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Israël rejette un accord palestinien incluant le Hamas, raids israéliens à Gaza
Israël a rejeté mardi un accord entre les rivaux Hamas et Fatah sur une gouvernance commune des territoires palestiniens après la guerre dans la bande de Gaza, où les habitants continuent de fuir les secteurs bombardés par l'armée israélienne.
"Cela n'arrivera pas car le Hamas sera écrasé et (Mahmoud) Abbas (le chef du Fatah) observera Gaza de loin", a lancé le chef de la diplomatie israélienne, Israël Katz, dont le pays occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est depuis 1967 et mène une offensive à Gaza en riposte à une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.
"Au lieu de rejeter le terrorisme, Mahmoud Abbas étreint les meurtriers", a ajouté M. Katz.
Israël a juré de détruire le Hamas et refuse d'arrêter son offensive à Gaza avant de démanteler le mouvement islamiste qui a pris le pouvoir en 2007 à Gaza, deux ans après le retrait d'Israël de ce territoire qu'il a occupé pendant 38 ans.
A Pékin, le Hamas a annoncé avoir signé un accord avec 14 factions palestiniennes dont le Fatah. Le texte de l'accord évoque un "gouvernement d'union nationale temporaire, avec l'accord des factions palestiniennes", qui "exercerait son autorité et ses pouvoirs sur tous les territoires palestiniens" -la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-est.
L'Autorité palestinienne dirigée par M. Abbas et basée en Cisjordanie, a salué cet accord, qualifié de "pas important" vers "un Etat palestinien (...) indépendant" par le patron de l'ONU Antonio Guterres.
Un Etat auquel aspirent les Palestiniens mais rejeté par le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu. Le Parlement israélien a voté le 18 juillet une résolution contre la création d'un tel Etat.
- Netanyahu mercredi au Congrès -
En visite aux Etats-Unis, M. Netanyahu doit prononcer mercredi un discours devant le Congrès avant de rencontrer dans la semaine le président Joe Biden, la vice-présidente Kamala Harris et l'ex-président américain Donald Trump, ces deux derniers concourant pour la présidentielle de novembre.
Allié d'Israël et important soutien militaire, Washington s'est agacé des conséquences de l'offensive israélienne à Gaza, insistant sur la protection des civils et l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire palestinien assiégé par Israël depuis plus de neuf mois et menacé de famine selon l'ONU.
En riposte, Israël a lancé une campagne aérienne puis terrestre contre le territoire pauvre et surpeuplé, qui a fait jusque-là 39.090 morts, dont 84 ces dernières 24 heures, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.
- "On préfère mourir" -
Avec le Qatar et l'Egypte, Washington tente de relancer les négociations pour un cessez-le-feu associé à une libération des otages. Une délégation israélienne est attendue jeudi à Doha.
Accentuant la pression sur leur gouvernement, une foule d'Israéliens a de nouveau manifesté mardi soir à Tel-Aviv pour réclamer un accord garantissant la libération des otages.
"Scellez l'accord", peut-on lire sur des pancartes.
Dans la bande de Gaza, l'armée israélienne poursuit ses opérations, y compris dans des zones où elle avait dit avoir démantelé le Hamas, considéré comme terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.
Les bombardements israéliens ont visé Khan Younès et Rafah (sud), ainsi que Jabalia et la ville de Gaza (nord) où huit Palestiniens dont trois enfants ont été tués, selon la Défense civile locale.
L'armée a ordonné l'évacuation de l'est de Khan Younès, ville d'où elle s'était retirée début avril, en vue d'une nouvelle opération "contre les organisations terroristes" après des tirs de roquettes vers Israël. Des milliers ont fui le secteur dans la panique depuis lundi.
"Nous avons été déplacés tellement de fois que j'ai perdu le compte", déplore un Palestinien de Khan Younès. "On en est arrivé à un point où on préfèrerait mourir", lâche un peu plus loin une Palestinienne.
Des centaines de Gazaouis ont aussi quitté Bureij (centre) après un ordre d'évacuation de l'armée, à pied, en voiture, sur des remorques ou des charrettes tirées par des ânes.
La guerre a contraint la majorité des 2,4 millions de Gazaouis à se déplacer, alors que selon l'ONU aucun lieu n'est sûr à Gaza.
L'Organisation mondiale de la santé s'est dite inquiète de possibles épidémies à Gaza, ajoutant que 14.000 personnes pourraient avoir besoin d'une évacuation médicale hors du territoire qui manque de tout.
R.Chavez--AT