-
Pensions, âge de départ, déficit: les retraites en chiffres
-
Indonésie: à Bornéo, un groupe de femmes lutte contre le feu et le sexisme
-
Dangote va poser au Kenya la première pierre de sa seconde mégaraffinerie en Afrique
-
Allemagne: chômage stable en septembre, la relance automnale reste poussive
-
Dans la Drôme, un élevage de poules se débarrasse de ses cages, à l'image de la filière
-
Le kérosène cher compromet l'avenir de compagnies aériennes à prix bas
-
Gims, le promoteur immobilier marocain et les soupçons de blanchiment monstre
-
Les lanceurs d'alerte cyber à la poursuite des fuites de données
-
Les violences en Cisjordanie attisées par une nouvelle génération radicale de colons
-
Budget 2027: une taxe sur les produits sucrés est "sur la table", annonce le ministre du Commerce
-
Les ministres du Commerce du G20 réunis aux États-Unis, les droits de douane en embuscade
-
Les Bourses européennes en hausse
-
France : l'inflation grimpe à 3% sur un an en septembre, selon l'Insee
-
Trump-Lula, une relation en dents de scie
-
Remboursement des culottes menstruelles : un "défi industriel" pour le made in France
-
Somalie : la Turquie, partenaire majeur, happée dans les rivalités internes
-
Appelés aux urnes, les russophones de Lettonie ne veulent pas être "sauvés" par Poutine
-
Le Parlement roumain vote une nouvelle fois pour tenter de former un gouvernement
-
Grèce: Thymaina, l'île qui ne compte plus que deux écoliers
-
Monique Barbut remet son plan pour accélérer l'adaptation au changement climatique
-
Fin de la mission en Irak de la coalition antijihadiste dirigée par les Etats-Unis
-
Boeing va fabriquer le futur avion de combat de l'US Navy, et celui de l'Air Force
-
La Cour suprême américaine lève de nouveau des limites aux expulsions d'immigrés vers des pays tiers
-
Explosions dans la DMZ : Séoul exige des excuses, Pyongyang nie toute implication
-
Infections et cancers : des liaisons parfois dangereuses, souvent évitables
-
Milei en France en promoteur d'une Argentine ouverte aux affaires, mais qui patine
-
Mediapart dénonce la "violence sidérante" du RN après ses révélations sur Bardella
-
Ligue des nations: l'Angleterre gagne en République tchèque grâce au duo Gordon-Kane
-
Concurrence dans Android et la recherche en ligne: Google attaque des décisions de Bruxelles
-
Une ONG attaque OpenAI pour infraction à la loi sur les cyberattaques après l'incident Hugging Face
-
Ligue des nations: l'Espagne réussit son retour à la maison, Lamine Yamal inarrêtable
-
Sous l'oeil de Trump, les patrons de l'IA promettent de s'auto-réguler
-
Wall Street clôture en baisse, les taux touchent des sommets
-
Club Dorothée et Les Guignols favoris des téléspectateurs sur les 40 dernières années, selon un sondage
-
ONU: le Conseil de sécurité prolonge de six mois la force contre les gangs en Haïti
-
Angélique Kidjo exhorte les Africains à "créer ensemble"
-
Poussée de tension entre BFMTV, des lycéens et le maire de Saint-Denis
-
Trump plaide pour "l'auto-régulation" en recevant les grands patrons de l'IA
-
Espagne : face à la colère sociale, le gouvernement s'attaque à la crise du logement
-
Le Pacifique mexicain résiste au passage de l'ouragan Polo
-
En Espagne, Macron livre ses recettes contre la montée des "extrêmes" en Europe
-
Alerte près d'une base militaire en Angleterre: de l'essence mais aucun explosif retrouvé
-
Trump réunit les grands noms de l'IA à la Maison Blanche
-
Nombre de maternités: la mission "périnatalité" critique un modèle "insoutenable"
-
Foot: nouvelle passe d'armes entre l'UEFA et la Fifa
-
Foot: Manchester City reconnu "coupable" de "graves" infractions financières de 2009 à 2018 par la Premier League
-
Accusé d'antisémitisme, Bardella dénonce "une guerre totale" contre le RN, Mediapart fustige "la violence sidérante de l'extrême droite"
-
Birmanie : 50 morts sur un marché bombardé par l'armée, selon des sources humanitaires
-
Energie: l'Union européenne s'attend à un hiver difficile, avec des prix très élevés
-
La Bourse de Paris lestée par les incertitudes budgétaires, le taux français dépasse 4,80%
Les survivants de la bombe A au Japon: de discriminés à Nobélisés
Les survivants des bombardements atomiques américains sur le Japon recevront mardi le prix Nobel de la paix, mais après des décennies passées à témoigner, ils restent marqués par le douloureux souvenir de la discrimination.
Le gouvernement nippon recense environ 106.800 "hibakusha" (littéralement "personnes affectées par la bombe") toujours en vie aujourd'hui, rescapés des bombardements de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, qui ont conduit à la capitulation du Japon et à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Leur moyenne d'âge est de 85 ans.
Ces survivants "étaient victimes d'une terrible discrimination en raison de leurs cicatrices et de leur exposition aux radiations", raconte à l'AFP l'une d'entre elles, Reiko Yamada, âgée de 90 ans.
Certains hibakusha "ont été dépouillés de tout ce qu'ils possédaient". "Les gens leur disaient: +Ne vous mariez pas+ ou +Ne vous approchez pas, vous êtes contagieux+".
Mme Yamada avait 11 ans et vivait à Hiroshima lorsque les Etats-Unis ont largué la première bombe A sur cette ville de l'ouest du Japon, tuant environ 140.000 personnes. Trois jours plus tard, une autre attaque sur Nagasaki a fait 74.000 morts supplémentaires.
Durant six décennies, cette survivante a voyagé dans le monde entier pour partager son expérience, que beaucoup préféraient taire: "lorsque je visitais les maisons des hibakusha, certains me chuchotaient: +Vous êtes une hibakusha, n'est-ce pas? Moi, je n'en parle pas à mes enfants+".
Le prix Nobel de la paix a été décerné à l'association Nihon Hidankyo qui regroupe des survivants de la bombe A, faisant campagne pour les droits des hibakusha et pour un monde sans armes nucléaires.
- Se fondre dans la population -
Mais cette reconnaissance ultime arrive trop tard pour de nombreux militants de la première heure qui avaient témoigné de leur traumatisme et de leurs blessures physiques, dans l'espoir d'empêcher que d'autres ne souffrent comme eux.
Terumi Tanaka, le coprésident de Nihon Hidankyo, âgé de 92 ans, a récemment déclaré à la presse qu'il était "triste et frustrant" que "tant de personnes qui se tenaient à mes côtés" ne soient pas là pour partager l'honneur.
Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux jeunes sont partis vers les grandes villes à la recherche de travail et d'une meilleure éducation, y compris des hibakusha, dont beaucoup ont choisi de vivre dans un relatif isolement, tentant de se fondre dans la population.
"Beaucoup ont eu des difficultés", préférant souvent ne pas avoir d'enfants en raison des inquiétudes suscitées par les effets des radiations, raconte Michiko Murata, 73 ans, de l'association de hibakusha Toyukai.
Des membres de Toyukai ont construit une tombe commune à Tokyo en 2005, où reposent environ 60 personnes. Mais avec l'âge, il est devenu trop difficile d'y organiser des cérémonies chaque année, et celle de l'an prochain sera la dernière.
"Nous inscrivons ici avec nos vies: ne tolérez jamais les bombes nucléaires", peut-on lire sur une pierre près de la tombe.
Beaucoup de hibakusha n'avaient pas de famille pour leur offrir des funérailles dignes de ce nom, se souvient Michiko Murata.
"Ils vivaient seuls, donc après leur mort, ils voulaient être avec d'autres, dans un endroit où ils pourraient parler d'Hiroshima et de Nagasaki sans craindre d'être discriminés".
- Lumière aveuglante -
Reiko Yamada dit n'avoir pas subi cette stigmatisation, au prix du silence. "Ma famille n'en parlait jamais, même entre nous", témoigne-t-elle.
Le matin d'août où la bombe a été larguée sur Hiroshima, elle était assise à l'ombre d'un arbre dans la cour de récréation de son école, lorsqu'elle a vu un bombardier B-29 étincelant dans le ciel.
Elle se souvient ensuite d'une lumière aveuglante. De rafales de sable chaud qui l'ont projetée au sol. Du ciel assombri et d'une pluie noire de matières radioactives. D'une soudaine sensation de froid.
"Je ne savais pas ce qui se passait."
Reiko Yamada a appris plus tard qu'environ 2.300 corps avaient été brûlés dans l'enceinte de son école, suffisamment loin de l'épicentre pour ne pas avoir été totalement détruite.
"Il n'y avait aucune trace de leurs noms. Ils sont devenus des +personnes disparues+".
Aujourd'hui, alors que les guerres font rage dans le monde entier, Mme Yamada estime que le prix Nobel a validé le travail des survivants.
"J'espère transmettre notre rêve à ceux qui pourront en hériter et continuer."
Ch.Campbell--AT