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Gaza: Rafah se prépare à une possible offensive militaire d'Israël
La ville de Rafah, où s'entassent près de 1,5 million de Palestiniens, se prépare lundi à une possible offensive de l'armée israélienne, après que des médiateurs internationaux se sont retrouvés au Caire pour négocier une trêve dans la bande de Gaza.
Ces discussions, visant à aboutir aussi à la libération des otages retenus par le mouvement islamiste palestinien Hamas, connaissent "des progrès significatifs", a rapporté lundi le média égyptien pro-gouvernemental Al-Qahera News, citant une source égyptienne haut placée.
Dimanche, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a indiqué que les forces de son pays "se préparent à la poursuite de leurs missions (...) dans la zone de Rafah", ville frontalière de l'Egypte à la pointe sud de Gaza où sont regroupés près de 1,5 million de Palestiniens, en majorité des déplacés.
M. Netanyahu a réaffirmé sa détermination à éradiquer le Hamas "dans toute la bande de Gaza, y compris à Rafah", ville qu'il présente comme le dernier grand bastion du mouvement islamiste.
Alliés historiques d'Israël, les Etats-Unis ont à plusieurs reprises fait part de leur désapprobation quant à une éventuelle opération à Rafah, jugée trop coûteuse en vies humaines.
Dimanche, des dizaines de Palestiniens réfugiés à Rafah ont pris le chemin du retour à Khan Younès, aussitôt après le retrait israélien, selon des images de l'AFP.
A pied, en voiture ou sur des charrettes tirées par des ânes, des photos de l'AFP montrent des hommes et des femmes esseulés, marcher dans une ville devenue un champ de ruines.
"Toutes les rues ont été rasées au bulldozer. Et l'odeur... J'ai vu des gens creuser et sortir les corps", témoigne auprès de l'AFP Maha Taher, 38 ans, mère de quatre enfants, revenue dimanche à Khan Younès.
- "Progrès significatifs" -
Les annonces de l'armée israélienne sont intervenues en parallèle d'une nouvelle série de négociations indirectes au Caire entre le Hamas et Israël via les médiateurs internationaux que sont l'Egypte, les Etats-Unis et le Qatar.
La source citée par Al-Qahera News, média proche des services de sécurité égyptiens, a fait état de "progrès significatifs" en matière de rapprochement des points de vue sur plusieurs points de litige de l'accord en discussion.
Les délégations du Qatar et du Hamas sont parties du Caire et y reviendront "sous deux jours pour finaliser les termes de l'accord", indique par ailleurs le média.
Les délégations américaine et israélienne doivent, elles, quitter la capitale égyptienne "dans les prochaines heures" et des consultations vont se poursuivre au cours des prochaines 48 heures, explique la même source.
Samedi, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, a assuré qu'il ne renoncerait pas à ses exigences pour un accord: "un cessez-le-feu complet", un retrait israélien de Gaza, un retour des déplacés et un accord "sérieux" d'échange d'otages et de prisonniers palestiniens.
M. Netanyahu a rétorqué dimanche qu'il n'y aurait pas de cessez-le-feu sans la libération de tous les otages.
- Situation "plus que catastrophique" -
La guerre a été déclenchée le 7 octobre, lorsque des commandos du Hamas ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, entraînant la mort de 1.170 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l'AFP à partir des chiffres officiels israéliens.
Plus de 250 personnes ont été enlevées et 129 sont toujours détenues à Gaza, dont 34 sont mortes d'après des responsables israéliens.
Dimanche, ils étaient des milliers, massés devant le siège du Parlement israélien à Jérusalem, pour soutenir les familles des captifs retenus à Gaza. "A vous, qui êtes encore là-bas, tenez bon", a dit sur scène Agam Goldstein, 17 ans, otage libérée fin novembre.
En représailles à l'attaque du 7 octobre, Israël a juré de détruire le Hamas et a lancé des bombardements intenses sur le territoire palestinien avant d'y conduire une offensive terrestre.
Du côté palestinien, la guerre a coûté la vie à 33.175 personnes à Gaza, la plupart des civils, selon le Hamas.
Outre le bilan humain et les destructions, la guerre a provoqué une catastrophe humanitaire dans le territoire où 2,4 millions de Palestiniens sont menacés de famine, selon l'ONU. Strictement contrôlées par Israël, les aides acheminées par voie terrestre via l'Egypte arrivent au compte-gouttes.
"Mon fils de 8 ans me demande à manger mais je n'ai rien à lui donner (...) Je souhaite la mort pour moi et mes enfants pour être libérés de ce tourment", dit à l'AFP Labad, une mère de quatre enfants réfugiée chez des proches après la destruction de sa maison à Jabaliya (centre).
Dimanche, plusieurs agences des Nations unies et des organisations humanitaires ont qualifié de "plus que catastrophique" la situation à Gaza.
"Les maisons, écoles, hôpitaux sont en ruines. Les enseignants, médecins, humanitaires sont tués. La famine est imminente", a fustigé sur X la cheffe de l'Unicef, Catherine Russell.
Après la mort de sept travailleurs humanitaires - dont une Australienne - de l'ONG américaine World Central Kitchen dans une frappe israélienne le 1er avril, Canberra a chargé lundi un ancien responsable militaire de travailler avec Israël pour garantir la "transparence" de l'enquête.
La guerre a également des répercussions à la frontière entre le Liban et Israël. L'armée israélienne a affirmé dimanche avoir achevé une "nouvelle phase" dans sa préparation à "la guerre" à cette frontière où les échanges de tirs meurtriers avec le Hezbollah s'intensifient.
Sur le terrain de la justice, l'Allemagne fait quant à elle face lundi à des accusations du Nicaragua devant la plus haute juridiction de l'ONU, le pays d'Amérique centrale accusant Berlin de faciliter "la commission d'un génocide" contre les Palestiniens en soutenant militairement et politiquement Israël. Des incriminations que Berlin rejette.
D.Johnson--AT