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Macron ouvre un 2e round de concertations, LFI appelle à manifester
Emmanuel Macron a entamé mardi de nouvelles consultations pour trouver un Premier ministre, cette fois sans le RN ni LFI, après avoir balayé l'option Lucie Castets et ainsi suscité l'ire de la gauche dont une partie appelle à manifester le 7 septembre contre ce qu'elle considère comme un "coup de force".
Contrairement aux rendez-vous organisés vendredi et lundi, ces nouvelles rencontres pour résoudre une crise politique inédite depuis des décennies se tiennent à l'écart des caméras. Le chef de l'Etat a ainsi reçu des représentants du groupe centriste Liot (Libertés, indépendants, Outre-mer et territoires), qui compte 22 députés, ainsi que son allié du Modem, François Bayrou. Les élus des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, Annie Genevard et Bruno Retailleau, devraient suivre mercredi.
"Les travaux continuent. La porte est ouverte et je reçois tous ceux qui veulent bien venir continuer à œuvrer pour l'intérêt supérieur du pays", a simplement commenté le chef de l'Etat lors d'une brève déclaration sur le perron de l'Elysée.
La liste complète des interlocuteurs du président reste inconnue, ses services n'ayant fourni aucun indice sur les "personnalités se distinguant par l'expérience du service de l'Etat et de la République" qu'il souhaite rencontrer.
Pour François Bayrou, interrogé sur franceinfo, c'est notamment aux anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, ou à celles et ceux ayant occupé "des fonctions de gouvernement importantes", ou ayant "incarné des courants et des sensibilités politiques", qu'il "faut parler".
Mais pas aux représentants de l'extrême droite, qui accuse M. Macron d'avoir "semé le chaos", comme l'a répété le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu sur TF1.
- "Colère immense" -
A gauche non plus, La France insoumise (LFI) ne recevra pas de carton d'invitation. Présenté comme un épouvantail par ses adversaires macronistes et de droite, le parti de Jean-Luc Mélenchon avait de toute façon décliné d'avance, tout comme ses partenaires au sein du Nouveau Front populaire (NFP), les socialistes, les écologistes et les communistes.
Ce refus équivaut à un "coup de force", s'est indignée mardi LFI, qui avec plusieurs organisations syndicales lycéennes et étudiantes appelle à une "grande manifestation" à Paris le 7 septembre. "Nous voulons qu'un maximum de monde soit dans la rue" à cette date, car "la colère est immense", a commenté sur BFMTV la députée insoumise Aurélie Trouvé.
Dès lundi soir, le dirigeant des communistes Fabien Roussel avait également prôné une "grande mobilisation populaire".
Dans ce contexte, hors de question pour la gauche de poursuivre les échanges avec un président qui "refuse de nous laisser mettre en place la politique qu'on propose", a affirmé la candidate du NFP pour Matignon, Lucie Castets. La haute-fonctionnaire de 37 ans reste néanmoins "disponible pour discuter de nouveau s'il s'agit des modalités d'une cohabitation", a-t-elle précisé sur France Inter.
Ses soutiens ont été plus véhéments. Le numéro un du parti socialiste Olivier Faure a exclu sur France 2 de se rendre "complice d'une parodie de démocratie" et de jouer "les supplétifs d'une macronie finissante".
- "Cirque" -
"On ne va pas continuer ce cirque", a tranché la cheffe des écologistes Marine Tondelier, dénonçant sur franceinfo un "simulacre de consultation avec un président qui de toute façon n'écoute pas".
Ce qui n'empêche pas le camp présidentiel de continuer à lorgner du côté des socialistes. Gérald Darmanin les a appelés à se montrer "responsables" pour construire une "coalition large", assurant sur BFMTV et RMC que les macronistes "pourraient se mettre d'accord sur un minimum" avec eux pour "permettre à la France de fonctionner".
"Quand l'essentiel est en jeu, il faut se mettre d'accord", a insisté le ministre de l'Intérieur démissionnaire, toujours membre d'un gouvernement Attal qui expédie les affaires courantes depuis 42 jours - record absolu depuis l'après-guerre.
A droite, Laurent Wauquiez refuse cependant toute coalition, au gouvernement comme au Parlement. Mais son parti doit être responsable" et "voter ce qui va dans le bon sens" pour "ne pas laisser la France aller dans le mur", a jugé sur RTL la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.
Pour l'heure, la solution du casse-tête politique ne semble pas en vue. Et le président n'a plus beaucoup de temps pour le résoudre.
Un budget doit en effet être présenté le 1er octobre à l'Assemblée. Et à plus court terme, son agenda est déjà bien rempli: il devait recevoir mardi après-midi le Premier ministre irlandais Simon Harris, ouvrir mercredi soir les Jeux paralympiques à Paris, et s'envoler jeudi après-midi pour une visite en Serbie.
fff-gbh-ldp-ab/hr/as
P.Smith--AT