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"Ca valait le coup d'attendre" : l'armée suèdoise salue son entrée dans l'Otan
Des soldats d'élite de l'armée suédoise se frottent les mains près de leur véhicule blindé, lors d'un exercice militaire de l'Otan vendredi dans l'Arctique norvégien.
Et le froid n'explique pas tout. Ces soldats suédois sont aussi très satisfaits de participer, enfin à part entière, à cet exercice militaire de grande envergure, le premier depuis que leur pays est officiellement devenu jeudi le 32e membre de l'Alliance atlantique.
L'invasion russe de l'Ukraine le 24 février 2022 a décidé la Suède à renoncer à 200 ans de neutralité pour rejoindre l'Otan. Non sans mal. La Turquie et la Hongrie, pour des raisons différentes, s'y sont opposé pendant deux ans avant de lever leur veto au début de cette année.
"Je pense que ça valait vraiment le coup d'attendre", déclare à l'AFP Karl-Johan Ryden, 21 ans, l'officier suédois commandant l'un des navires participant dans le nord de la Norvège à cet exercice militaire.
"C'était un très long processus", renchérit le commandant Joakim Sjögren. "Mais on a toujours cru que ce serait un oui en définitive, donc on s'était préparé à cela", ajoute-t-il.
Le Nordic Response exercise (exercice de réponse nordique), fait partie de l'opération Steadfast, le plus important exercice militaire lancé par l'Otan depuis la fin de la guerre froide, avec quelque 90.000 hommes et femmes mobilisés.
- "L'adhésion élimine des obstacles" -
Et si la Suède y participe cette fois à part entière, ce n'est pas la première fois que son armée se retrouve aux côtés des Alliés pour un exercice militaire ou une mission de l'Otan.
"Je dirai qu'au niveau tactique, au niveau des unités, pour les soldats et les officiers, il n'y a pas vraiment de gros changements, parce que nous nous entraînons avec l'Otan ou participons à des opérations de l'Alliance depuis les années 2000", a expliqué de son côté le commandant suédois pour les opérations conjointes, Carl-Johan Edström.
"Mais pour la Suède en général, il s'agit bien sûr d'un gros changement. C'est le plus important depuis 200 ans, un vrai changement d'état d'esprit", a-t-il ajouté.
Le vice-amiral norvégien Rune Andersen estime de son côté que l'adhésion de la Suède à l'Otan, après celle de la Finlande l'an dernier, ouvre "une nouvelle ère dans la manière de coopérer en matière de défense dans la région nordique".
Selon ce gradé norvégien, la Suède peut maintenant être totalement intégrée aux plans de défense de l'Otan, ce qui n'était pas le cas auparavant. Et surtout, elle va désormais bénéficier de la protection de l'article 5 du traité de l'Atlantique nord, qui a créé l'Otan en 1949.
- Position stratégique -
Pilier de l'Alliance, cet article prévoit l'obligation pour chaque pays membre, y compris la Suède, d'aider les autres alliés en cas d'attaque, a encore expliqué cet officier norvégien.
Et pour le vice-amiral américain Douglas Perry, à la tête du Norfolk Command de l'Otan qui contrôle l'Atlantique et les régions arctiques, l'adhésion de la Suède va permettre à l'Alliance de l'intégrer totalement à ses scénarios de défense contre la menace russe.
Et sur ce point, "ils mettent beaucoup de choses sur la table", a-t-il affirmé, en soulignant la position stratégique de la Suède dans les Mers baltique et arctique.
La Suède a décidé de rejoindre l'Otan au moment où la perspective d'un conflit entre la Russie et les Alliés semble désormais moins éloignée depuis l'invasion russe de l'Ukraine.
A bord d'un navire de guerre suédois, la nouvelle recrue Vera Nylander, appuyée sur sa mitrailleuse, garde cependant tout son sang froid.
"Je prendrai les choses comme elles viennent", affirme-t-elle avec flegme. "Je pense que nous sommes prêts, on s'est entraîné pour cela, si cela doit se produire".
R.Garcia--AT