoncé un sommet spécial pour le 6 mars car "nous vivons un moment décisif pour l'Ukraine et la sécurité européenne".
- "Capacité de défense européenne" -
Le chef de file des démocrates-chrétiens allemands Friedrich Merz, qui a remporté les législatives de dimanche et a toutes les chances de devenir le prochain chancelier, a d'emblée affiché comme "priorité absolue" la création d'une "capacité de défense européenne autonome" comme alternative à "l'Otan dans sa forme actuelle".
Après s'être aligné sur la position russe qui juge l'Ukraine responsable du déclenchement du conflit le 24 février 2022 et avoir ouvert des pourparlers avec Moscou sans participation ukrainienne ou européenne, le président américain Donald Trump insiste sur sa volonté de récupérer le montant de l'aide fournie depuis cette date en obtenant un accès aux ressources minières ukrainiennes.
M. Zelensky a exclu de signer un texte que "dix générations d'Ukrainiens" devront payer.
M. Trump a aussi qualifié de "dictateur sans élections" M. Zelensky, élu en 2019 pour cinq ans mais qui reste au pouvoir en raison de l'impossibilité d'organiser un scrutin en pleine guerre. Le président ukrainien a affirmé dimanche ne pas être "offensé" par ces propos car il était "un président légitimement élu".
Washington prépare en outre un sommet entre M. Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, et a jugé irréaliste une adhésion de l'Ukraine à l'Otan.
Cette volte-face américaine après trois ans de soutien militaire ininterrompu a abasourdi un grand nombre d'Ukrainiens, qui redoutent que leur pays soit forcé d'accepter des concessions territoriales en échange d'un cessez-le-feu.
- "Plus rien à perdre" -
Si le président ukrainien accepte de céder à la Russie les régions qu'elle occupe actuellement, "les gars qui se battent maintenant pour notre terre (...) n'écouteront pas Zelensky et nous continuerons à pousser", prévient Oleksandre, commandant d'une unité d'assaut dans la 93ème brigade.
Beaucoup d'hommes ont déjà perdu "leur maison, leurs familles, leurs enfants" et n'ont "plus rien à perdre", juge le militaire ukrainien.
Des manifestations de soutien à l'Ukraine ont déjà eu lieu dimanche à Paris, à Prague, à Vilnius, devant l'ambassade de Russie à Washington et dans plusieurs autres villes américaines. D'autres rassemblements sont prévus lundi, notamment à Londres.
De son côté, la Russie ne cache pas sa satisfaction après avoir vu Donald Trump briser l'isolement voulu par les Occidentaux de Vladimir Poutine et l'ouverture de pourparlers bilatéraux.
"Le dialogue a lieu entre deux présidents vraiment remarquables. C'est prometteur. Il est important que rien ne vienne gêner la mise en oeuvre de leur volonté politique", s'est félicité dimanche le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Moscou a annoncé qu'une nouvelle rencontre de diplomates russes et américains aurait lieu en fin de semaine, après celle du 18 février en Arabie saoudite des ministres des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Marco Rubio.
Dans une initiative lourde de sous-entendus, les Américains ont proposé à l'Assemblée générale de l'ONU un projet de résolution qui ne mentionne pas l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Et ce alors même que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé dimanche à une paix "juste" qui respecte cette "intégrité territoriale".
G.P.Martin--AT