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Gaza: Biden dit oeuvrer à un "cessez-le-feu immédiat" et met en garde Israël
Joe Biden a exhorté Israël à ne pas utiliser l'aide humanitaire comme "monnaie d'échange" dans la bande de Gaza, affamée après cinq mois de combats, tout en disant oeuvrer à "un cessez-le-feu immédiat".
Dans son discours sur l'état de l'Union jeudi, le président américain a aussi annoncé la construction d'un port temporaire à Gaza pour acheminer davantage d'aide dans le territoire palestinien où les espoirs d'une trêve rapide entre Israël et le Hamas s'amenuisent.
"Je travaille d'arrache-pied pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat d'au moins six semaines", a déclaré Joe Biden, alors que la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien vient d'entrer dans son 6e mois.
L'aide "ne peut être une considération secondaire ni une monnaie d'échange", a-t-il souligné, disant aussi avoir ordonné à l'armée américaine d'établir un port à Gaza permettant "une augmentation massive" de la quantité d'aide livrée chaque jour.
Principal allié d'Israël, les Etats-Unis mettent une pression grandissante sur les Israéliens qui ne laissent aujourd'hui entrer l'aide qu'au compte-gouttes à Gaza depuis l'Egypte.
La construction d'une "jetée temporaire" prendra plusieurs semaines et ne signifie pas le déploiement au sol de soldats américains, ont indiqué des responsables américains, précisant que les Israéliens avaient été informés.
L'aide maritime partira, selon eux, du port de Larnaca à Chypre, le pays de l'Union européenne géographiquement le plus proche de Gaza, où la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est attendue vendredi.
Alors que, selon l'ONU, 2,2 millions de personnes -soit l'immense majorité de la population- sont menacées de famine dans le territoire exigu et assiégé, plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la France, y ont effectué jeudi de nouveaux largages aériens de nourriture.
"L'air et la mer ne peuvent pas se substituer à ce qui doit arriver par la terre", a néanmoins insisté la coordinatrice de l'ONU chargée de l'aide pour Gaza, Sigrid Kaag.
"La diversification des routes d'approvisionnement terrestres (...) reste la solution optimale: plus facile, plus rapide, moins chère", a-t-elle déclaré jeudi après une réunion à huis-clos du Conseil de sécurité.
A Madrid, Philippe Lazzarini, le chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a également plaidé pour l'ouverture de points de passage routiers permettant "d'avoir des convois quotidiens à grande échelle".
- Pourparlers "la semaine prochaine" -
Selon le ministère de la Santé du Hamas, au moins 20 civils, la plupart des enfants, sont morts de malnutrition et de déshydratation.
La situation est notamment critique dans le nord où l'acheminement de l'aide par voie terrestre est quasi impossible à cause des combats, destructions et pillages.
Jusqu'à présent, la guerre a fait 30.800 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé.
Les médiateurs -Etats-Unis, Qatar, Egypte- espéraient arracher un accord sur une trêve associée à une libération d'otages en échange de prisonniers palestiniens avant le ramadan, le mois sacré du jeûne pour les musulmans, qui commence en début de semaine prochaine.
Mais leurs discussions au Caire avec des représentants du Hamas ont été suspendues après quatre jours et "doivent reprendre la semaine prochaine", selon le média égyptien progouvernemental Al-Qahera News.
Elles ne sont pas "rompues" et les "divergences s'estompent", a assuré l'ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Jack Lew.
La délégation du Hamas a quitté Le Caire pour Doha où est basé le chef du mouvement, Ismaïl Haniyeh, faute d'avoir vu ses "exigences minimales" satisfaites par Israël, selon un responsable palestinien.
Le Hamas réclame avant tout accord un cessez-le-feu définitif et un retrait des troupes israéliennes de Gaza, ce qu'Israël refuse.
- "Comme un séisme" -
La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque d'une ampleur sans précédent du Hamas qui a fait au moins 1.160 morts, la plupart des civils, dans le sud d'Israël, selon un décompte de l'AFP.
Environ 250 personnes ont aussi été enlevées et emmenées à Gaza ce jour-là, et 130 otages y sont encore retenus, dont 31 seraient morts d'après Israël.
En riposte, Israël a juré d'anéantir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne.
"L'armée israélienne continuera à opérer dans toute la bande de Gaza, y compris à Rafah, le dernier bastion du Hamas", a répété jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Pour parvenir à la "victoire totale", Israël dit préparer une offensive terrestre sur Rafah, dans l'extrême sud de la bande de Gaza contre la frontière fermée avec l'Egypte, où sont massés près de 1,5 million de Palestiniens selon l'ONU.
A 3 km plus au nord, les chars israéliens ont quitté cette semaine le centre de Khan Younès, laissant derrière eux d'immenses destructions après des mois de combats et de bombardements aériens.
"Vous ne pouvez plus retrouver votre maison. Honnêtement, c'est comme s'il y avait eu un séisme", dit Samir, de retour dans la ville d'où il avait été déplacé.
A.O.Scott--AT