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Maintenir Poutine: à Moscou, dans les bureaux de vote, l'éloge de la "stabilité"
Dans l'école n°1500 de Moscou, des dizaines d'habitants se pressent vendredi matin pour déposer leur bulletin dans l'urne. La plupart affirment être des partisans de la "stabilité" et donc voter Vladimir Poutine.
Au premier des trois jours de scrutin présidentiel, en l'absence de toute opposition et en plein conflit déclenché en Ukraine par le Kremlin, les électeurs comme, Lioudmila, une retraitée de 70 ans, disent à l'AFP tout leur soutien au président russe.
Elle souhaite avant tout "la victoire" sur l'Ukraine, un conflit qui dure depuis plus de deux ans et aujourd'hui sans réelle perspective de fin. Néanmoins, selon elle, la solution passe par Vladimir Poutine.
"C'est important (de voter), pour la vie de mes enfants, de mes petits-enfants, pour le futur de la Russie", fait-elle valoir.
Dans le gymnase aménagé pour l'occasion, les électeurs peuvent choisir de déposer leur bulletin en papier dans l'urne ou bien voter à une borne électronique.
Dehors, devant le bâtiment scolaire jaune et blanc, Natan, un ouvrier du bâtiment à la retraite de 72 ans, parle, lui, d'"un avenir radieux". Et celui-ci passe donc par l'homme qui dirige la Russie depuis 24 ans.
Natan dit vouloir "l'augmentation des emplois, travailler à ce qu'il n'y ait aucune guerre, de la stabilité dans le pays et que le peuple sache dans quelle direction il va".
- "Que tout aille bien" -
Pourtant, la Russie est sous sanctions internationales, toute l'économie est tournée vers l'effort militaire et le conflit semble devoir durer.
"Il n'y a pas d'alternative à (Poutine) actuellement", prône également Valentina, 75 ans, qui assure "aimer" son président.
Cette année, seuls trois candidats, sans envergure ni programme, ont été autorisés à participer au scrutin présidentiel face au maître du Kremlin. Aucun d'eux ne s'oppose à l'offensive en Ukraine ou à la répression qui a décimé l'opposition dont les dirigeants sont morts, en prison ou en exil.
Figure de proue des détracteurs du Kremlin, Alexeï Navalny, derrière les barreaux depuis 2021, est décédé mi-février dans une colonie pénitentiaire en Arctique à l'âge de 47 ans. Un assassinat selon ses proches, une mort naturelle selon les autorités.
Quant au Kremlin, il ne cesse de marteler que le devoir patriotique des Russes est de rester "unis" derrière leur président et ses ambitions.
Malgré une économie qui s'est adaptée à marche forcée à l'effort militaire, les difficultés restent nombreuses, entre inflation, pénuries sur le marché du travail et des problèmes démographiques considérables encore aggravés par l'exil de centaines de milliers de Russes et les combats en Ukraine.
"C'est la stabilité économique du pays qui m'importe", assure pourtant Mikhaïl, un jeune étudiant de 22 ans en première année de master en agronomie.
"Nous souhaitons que tout aille bien dans tous les aspects de la vie: sociaux, économiques et commerciaux", dit le jeune homme. Sans révéler s'il a voté pour le maître du pays.
R.Chavez--AT