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Pour les supporters du Maroc, le rêve brisé des Lions de l'Atlas n'efface pas la fierté
Le silence a remplacé les vuvuzelas, le dépit a succédé à la ferveur. A Rabat, la défaite du Maroc face à la France (2-0) jeudi soir en quart de finale du Mondial a brisé le coeur et les espoirs des supporters, mais la fierté suscitée par la performance des Lions de l'Atlas reste intacte.
Sad Azirar, 18 ans, accuse le coup: "Ça a été un match très compliqué pour le Maroc", lâche-t-il. Et même si c'est difficile à digérer, "la France méritait de gagner", ajoute-t-il.
Avec cette élimination, le Maroc, dernier pays arabe et africain en lice, quitte la Coupe du monde. Et fait moins bien qu'en 2022 au Qatar, où il avait atteint les demi-finales, s'inclinant sur le même score face au même adversaire.
Avant la rencontre, comme avant les autres matches de la sélection, l'excitation était à son comble dans la capitale marocaine.
Sur la terrasse d'un café bondé du centre de la capitale et sur la place adjacente, une foule agitant des drapeaux marocains ou des écharpes rouges et vertes autour du cou a attendu avec impatience le début de la rencontre.
Chaque offensive marocaine a déclenché la ferveur: cris, mains sur la bouche, supporters agrippés les uns aux autres sous la tension. Lorsque Yassine Bounou, dernier rempart des Lions du Maroc, stoppe le penalty de Kylian Mbappé, la foule exulte. Mais lorsque Mbappé marque à la 60e, c'est un lourd silence qui s'abat. Des fans s'affalent sur leur chaise.
Dans les quelques minutes qui suivent, les encouragements reprennent doucement, mais l'ambiance n'est plus la même. Et quand Ousmane Dembélé double la mise à la 66e, la déception se lit sur tous les visages. Certains quittent même les tables du café.
Ghizlane Elidrissi, 26 ans, préfère saluer le parcours des Lions de l'Atlas : "Ils se sont battus jusqu'au bout."Et beaucoup de supporters pensent déjà à la Coupe du monde 2030, que le Maroc co-organisera avec l'Espagne et le Portugal.
En 2030, affirme Mustapha Garni, "nous espérons aller au moins jusqu'en finale". "C'est un rêve qui nous accompagnera toujours."
- "Ca va passer" -
De Rabat à Bruxelles, en passant par Paris et Boston, les supporters marocains ont partagé la même déception, tout en saluant le parcours des Lions.
En Belgique, où les Marocains constituent l'une des plus importantes communautés non européennes, des centaines de supporters ont envahi les rues de la capitale après le match pour célébrer malgré tout.
"Au Maroc, on est tout le temps heureux et on célèbre aussi notre défaite. C'est normal", a lancé Yasmine El Attar.
Karima Drew tempère aussi: "C'est triste (...) mais après ça va passer."
Le même état d'esprit se retrouvait en France. Sur les Champs-Elysées, plusieurs centaines de supporters ont rejoint l'avenue dès le coup de sifflet final.
"Dégoutée de la défaite. Franchement dégoûtée", lâche Sonia El Atafi, juriste de 29 ans. "Maintenant, je suis très, très, très, très, très fière du Maroc. Maintenant, on va soutenir la France."
"Je pense que ce match reflète une certaine réalité, avec deux niveaux, celui de la France et du Maroc", analyse Faysal Yousfi, un contrôleur de gestion de 45 ans. "Un Maroc qui a fait énormément de progrès depuis 2022. Une France qui est toujours aussi forte, telle qu'on la connaît, avec de très bons joueurs."
A Boston, où se disputait la rencontre, les supporters qui avaient fait le déplacement avaient davantage de mal à masquer leur amertume.
"Ils se sont mis énormément en arrière", déplore Querrien, 49 ans, venu de Tanger, dans le nord du Maroc. "A mon avis, il fallait mieux attaquer, essayer de mettre des buts, et après défendre. Mais bon, je ne suis pas coach."
Malgré la déception, certains supporters étaient déjà prêts à tourner la page.
C'est le cas pour Abdelali Ben Tarki: "Je m'attendais quand même à (ce) que la France gagne (...) Maintenant, le Maroc est éliminé. Je vais quand même supporter la France."
burx-vid-anr-iba/hpa/jac
O.Gutierrez--AT