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Ukraine: un débat mouvementé attendu à l'Assemblée, en pleine campagne européenne
Ambiance tumultueuse en vue: l'Assemblée nationale se prononce mardi sur la stratégie d'aide à l'Ukraine lors d'un débat et d'un vote symbolique, qui devraient servir de terrain d'affrontements entre macronistes, RN et LFI en pleine campagne des européennes.
Le Premier ministre, Gabriel Attal, donnera le coup d'envoi des débats vers 16H30, avant l'intervention des groupes politiques puis un vote, sans valeur contraignante, attendu aux environs de 20H00.
L'issue du vote pourrait être favorable, avec le soutien de LR. "On n'a pas d'autres choix. On est évidemment pour l'Ukraine", dit-on au sein du groupe de droite. "Mais on veut des engagements concrets en termes d'exportations d'armes et que la France ne fasse pas que parler".
Deux ans après le déclenchement de la guerre, les macronistes espèrent quant à eux pointer du doigt les "ambiguïtés" du RN et de LFI à l'égard de la Russie. Le vote de chaque groupe va être "intéressant", souligne la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet.
Gabriel Attal a donné le ton samedi lors du premier meeting de campagne du camp présidentiel aux Européennes, en multipliant les attaques contre "le clan Le Pen", accusé de "faiblesses" et de "mollesses" face à la Russie de Vladimir Poutine.
"Ces procès en russophilie" sont "là pour détourner les électeurs des vrais enjeux", balaye le RN Sébastien Chenu, dont le parti caracole dans les sondages, avec plus d'une dizaine de points d'avance sur la candidate macroniste Valérie Hayer.
Prudent, le groupe de Marine Le Pen se méfie du vote "piège" de mardi. Le RN dit attendre la déclaration de Gabriel Attal pour déterminer son vote, avec des "lignes rouges". L'extrême droite demande que le Premier ministre exclue l'envoi de troupes au sol et est opposée à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et à l'Union européenne.
- "Camp de la guerre" -
Dans sa déclaration, le chef du gouvernement doit présenter l'accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février. Conclu pour une durée de dix ans, il comprend un renforcement de la coopération militaire, en particulier dans les domaines de l'artillerie et de la défense aérienne.
En 2024, Paris promet de fournir "jusqu'à 3 milliards d'euros de soutien supplémentaire", un financement que pourraient interroger les oppositions alors que le gouvernement vient d'annoncer une série de coupes budgétaires.
"Notre sécurité a un prix", répond le ministre des Armées Sébastien Lecornu dans Le Parisien. "Ces 3 milliards ne sont pas un chèque à l'Ukraine. Ils correspondent à la valeur maximale de notre aide militaire en 2024, notamment aux commandes passées auprès de nos industries de défense françaises. L'économie française en bénéficiera donc", insiste-t-il.
A trois mois du scrutin du 9 juin, l'aide à l'Ukraine est devenue un des thèmes clés de la campagne européenne, particulièrement depuis les sorties d'Emmanuel Macron qui n'écarte pas l'envoi de troupes au sol et ne veut mettre "aucune limite" dans le soutien à Kiev, sous les protestations des oppositions.
"Ces propos sont une folie totale. Et je suis très inquiet de voir que le président de la République les a maintenus" jeudi en recevant les chefs de partis à l'Elysée, a réagi l'Insoumis Manuel Bompard, qui accuse Emmanuel Macron de devenir le "leader du camp de la guerre".
Chez les communistes, le secrétaire national Fabien Roussel a assuré que son groupe voterait contre "si le discours du Premier ministre reprend les éléments qu'il y a dans le traité" franco-ukrainien. L'évocation de l'entrée de l'Ukraine dans l'Otan est une "provocation", estime-t-il.
La division est de mise à gauche. La tête de liste du PS pour les élections européennes, Raphaël Glucksmann, juge le "débat utile" pour "clarifier les lignes des uns et des autres", et appelle "tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à la sécurité de l'Europe à voter cet accord".
"On est favorable à l'accord. Mais notre vote dépendra de la déclaration de Gabriel Attal", nuance le groupe socialiste.
Après l'Assemblée, un débat similaire se tiendra au Sénat mercredi.
E.Hall--AT