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Après une nuit tendue, les lendemains incertains inquiètent les Israéliens
Au lendemain d'une nuit tendue pour les Israéliens réveillés par les salves de missiles et drones iraniens qui ont visé le pays, le risque d'un embrasement est dans toutes les têtes et suscite chez certains "une grande peur".
À Jérusalem, le quotidien a repris lentement dimanche, premier jour de la semaine. Quelques commerces sont fermés dans les rues du centre ville mais la gare centrale ferroviaire et routière et le principal marché de la ville affichent leur effervescence habituelle.
Une lumineuse journée de printemps succède à une nuit interrompue par les sirènes d'alerte quand les premiers projectiles iraniens ont été interceptés par le "Dôme de fer", le système israélien de défense aérienne.
Yishai Levi, un habitant de la ville, affiche sa confiance dans ce bouclier : "Israël a prouvé une fois de plus sa supériorité technologique et mentale, et a géré la situation de manière impressionnante", assure à l'AFP cet homme de 67 ans.
Le soutien à Israël affiché par de nombreuses capitales dans son bras de fer avec Téhéran est un autre motif de satisfaction: "c'était bien de voir l'Occident à nos côtés et nous aider à nous défendre", confie Gil, un trentenaire.
Israël a imposé sa supériorité aérienne "en combinaison avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays", a affirmé le porte-parole de l'armée, Daniel Hagari.
"Nous sommes très, très heureux de l'alliance qui nous a aidé", confie Ayala Salant, une femme de 48 ans, à Jérusalem.
Mais elle ne cache pas trouver la situation "vraiment effrayante". "Nous espérons que cette escalade cessera bientôt", confie-t-elle.
- Danger aux frontières -
L'Iran dit avoir mené une riposte justifiée en représailles à la frappe qui a détruit son consulat à Damas le 1er avril, attribuée à Israël.
Son président Ebrahim Raïssi a mis en garde Israël dimanche, prévenant que la réaction de son pays serait "plus forte" en cas de "comportement imprudent" de son ennemi juré.
Jacob Colthof, psychologue à la retraite, assure à l'AFP qu'il n'a pas l'intention de modifier ses projets de voyage en Bulgarie pour la fête juive de Pessah qui approche. Il exhorte le gouvernement de Benjamin Netanyahu à ne pas répliquer à l'attaque de l'Iran.
"Je ne veux pas de la troisième guerre mondiale, il faut à tout prix éviter une escalade", martèle-t-il. "Mais avec bibi (Netanyahu) on ne sait jamais", soupire celui qui se décrit comme un "centriste" en désaccord avec beaucoup de choix du Premier ministre, à la tête d'une coalition de droite et d'extrême droite.
Pendant la guerre du Golfe, quand l'Irak avait tiré des missiles Scud sur Israël à plusieurs reprises en janvier et février 1991, le gouvernement israélien avait décidé de ne pas répliquer, rappelle-t-il encore.
"Cela avait fait débat mais c'est la meilleure décision qu'Israël ait prise à l'époque", estime M. Colthof.
"Nous devons réagir !", insiste au contraire Sharin Avraham, 31 ans. "Israël doit montrer (à l'Iran) qu'il est fort et que ça ne peut pas simplement passer comme ça. Nous ne sommes pas le punching-ball du monde".
Dans le nord d'Israël, souvent en première ligne lors d'attaques de roquettes des zones frontalières, comme celles tirées régulièrement par le Hezbollah libanais, l'inquiétude est palpable : "Nous ne sommes pas sur une île. Il y a des gens autour de nous pour lesquels nous avons peur", confie à l'AFP Wahib Khalayla, infirmier à la retraite de 68 ans dans la localité arabe de Majd al-Krum. "Nous avons peur qu'une guerre éclate".
F.Wilson--AT