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Israël intensifie son offensive à Gaza, qu'il veut "démilitariser" et "déradicaliser"
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé que la paix ne sera obtenue que si Gaza est "démilitarisée" et "déradicalisée", après avoir annoncé une intensification des combats contre le Hamas dans le territoire palestinien.
Malgré les appels internationaux à faire taire les armes, aucun répit n'est en vue, après plus de deux mois de guerre contre le mouvement islamiste palestinien, qui avait déclenché une attaque sans précédent sur le sol israélien le 7 octobre.
Dans les colonnes du Wall Street Journal, il a également posé trois "pré-requis" pour parvenir à la paix.
"Le Hamas doit être détruit, Gaza doit être démilitarisée et la société palestinienne doit être déradicalisée", a-t-il détaillé dans sa tribune.
Empêcher la contrebande d'armes "nécessitera d'établir une zone de sécurité temporaire sur le périmètre de Gaza", a encore estimé M. Netanyahu, qui exclut de confier l'administration future de ce territoire à l'Autorité palestinienne, qu'il accuse de "financer et glorifier le terrorisme" en Cisjordanie.
"Dans un avenir proche, Israël devra conserver la responsabilité principale de la sécurité à Gaza", d'où il s'était retiré unilatéralement en 2005 après 38 ans d'occupation, a-t-il répété.
Selon le quotidien israélien Haaretz, M. Netanyahu s'est également déclaré prêt à encourager la migration volontaire des Palestiniens hors de Gaza.
"Notre problème n'est pas de savoir s'il faut autoriser une sortie, mais s'il y aura des pays qui seront prêts à absorber une sortie", a-t-il déclaré devant les élus du Likoud, son parti, selon Haaretz.
- "Projet absurde" -
Le Hamas a réagi en dénonçant un "projet absurde".
Les Palestiniens "refusent d'être déportés et déplacés. Il ne peut y avoir d'exil et il n'y a pas d'autre choix que de rester sur notre terre", s'est-il indigné dans un communiqué.
Selon un dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas, 20.674 personnes - en majorité des femmes et des enfants - ont été tuées dans les opérations militaires israéliennes, qui ont aussi fait près de 55.000 blessés.
Cette offensive, la plus sanglante jamais menée par Israël contre le Hamas à Gaza, a été lancée en représailles à l'attaque du mouvement islamiste palestinien sur son sol le 7 octobre, qui a fait environ 1.140 morts, la plupart des civils, selon Israël.
Les commandos palestiniens ont aussi enlevé environ 250 personnes, dont 129 restent détenues à Gaza.
Dans ce petit territoire surpeuplé et contrôlé par le Hamas depuis 2007, les bombardements ont forcé 1,9 million de personnes à fuir leur domicile, soit 85% de la population selon l'ONU.
Le week-end a été particulièrement meurtrier.
Une frappe survenue dimanche soir a notamment tué au moins 70 personnes dans le camp de réfugiés d'al-Maghazi (centre), selon le ministère de la Santé du Hamas.
L'armée israélienne, qui a assure faire son maximum pour épargner les civils, a dit "vérifier l'incident".
"Ils nous disent d'aller au sud, au nord, au centre: ce ne sont que des mensonges et des tromperies, il n'y a pas de zone sûre dans la bande de Gaza", s'est indigné auprès de l'AFP Abou Rami Abou Al-Ais, un habitant de ce camp. "Les enfants sont réduits à l'état de restes. Quelle est la faute de ces enfants innocents ?"
A l'hôpital voisin de Deir el-Balah, des dizaines de corps ont été enveloppés dans des sacs mortuaires après la frappe, a constaté l'AFP.
- "Récits déchirants" -
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est rendue dans cet hôpital et a entendu des "récits déchirants" de familles entières tuées, a expliqué lundi sur X son directeur, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
"Cette dernière frappe sur une communauté de Gaza montre bien pourquoi il faut un cessez-le-feu tout de suite", a-t-il insisté.
Les différentes agences des Nations unies alertent sans relâche sur la catastrophe humanitaire en cours. La plupart des hôpitaux de Gaza sont hors services et dans les six prochaines semaines, l'ensemble des 2,4 millions d'habitants risquent de subir un niveau élevé d'insécurité alimentaire, pouvant aller jusqu'à la famine, selon l'ONU.
Sans arrêt des combats, distribuer l'aide alimentaire est quasiment impossible, selon les agences onusiennes. Un argumentaire rejeté par le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, pour qui "la conduite de l'ONU est une honte".
L'aide humanitaire n'a pas augmenté de manière significative à Gaza, malgré le vote vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution réclamant son acheminement "immédiat" et "à grande échelle".
- Netanyahu chahuté -
En Israël, la pression perdure pour libérer les otages. Lundi, M. Netanyahu a été chahuté lors d'un discours au Parlement par des familles qui scandaient "Maintenant, maintenant!".
"Et si c'était ton fils?", "80 jours, chaque minute c'est l'enfer", pouvait-on lire sur des banderoles brandies par ces proches.
Une manifestation a également eu lieu à Tel-Aviv.
Le Hamas, considéré comme un groupe terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, exige une fin des combats avant d'entamer de nouvelles négociations pour des libérations d'otages.
Malgré l'intransigeance des deux camps, les médiateurs égyptiens et qataris tentent toujours de négocier une nouvelle trêve, après celle d'une semaine fin novembre qui a permis la libération de 105 otages contre 240 prisonniers palestiniens et l'entrée à Gaza d'importantes aides.
- Haut-gradé iranien tué en Syrie -
Lundi soir, l'armée israélienne a affirmé avoir trouvé la voiture familiale d'un ex-otage enlevé le 7 octobre à Gaza et tué "par erreur" en décembre par ses soldats. Elle se trouvait dans l'enceinte de l'hôpital indonésien à Beit Lahia, dans le nord de Gaza, selon un communiqué.
Cette découverte "relie directement l'hôpital aux événements brutaux du 7 octobre", a assuré l'armée, qui accuse régulièrement le Hamas d'utiliser les hôpitaux comme des "centres de commandement" pour ses opérations.
Depuis le début de son offensive terrestre à Gaza le 27 octobre, une vingtaine de jours après les premiers bombardements, l'armée israélienne a perdu 156 militaires tués au combat.
Au-delà de Gaza, le spectre d'un élargissement du conflit plane toujours, avec des échanges de tirs quasi-quotidiens et parfois meurtriers entre le Hezbollah et l'armée israélienne à la frontière entre le Liban et Israël et les attaques des rebelles Houthis du Yémen contre des navires en mer Rouge et en mer d'Arabie.
Les tensions régionales sont encore montés d'un cran lundi, lorsque l'Iran a accusé Israël d'avoir tué un de ses hauts-gradés par une frappe de missiles en Syrie. Les Gardiens de la Révolution ont identifié ce général de brigade, Razi Moussavi, comme un "responsable logistique de l'axe de la résistance" à Israël, qui regroupe notamment l'Iran, le Hezbollah, le Hamas et les Houthis.
Interrogée sur cette frappe, l'armée israélienne s'est refusée à tout commentaire.
Mais le président iranien Ebrahim Raïssi a prévenu qu'Israël "paiera certainement pour ce crime".
M.King--AT