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Nouvelles frappes meurtrières à Gaza, Israël accusé d'affamer la population
De nouvelles frappes israéliennes ont fait des dizaines de morts, selon le Hamas, dimanche et lundi dans la bande de Gaza assiégée, où Israël est accusé par une organisation humanitaire d'affamer délibérément la population.
Malgré l'indignation internationale face aux lourdes pertes civiles, l'armée israélienne poursuit ses frappes sur le territoire palestinien, en proie à un désastre humanitaire, en représailles à l'attaque sanglante lancée par le Hamas contre Israël le 7 octobre.
L'organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé lundi le gouvernement israélien d'utiliser "la famine des civils comme technique de guerre dans la bande de Gaza occupée, ce qui constitue un crime de guerre". Le gouvernement a qualifié en retour HRW "d'organisation antisémite et anti-israélienne".
"L'armée israélienne bloque délibérément l'accès à l'eau potable, à la nourriture et au carburant, tout en entravant intentionnellement l'aide humanitaire, en détruisant semble-t-il des zones agricoles et en privant la population civile de produits indispensables à sa survie", assure HRW dans un rapport.
Dix jours après un veto américain, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer lundi sur un nouveau texte appelant à une "cessation urgente et durable des hostilités" à Gaza, au moment où Washington montre des signes d'impatience face à son allié israélien.
Lundi, le ministère de la Santé du Hamas a annoncé que 110 Palestiniens avaient été tués depuis la veille dans des bombardements israéliens à Jabalia, dans le nord, dont 50 sont morts dans des frappes "sur des maisons".
Dans le sud, des nuages de fumée s'élevaient lundi matin au-dessus de la grande ville de Khan Younès, après des bombardements, selon des images de l'AFP.
Environ 250 otages ont été enlevés par le Hamas le 7 octobre, dont 129 sont toujours détenus à Gaza, selon les autorités israéliennes.
En riposte à l'attaque, Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.
Dans la bande de Gaza, plus de 18.800 personnes, en majorité des femmes, des enfants et des adolescents, ont été tuées par les bombardements israéliens, selon un bilan du ministère de la Santé du Hamas datant de vendredi.
- Des hôpitaux visés -
Dans le petit territoire soumis par Israël à un siège total depuis le 9 octobre, environ 1,9 million d'habitants, soit 85% de la population, ont été déplacés par la guerre, beaucoup d'entre eux à plusieurs reprises, survivant dans des camps de fortune.
"Je ne serais pas surpris si des gens commençaient à mourir de faim, ou d'une combinaison de faim, maladie et faible immunité", a affirmé dimanche le commissaire général de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini.
Plusieurs hôpitaux ont été pris dans les combats, malgré la présence de malades et de déplacés. Israël accuse le Hamas de se servir des hôpitaux comme bases et d'utiliser les civils comme des "boucliers humains", ce que le mouvement islamiste dément.
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré dimanche que l'agence était "consternée par la destruction effective" de l'hôpital Kamal Adwan, à Beit Lahiya, dans le nord, où les forces israéliennes ont mené une opération pendant plusieurs jours contre le Hamas, avant de se retirer.
Dans la cour de l'hôpital, creusée par les chenilles des chars et des bulldozers, des Palestiniens erraient dans les décombres, à la recherche de cadavres.
Mahmoud Assaf, 50 ans, est venu de Jabalia avec une charrette pour récupérer deux enfants de sa famille, souffrant de brûlures et hospitalisés depuis dix jours. Il dit avoir trouvé un des deux enfants, Hadi, "paralysé... allongé sur le dos sous les chaises. Tout était sur lui".
Selon l'OMS, les bombardements ont réduit le service des urgences de l'hôpital Al-Chifa, le plus grand du territoire, dans la ville de Gaza, à "un bain de sang".
Dans le nord également, selon le ministère de la Santé du Hamas, les forces israéliennes ont pris d'assaut l'hôpital Al-Awda et arrêté le personnel médical.
Dans le sud, selon le ministère, une frappe israélienne a touché dimanche l'hôpital Nasser, le plus grand de la région, à Khan Younès, faisant un mort et sept blessés.
- Appel au secours -
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'est à nouveau engagé dimanche à "se battre jusqu'au bout" pour éliminer le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, et libérer tous les otages.
Le gouvernement est confronté à une forte pression des familles des otages, qui réclament leur retour.
Vendredi, l'armée avait admis avoir tué par erreur dans ville de Gaza trois otages âgés de 25 à 28 ans. Elle a ensuite indiqué que ces otages avaient brandi un drapeau blanc et parlé en hébreu, dans un secteur où les soldats israéliens subissent des embuscades.
Dimanche soir, l'armée a indiqué que la fouille d'un bâtiment proche avait montré les signes d'un appel au secours, dessinés avec "des restes de nourriture".
L'armée a par ailleurs affirmé dimanche avoir découvert "le plus grand tunnel" creusé par le Hamas sous la bande de Gaza, qui s'étend "sur plus de quatre kilomètres et n'arrive qu'à 400 mètres du point de passage d'Erez", entre Israël et le nord du territoire palestinien.
Selon l'armée, 126 soldats israéliens ont été tués depuis le début de l'offensive terrestre le 27 octobre.
- Empêcher l'escalade -
Le Qatar, principal médiateur dans ce conflit, avec les Etats-Unis et l'Egypte, a assuré que des "efforts diplomatiques étaient en cours pour renouveler la pause humanitaire".
Une pause de sept jours, entre le 24 novembre et le 1er décembre, avait permis la libération de 105 otages aux mains du Hamas et de groupes affiliés, dont 80 en échange de 240 Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes.
"Les conditions du Hamas sont claires: un cessez-le-feu total, le retrait des chars des villes, l'ouverture de la route entre le nord et le sud, la fin du siège, l'entrée normale d'aide partout dans Gaza sans restrictions", a déclaré lundi un membre du Hamas.
Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, était au Koweït lundi et doit se rendre en Israël.
La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, était quant à elle au Liban lundi, après une visite dimanche en Israël et en Cisjordanie occupée, pour tenter de prévenir une escalade à la frontière israélo-libanaise, entre Israël et le Hezbollah libanais, allié du Hamas.
E.Flores--AT