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Le blocage pour Matignon persiste à l'issue des consultations de Macron
Toujours pas de fumée blanche pour Matignon. A l'issue des consultations organisées par Emmanuel Macron pour tenter de sortir de l'impasse née des législatives, plusieurs points de blocage semblaient demeurer lundi pour former un gouvernement.
Même l'éventuelle organisation d'une deuxième vague de discussions, évoquée par le chef de l'Etat dans certains entretiens, divise la classe politique.
Le Nouveau Front populaire (NFP) a ainsi prévenu, dans un communiqué commun des formations qui composent l'alliance de gauche, qu'il ne retournerait à l'Elysée que pour discuter avec le président "des modalités d'une cohabitation" avec un gouvernement dirigé par Lucie Castets, sa candidate pour le poste de Première ministre.
La gauche, qui reproche à Emmanuel Macron de "tergiverser", a remporté le plus de députés à l'Assemblée nationale les 30 juin et 7 juillet, mais loin de la majorité absolue.
Mais la droite, le Rassemblement national et même plusieurs voix du camp présidentiel continuent de menacer de censure toute équipe émanant du NFP.
Après avoir reçu les représentants de la gauche, de la Macronie et des Républicains vendredi, Emmanuel Macron a accueilli lundi les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, ainsi que les chefs du Rassemblement national.
Marine Le Pen et Jordan Bardella sont sortis à la mi-journée dans les jardins du palais présidentiel pour réaffirmer devant la presse leur intention de censurer "un probable gouvernement du Nouveau Front populaire".
Et ce, même sans ministre insoumis: "ça ne change strictement rien", a tranché la cheffe des députés d'extrême droite, qui a réclamé l'ouverture d'une session extraordinaire du Parlement en septembre pour "que l'Assemblée nationale puisse être en situation d'opérer une censure si c'est nécessaire".
Dans la foulée, leur allié Eric Ciotti s'est également dit "totalement opposé à ce qu'il y ait un Premier ministre issu du NFP", qui subirait "immédiatement une censure des députés" de son groupe.
Ces consultations étaient censées déboucher sur la nomination d'un nouveau Premier ministre. Choix devenu urgent alors que Gabriel Attal, démissionnaire, gère les affaires courantes à Matignon depuis déjà 41 jours, du jamais-vu depuis l'après-guerre.
- Prise de parole? -
Le chef de l'Etat semble tenté de jouer les prolongations. La désignation d'un Premier ministre, espérée initialement vers mardi, n'est "pas exclue" cette semaine, mais pas garantie non plus, glisse désormais un conseiller de l'exécutif.
"Manifestement", elle "n'est pas imminente", a ironisé M. Ciotti, selon lequel le président a émis la possibilité d'une deuxième vague de consultations.
D'ici là, une prise de parole d'Emmanuel Macron est "nécessaire", a estimé le patron du MoDem François Bayrou dimanche sur LCI. Mais une expression présidentielle lundi soir, bien qu'évoquée par plusieurs sources, n'a toujours pas été confirmée.
Vendredi, le camp présidentiel avait fait savoir qu'il censurerait lui aussi tout gouvernement comprenant des ministres insoumis. Mais samedi, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a semblé bouger les lignes en évoquant l'hypothèse d'un soutien sans participation à un gouvernement Castets.
Depuis, plusieurs voix macronistes ont dit que leur ligne rouge demeurait, même sans ministres de LFI. Mais le parti présidentiel Renaissance n'a pas exprimé de position officielle.
Pour François Bayrou, l'opposition à un gouvernement NFP est justifiée "principalement en raison du programme", qui est "dangereux pour le pays".
"C'est un programme qui, s'il était mis en oeuvre, provoquerait une crise", a également prédit le chef des députés Horizons, Laurent Marcangeli, promettant dans Le Figaro de s'y opposer "avec tous les instruments que la Constitution nous offre".
- "Faire barrage" à la gauche -
Au fond, pour tous ceux qui ont échangé vendredi avec M. Macron, "le sujet c'est autant les ministres LFI que l'application stricte d'un programme du NFP lui-même inspiré de LFI", résume un proche du chef de l'Etat.
Ligne rouge qui vire à l'écarlate pour Laurent Wauquiez: le patron des députés Droite républicaine a réaffirmé dimanche sa volonté de "faire barrage" à LFI, de son point de vue "sans doute le plus grand danger politique pour notre pays".
Plus que le RN donc, dont l'abstention demeure indispensable afin d'installer un gouvernement de centre-droit et de faire passer avant la fin de l'année un budget. Budget qui devra quoi qu'il arrive être présenté avant le 1er octobre.
Le temps est ainsi compté pour le chef de l'Etat, qui doit par ailleurs participer mercredi à la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques, avant de s'envoler pour une visite en Serbie jeudi et vendredi. Au risque de retarder encore sa décision.
E.Rodriguez--AT