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Contre l'extrême droite et pour l'Ukraine: la majorité lance sa campagne des Européennes
Avec le gouvernement quasi au complet auprès de sa candidate Valérie Hayer, la majorité lance samedi à Lille sa campagne des élections européennes en ciblant l'extrême droite, en tête dans les sondages, et son positionnement dans le conflit en Ukraine.
L'enjeu est de taille pour la liste du camp d'Emmanuel Macron et de ses trois partis Renaissance, Horizons et MoDem, distancée de 10 points dans les intentions de vote par celle du président du Rassemblement national Jordan Bardella.
"Ça paraît compliqué qu'on les double mais il faut qu’on réduise l'écart", confie un cadre de la majorité.
La jeune tête de liste RN, qui a tenu son premier meeting dimanche à Marseille, avait axé son discours sur l'immigration en s'en prenant à Emmanuel Macron, accusé d'être le "grand effaceur" de la France en Europe.
La tête de liste et eurodéputée Renaissance Valérie Hayer, inconnue des Français et désignée tardivement, devrait pour sa part souligner le "besoin d'Europe", slogan officiel de la campagne, après la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, en interrogeant le soutien de ses opposants à ce pays envahi par la Russie.
L'exécutif ne cesse d'attaquer depuis plusieurs semaines le RN sur sa mansuétude voire sa proximité avec la Russie de Vladimir Poutine.
"Le sujet principal (des Européennes) sera sur le soutien à l'Ukraine", a affirmé vendredi le chef de file des députés Renaissance Sylvain Maillard, en accusant le RN d'être "la courroie de transmission de Vladimir Poutine en France".
- Glucksmann "n'existe pas" -
Emmanuel Macron, qui compte s'investir ultérieurement dans la campagne, a appelé ses ministres à se "battre pied à pied" et à se mobiliser contre le RN, affirmant qu'il ne fallait poser "aucune limite" dans le soutien de la France à l'Ukraine, après avoir évoqué l'hypothèse d'un envoi de soldats dans ce pays.
Des propos jugés "irresponsables" par les oppositions qui devraient donner de la voix lors du débat --suivi d'un vote-- sur ce conflit organisé mardi au Parlement, à l'issue duquel l'exécutif entend faire tomber les masques de ses adversaires à l'approche du scrutin.
La stratégie interroge certains alliés: cibler le RN "ça peut affaiblir le propos" et "les mettre en valeur", note un député MoDem, qui n'est pas non plus enclin à faire de l'Ukraine "un enjeu de campagne".
Outre le RN, Valérie Hayer aura à coeur de rallier les électeurs du centre gauche, qui étaient ceux de la macronie originelle.
Mais échaudés par la loi sur l'immigration qui a déporté le débat sur la droite, ils pourraient être attirés par la liste du Parti socialiste menée par Raphaël Glucksmann.
Le candidat du PS crédité de 10% des intentions de vote "n'existe pas", tranche un ministre de premier plan, quand Valérie Hayer l'accuse d'être "inféodé au PS", lui-même "sous la coupe" de Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise.
- "Bien l'embarquer" -
Elle pourrait s'en prendre aussi à LFI que Sylvain Maillard accuse de courtiser "l'électorat antisémite" à travers la candidature aux Européennes de la militante franco-palestinienne Rima Hassan, attaquée pour des déclarations sur le conflit Israël-Hamas.
Il s'agira de la première grande exposition publique pour Valérie Hayer. Elle "a une grande maîtrise des sujets", loue une députée Renaissance, qui compte toutefois sur Emmanuel Macron et Gabriel Attal pour "bien l'embarquer" dans le train de la campagne et pallier son défaut de notoriété.
"Si notre tête de liste est meilleure que la dernière fois, et si notre Premier ministre est capable de remobiliser notre base, ça peut être moins mauvais que prévu", estime un proche d'Emmanuel Macron.
Les alliés François Bayrou pour le MoDem et Edouard Philippe pour Horizons prendront également la parole, ainsi que le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, élu du département, sur fond de batailles à venir pour la présidentielle.
Dans les couloirs du Grand Palais, il sera aussi question de la composition de la liste, qui n'est pas terminée et suscite des tensions.
Est-ce que l'ancien écologiste et eurodéputé Renaissance Pascal Canfin y figurera au sortir d'une crise agricole que le gouvernement peine à éteindre? Et qui a réveillé un autre clivage avec le RN.
Le président du parti de centre-droit UDI Hervé Marseille, en discussions pour que des candidats de sa formation intègrent la liste, ne sera pas présent, retenu à Paris par le Conseil national de son mouvement, allié de la droite au Sénat.
P.Hernandez--AT