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Macron au Brésil pour relancer le partenariat franco-brésilien
Le président français Emmanuel Macron est arrivé mardi au Brésil pour une visite de trois jours destinée à sceller les retrouvailles entre les deux pays, sous le signe de la défense de l'Amazonie.
Venu du département français de Guyane, M. Macron a été accueilli vers 16H30 (19H30 GMT) par son homologue Luiz Inacio Lula da Silva à Belém, ville du nord du Brésil qui accueillera en 2025 la COP30.
Environnement, défense, économie, géopolitique: les deux présidents, qui mettent volontiers en scène leur complicité, entendent montrer un rapprochement tous azimuts entre la France et le géant latino-américain, acteur-clef des "Brics", le bloc des pays émergents.
Près de Belém, l'un des grands centres urbains du bassin amazonien, les deux présidents vont rejoindre en bateau l'île de Combu. Ils y visiteront une micro-entreprise de production de cacao, censée illustrer que développement économique et protection de l'environnement peuvent aller de pair.
La déforestation dans l'Amazonie brésilienne a diminué de moitié en 2023, un succès pour le président Lula qui a promis de stopper le phénomène d'ici 2030. Au total, 5.152 km2 de forêt ont été détruits.
Un moment fort de ce premier jour doit être la remise par M. Macron de la Légion d'honneur au chef indigène Raoni Metuktire. Ce cacique du peuple kayapa est devenu ces dernières décennies l'icône planétaire de la défense de l'Amazonie.
Selon l'Elysée, la France souhaite honorer "une figure internationale de la lutte pour la préservation de la forêt amazonienne et de la culture des peuples premiers".
- Insultes sous Bolsonaro -
Il s'agit du premier voyage officiel d'un président français depuis onze ans sur les terres du géant sud-américain.
M. Macron entend tourner la page des années noires de la présidence d'extrême droite de Jair Bolsonaro (2019-2022).
En pleine crise sur les incendies en Amazonie, Jair Bolsonaro et ses ministres avaient eu des propos très désobligeants, et même insultants, envers le président Macron et son épouse.
"Nous sommes dans un moment franco-brésilien", se félicite l'Elysée. "La France est un acteur essentiel, incontournable pour la politique étrangère brésilienne", renchérit la diplomatie brésilienne.
Après Belém, le président français se rendra mercredi sur la base navale d'Itaguai (sud-est), pour mettre en avant le partenariat de défense entre les deux pays.
Le troisième de quatre sous-marins à propulsion classique nés d'une coopération franco-brésilienne sera mis à l'eau à cette occasion en présence des deux dirigeants.
Brasilia pourrait aussi faire appel à Paris pour l'aider à développer la propulsion nucléaire sur un cinquième sous-marin. De tels transferts de technologie, très sensibles en matière de souveraineté et de non-prolifération, représenteraient une petite révolution vue de France.
Jeudi, le président français sera accueilli dans la capitale Brasilia par Lula au palais présidentiel de Planalto pour des échanges dominés par les grands enjeux internationaux.
Si les deux hommes veulent pousser la transition écologique et la réforme de la gouvernance internationale, les sujets qui fâchent ne manquent pas.
A commencer par l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et Bolivie), serpent de mer que Paris bloque sur fond de crise agricole en Europe.
M. Macron devrait aussi rappeler toute la place que le G20, présidé cette année par le Brésil, doit selon lui continuer à accorder à la guerre en Ukraine.
Lula, qui se pose en champion du "Sud global", martèle pour sa part que les responsabilités sont partagées en Ukraine et refuse de prendre parti contre la Russie.
E.Flores--AT