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Gaza: frappe meurtrière sur un hôpital dans le nord, où les combats font rage
Le plus grand complexe hospitalier de la bande de Gaza a subi vendredi une frappe meurtrière dans le nord du territoire palestinien où des combats font rage entre l'armée israélienne et le Hamas, alors que les civils continuent à fuir vers le sud.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas a fait état de 13 morts dans cette frappe sur le complexe de l'hôpital Shifa qu'il a attribuée à Israël, alors que l'armée israélienne n'a pas communiqué dans l'immédiat sur une telle opération.
Jeudi soir, un porte-parole de l'armée israélienne avait indiqué qu'une division de l'armée menait d'importantes opérations dans une zone "très très proche de l'hôpital Shifa".
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a répété de son côté jeudi soir qu'Israël ne cherchait pas à "gouverner ou occuper" la bande de Gaza, plus d'un mois après le début de la guerre entre le Hamas et Israël qui a conduit à une situation humanitaire dramatique dans ce territoire palestinien assiégé, selon l'ONU et des ONG.
- "Quartier militaire" du Hamas -
En représailles, Israël a déclaré une guerre pour "éradiquer" le Hamas, pilonnant sans relâche la bande de Gaza, aux mains du mouvement islamiste. Depuis, les bombardements israéliens ont fait 10.812 morts, essentiellement des civils, parmi lesquels 4.412 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Côté israélien, au moins 1.400 personnes ont péri depuis le début de la guerre, selon les autorités, en majorité des civils tués le jour de l'attaque du Hamas, classé organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne. En outre, 239 personnes ont été enlevées le 7 octobre et sont retenues à Gaza.
Alors que les troupes au sol israéliennes, appuyées par des bombardements, resserrent leur étau sur Gaza-ville (nord) qui abrite, selon l'armée, le "quartier militaire" du Hamas, les combats ne connaissent pas de répit vendredi.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, les abords et les sites de plusieurs hôpitaux du nord de la bande de Gaza ont été pilonnés dans la nuit de jeudi à vendredi, notamment celui de Shifa.
Des images de l'AFTV montrent des bombardements massifs jeudi soir près de l'hôpital indonésien à Beit Lahia, qui ont provoqué la panique dans l'établissement.
"Treize martyrs et des dizaines de blessés dans une frappe israélienne sur le complexe d'Al-Shifa aujourd'hui" dans la ville de Gaza, a déclaré Salama Maarouf, le patron du bureau de presse du Hamas.
Plus tôt, le directeur de l'hôpital, Mohammed Abou Salmiya, avait fait état de deux morts et 10 blessés en majorité des enfants.
Un père de famille de 32 ans qui se fait appeler Abou Mohammed a raconté à l'AFP s'être réfugié à al-Shifa, dans l'ouest de la ville de Gaza, avec 15 de ses proches après des bombardements sur son quartier dans l'est.
- "Aucun endroit sûr" -
"Il n'y a aucun endroit sûr, l'armée a frappé al-Shifa, je ne sais plus quoi faire", dit-il.
Depuis des années, Israël accuse le Hamas d'utiliser les hôpitaux pour mener des attaques ou cacher des tunnels.
Israël a accepté de faire des "pauses" humanitaires quotidiennes pour permettre aux civils de fuir le nord de la bande de Gaza vers le sud, selon les Etats-Unis.
Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a salué vendredi ces pauses, tout en estimant qu'il restait "encore beaucoup à faire" pour protéger les civils.
Israël "dit qu'il y a une trêve humanitaire mais il a visé des civils qui sortaient de l'hôpital al-Shifa", a indiqué pour sa part à l’AFP Salama Maarouf, patron du bureau de presse du gouvernement du Hamas à Gaza.
"L'occupant bombarde tout, même les couloirs dit sécurisés, où on trouve des morts. Des familles entières sont mortes en fuyant" vers le sud, a-t-il ajouté.
M. Netanyahu a rejeté de nouveau tout cessez-le-feu avec le Hamas, qui relèverait selon lui d’une "reddition".
L'armée israélienne avait ouvert "un couloir d'évacuation" dimanche, mais des Palestiniens ont témoigné de combats persistants le long de cette route, empruntée par 100.000 personnes depuis mercredi, selon les données de l'armée israélienne et du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).
- "Pas d'eau" -
La foule d'hommes et de femmes à pied, portant leurs enfants dans les bras, selon l'AFP, est venue grossir les centaines de milliers de réfugiés entassés dans le sud du petit territoire, dans des conditions désastreuses.
"On n'a pas d'eau, pas de toilettes, pas de boulangerie", dit Oum Alaa al-Hajin, qui a trouvé refuge dans l'hôpital al-Nasser, à Khan Younès, dans le sud, après des jours de marche.
Dans le nord, où demeurent encore des centaines de milliers de personnes, "le manque de nourriture est de plus en plus préoccupant", s'inquiète l'ONU.
Les hôpitaux qui n'ont pas encore fermé manquent de médicaments et de carburant pour faire fonctionner les générateurs.
"Les médecins utilisent des lampes frontales", tout comme au bloc opératoire, où les chirurgiens opèrent "sous anesthésie locale", indique Ahmad Mhanna, médecin de l'hôpital Al-Awda de Jabaliya.
Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir une nouvelle fois sur Gaza vendredi, une conférence internationale organisée à Paris a permis d'atteindre un milliard d'euros d'engagements, destiné à répondre notamment aux besoins de l'ONU pour aider la population palestinienne.
L'étroit territoire est privé d'eau, d'électricité, de nourriture et de médicaments par le siège total imposé par Israël depuis le 9 octobre.
Selon l'OCHA, seulement 65 camions d'aide en provenance d'Egypte, via le passage de Rafah, y sont parvenus le 9 novembre, un volume "tout à fait insuffisant".
Le terminal de Rafah a par ailleurs rouvert jeudi pour permettre l'évacuation d'étrangers, binationaux et blessés.
La Russie a annoncé vendredi l'envoi de 25 tonnes d'aide humanitaire aux civils de la bande de Gaza à partir de l'Egypte.
Le conflit menace de s'étendre dans la région. Israël a frappé en Syrie vendredi à l'aube en réponse à un drone qui s'est abattu jeudi sur une école à Eilat (sud), sans faire de victime, a indiqué l'armée israélienne.
L'armée a également indiqué "poursuivre ses opérations pour détruire les infrastructures" du mouvement Hezbollah au Liban, avec lequel les échanges de tirs sont quotidiens.
A.Clark--AT